Le but de ce blog est de proposer une lecture pertinente, ou impertinente des textes proposés par la liste de lectures de l'Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) pour les méditer au culte du Dimanche. Nous proposerons de publier les sermons avec un décalage d'une semaine ou même deux, pour qu'ils puissent être travaillés par les lecteurs qui désirent s'en servir pour le culte du dimanche.
lundi 4 janvier 2010
Les noces de Cana Jean 2:1-12 dimanche 17 janvier 2016
lundi 21 décembre 2009
Une voix crie Esaïe 40:1-12 Dimanche 10 janvier 2010

Esaïe 40/1-12
1 Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. 2Parlez au cœur de Jérusalem, criez-lui que son combat est terminé, qu'elle s'est acquittée de sa faute, qu'elle a déjà reçu du SEIGNEURle double de ce qu'elle méritait pour tous ses péchés. 3 Quelqu'un crie : Dans le désert, frayez le chemin du SEIGNEUR ! Aplanissez une route pour notre Dieu dans la plaine aride ! 4 Que toute vallée soit élevée, que toute montagne et toute colline soient abaissées ! Que les reliefs se changent en terrain plat et les escarpements en vallons !
5 Alors la gloire du SEIGNEUR se dévoilera, et tous la verront ensemble— c'est la bouche du SEIGNEUR qui parle. 6 Quelqu'un dit : Crie ! On répond : Que crierai-je ? — Toute chair est de l'herbe, tout son éclat est comme la fleur des champs. 7 L'herbe se dessèche, la fleur se fane quand le souffle du SEIGNEUR passe dessus. Vraiment, le peuple est de l'herbe : 8 l'herbe se dessèche, la fleur se fane ; mais la parole de notre Dieu subsistera toujours.
9 Monte sur une haute montagne, Sion, toi qui portes la bonne nouvelle ; élève ta voix avec force, Jérusalem, toi qui portes la bonne nouvelle ; élève ta voix, n'aie pas peur, dis aux villes de Juda : Votre Dieu est là ! 10 Le Seigneur DIEU vient avec force, son bras lui assure la domination ; il a avec lui son salaire, sa rétribution le précède.
11 Comme un berger, il fera paître son troupeau, de son bras il rassemblera des agneaux et les portera sur son sein ; il conduira les brebis qui allaitent.
Esaïe par Marc Chagall
Entendez-vous cette voix qui vient jusqu’à nous des profondeurs de l’histoire ? Cette voix est puissante puisqu’elle a traversé le temps et l’histoire. Elle a assez de conviction pour se faire entendre malgré les ondes contradictoires. Elle vient jusqu’à nous en s’appuyant sur des relais humains dont tous ne sont pas identifiés. De proche en proche, de siècle en siècle elle vient vers nous avec toute la puissance de conviction que Dieu a mise en elle car elle est sa voix.
Elle a jailli hors du fracas du big-bang et elle a marqué l’immensité qui n’existait pas encore de la volonté de Dieu d’imposer sa loi aux choses qui allaient advenir. Cette voix était déjà pleine de tout l’amour que Dieu réservait aux hommes qui étaient encore à naître. Cette voix est porteuse des intentions de Dieu à l’égard du monde et elle se sert du relais des hommes pour retentir. Elle nous dit encore une fois que le monde où nous sommes a du sens, parce que Dieu l’habite. Elle nous dit aussi que si notre présence sur terre est liée au concours de plusieurs hasards, Dieu a le pouvoir d’organiser ces hasards et de leur donner du sens.
Si donc aujourd’hui vous entendez cette voix, vous comprendrez que malgré tout ce que vous ne comprenez pas, votre vie a du sens, car il y a hors de vous et en vous une puissance organisatrice qui est capable d’intégrer votre personne dans le vaste mouvement des choses.
Ce matin, nous percevons l’un des échos le plus ancien de cette voix. Elle vient à nous après avoir retenti quelque part dans le Moyen Orient, entre Tigre et Euphrate sur la terre d’Abraham. C’est Esaïe qui en fut le relais a l’intention des exilés d’Israël. En l’entendant, ils se sont mis à frémir d’espérance. Esaïe, le deuxième du nom, a eu la redoutable tâche de redonner de l’espérance à un peuple exilé
qui n’en avait plus. Sa voix avait tellement de force qu’elle est parvenue jusqu’à nous après que Jésus à son tour lui eut donné toute sa vigueur. L’espérance ici consiste à croire que Dieu ne se résigne pas au hasard. Quand les choses se produisent, il décide d’intervenir et de les organiser. Quand les forces de destruction semblent emprunter la violence des forts pour dominer les plus faibles, il s’efforce de susciter des contre pouvoirs pour contrarier l’opinion couramment établie selon laquelle le puissant aurait toujours raison et le pot de fer briserait toujours le pot de terre.
Il s’appuie sur une logique qui n’appartient qu’à lui, selon laquelle David peut parfois devenir le champion de Goliath. Mais Dieu n’agit pas sans être en concertation avec les hommes. Quand ceux-ci sont concernés, il demande leur participation au projet qu’il leur propose . Il espère qu'ils vont de devenir ses complices et partenaires de ses projets. C’est cela que nous appelons la conversion.
Curieusement, à mesure que le temps passe et que les siècles s’écoulent cette voix augmente d’intensité. Elle ne s’essouffle nullement et ne perd pas de sa vigueur. Toutes les fois qu’elle retentit et qu’elle est entendue, elle prend de l’ampleur. Elle dépasse de beaucoup l’environnement de celui qui la répercute et tend à atteindre tous les peuples de la terre. Plus elle est proclamée, moins elle s’affadit. Elle affirme que Dieu est un Dieu qui vient vers tous les hommes, qu’il recrée la vie là où elle s’étiole et qu’il apporte de l’espérance sur les champs dévastés par la mort.
En dépit de ce qu’on a pu dire, elle a été répercutée par des milliers de voix à Copenhague, même si, comme c’est souvent le cas, les grands de ce monde ne l’on pas entendue. Jésus a consacré toute sa vie à se faire l’écho de cette voix. Il lui a donné son visage. Il en est devenu l’image visible, si bien qu’il a pris en la prononçant le visage de Dieu. Dieu est venu ainsi habiter la personne de Jésus. C’est en cela que Jésus est devenu Dieu. C’est à cet événement que l’Evangile de Jean fait allusion quand il dit que la Parole devint chair et que le verbe s’est incarné.
Désormais, quiconque est en manque d’espérance sait que la voix de Dieu vient jusqu’à lui à travers les paroles de Jésus que les évangiles nous ont rapportées. Ce n’est donc pas par hasard, si le premier mot de Jésus mentionné par l’Evangile de Matthieu est « heureux » : « heureux les pauvres, heureux ceux qui pleurent… » car leurs malheurs et leurs détresses ne sont pas une fatalité. Il n’y a pas un destin qui frapperait durement les uns et qui réserverait du bonheur aux autres. Ce n’est ni écrit dans les astres ni dans un plan divin. Il y a seulement une voix qui vient des origines du monde et des profondeurs du temps. Elle affirme que Dieu a prévu que les choses peuvent changer si nous donnons du crédit à sa voix.
Chacune et chacun d’entre nous doit devenir un amplificateur de cette voix afin que la parole qu’elle transmet devienne vraie. Ainsi ceux qui entendent cette voix peuvent relever la tête à cette bonne nouvelle. Chacun alors s’active à consoler ceux qui sont dans le chagrin, à alimenter ceux qui ont faim à redonner du sens à la vie de ceux qui sont égarés. Esaïe proclame avec force cette prodigieuse espérance qui nous vient de Dieu et qui doit s’installer dans notre existence. Esaïe nous demande d’entreprendre des travaux de Titans pour permettre à cette voix d’atteindre son but. Il faut niveler les montagnes dit-il, combler les vallées faire un énorme chantier. Puisque nous sommes capables d’entreprendre de tels travaux pour moderniser nos cités du vingt-et-unième, ne serait-il pas possible d’entreprendre la même chose pour tracer une voie royale à notre Dieu ? Dieu est capable de mettre au cœur des hommes assez de force et d’énergie pour contrecarrer le sens apparent de l’histoire.
Ce n’est ni la guerre, ni la violence qui permettront de changer le cours des choses, c’est l’amour et l’altruisme. La voix de Dieu s’oppose à la fatalité du monde qui semble être réglé avec une rigueur immuable selon laquelle la fleur sèche et l’herbe fane si bien qu’on la ramasse et qu’on recommence à la saison prochaine. Rien ne semble pouvoir changer le cours immuable des choses si non la voix de celui qui crie que le pardon a plus de force que la vengeance et que la seule justice, c’est celle qui fait vivre.
Celui qui porte son regard sur le monde en gardant présent l'esprit ce principe , sentira grandir en lui les sentiments de victoires qui habitait David quand il affronta le géant. Le premier endroit où cette manière de voir les choses doit prendre place c’est en nous-mêmes. La première tâche que nous ayons à faire, si nous voulons que cette voix soit crédible c’est que nous commencions par y croire nous-mêmes. Aujourd’hui, la voix venue d’ailleurs, relayée par Esaïe incarnée en Jésus et marquée par les traits de son visage vient jusqu’à nous. Elle retentit au plus profond de nous-mêmes sous la form
e d’une question : Y crois-tu toi-même ?
Crois-tu que la puissance de transformation de Dieu est liée à cette voix ? Crois-tu que cette voix contient en elle une telle puissance créatrice que le monde pourrait en être changé ? Il y a si longtemps que l’on dit ces choses et nous n’en voyons toujours pas les effets. Noël succède à chaque Noël sans que rien ne change si bien que cette promesse de Dieu ne semble être qu’une vaine espérance à laquelle nous nous donnons l’illusion de croire le temps d’une fête. C’est pourtant sur ce point précis qu’achoppe aujourd’hui cette voix qui vient de si loin. Elle bute à la porte de notre raison et de notre cœur. Es-tu capable de croire vraiment à la foi que tu professes, demande-t-elle ? Cette foi a-t-elle mis en toi cette vérité selon laquelle tout est possible pour celui qui croit ? C’est désormais la tâche essentielle à laquelle chacun de nous doit commencer à s’atteler. Il doit travailler sur lui-même pour que cette vérité fasse partie de lui, comme elle a fait partie de Jésus. Jésus y a cru et beaucoup de choses ont changé. Pouvons-nous avoir une perception différente des choses que notre maître ? Les choses peuvent changer si nous croyons vraiment que la vérité sur nous et sur le monde repose sur la manière dont nous ferons écho à cette voix dont nous sommes les destinataires et le dépositaires.
vendredi 18 décembre 2009
La sagesse du coeur: Esaïe 60:1-6 dimanche 7 janvier 2018


Dans une vision pleine de promesses que nous voudrions savourer avec lui, le prophète Esaïe contemple la caravane qui s’approche. Elle apporte avec elle les projets de bonheur que le futur réserve à son peuple. Le bonheur qu’il espère pour ses concitoyens est en voie de réalisation, croit-il ! Ainsi aimerions-nous que la nouvelle année s’avance vers nous porteuse d’une espérance que tous nos projets d’avenir s’efforceront de réaliser.
du moment, et malgré la prospérité que les indices nous promettent , nous regardons en arrière vers un passé qui a été pour nous plus heureux que notre présent. Nous ne pouvons pas sortir de notre esprit que nous venons d’une époque que nous appelons les trente glorieuses où tout ce que nous redoutons aujourd’hui n’existait pas encore. Savourons cependant encore quelques instants la prophétie qui ouvre ses portes vers un bel avenir, car cet avenir est partagé par Dieu, et c’est lui qui nous le propose.
de chameau ou portées par le souffle de l’esprit de Dieu les promesses d’un monde nouveau, édifié par la sagesse des hommes et éclairée par les promesses de Dieu se profile à l’horizon. Dieu invite alors les hommes à mettre un temps d’arrêt dans leurs projets humains pour se laisser habiter par la sagesse du cœur, cette sagesse qui nous emplit quand nous laissons Dieu parler en nous. Ils apprendront alors à assembler les mots d’amour, de responsabilité et d’espérance qui se mettront à rimer entre eux selon la volonté de Dieu.lundi 14 décembre 2009
Jésus à douze ans au Temple Luc 2: 41-52 dimanche 30 décembre 2018
Ils retournèrent donc à Jérusalem en continuant à le chercher. 46 Le troisième jour, ils le découvrirent dans le temple : il était assis au milieu des maîtres de la loi, les écoutait et leur posait des questions. 47 Tous ceux qui l'entendaient étaient surpris de son intelligence et des réponses qu'il donnait. 48 Quand ses parents l'aperçurent, ils furent stupéfaits et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Ton père et moi, nous étions très inquiets en te cherchant. » 49 Il leur répondit : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ? » 50 Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. 51 Jésus repartit avec eux à Nazareth. Il leur obéissait. Sa mère gardait en elle le souvenir de tous ces événements. 52 Et Jésus grandissait, il progressait en sagesse et se rendait agréable à Dieu et aux hommes.
les règles de notre évolution en y introduisant des valeurs nouvelles qui seront faites d’amour et d’espérance. Le monde de demain n’a d’avenir qu’avec Dieu et Dieu ne travaille qu’avec les hommes de bonne volonté. Que celui qui a de l’intelligence essaye de comprendre !lundi 7 décembre 2009
Noël, Et alors ? Luc 2:1-14 vendredi 25 décembre 2009
La naissance de Jésus Luc 2: 1-14
1 En ces jours-là parut un décret de César Auguste, en vue du recensement de toute la terre habitée. 2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. 3 Tous allaient se faire recenser, chacun dans sa propre ville. 4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, pour se rendre en Judée, dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu'il était de la maison et de la famille de David, 5afin de se faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
6 Pendant qu'ils étaient là, le temps où elle devait accoucher arriva, 7et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l'emmaillota et l'installa dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle.
8 Il y avait, dans cette même région, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. 9 L'ange du Seigneur survint devant eux, et la gloire du Seigneur se mit à briller tout autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande crainte. 10 Mais l'ange leur dit : N'ayez pas peur, car je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie qui sera pour tout le peuple : 11 aujourd'hui, dans la ville de David, il vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et ceci sera pour vous un signe : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. 13 Et soudain il se joignit à l'ange une multitude de l'armée céleste, qui louait Dieu et disait :
14 Gloire à Dieu dans les lieux très hauts,
et, sur la terre, paix parmi les humains en qui il prend plaisir !

Qui peut rendre compte de Noël ? Tout a déjà été dit ou tout a été écrit. On y trouve des affirmations sur Dieu et sur les hommes ainsi que leur contraire et toutes prennent une allure de vérité. Un déferlement d’excès de toutes sortes célèbre la naissance d’un enfant divin. On fait la fête pour se donner l’illusion qu’il n’y a plus de pauvreté alors que la pauvreté est érigée en vertu par le contexte même de l’événement.
Dieu est venu sauver l’humanité dit-on et l’humanité célèbre l’événement dans le dérèglement. Chacun de redire à sa manière le récit dérisoire de Noël où s’entremêlent en un écheveau inextricable vérités historiques et légendes. C’est le récit de la lutte sans merci entre deux personnages contradictoires qui cherchent à prendre l’ascendant l’un sur l’autre. Jésus et le Père Noël y sont mis en rivalité. Leurs personnages s’opposent complètement. Le vieillard rondouillard et rubicond confortablement emmitouflé dans une houppelande doublée de fourrure a les faveurs des enfants. Il s’oppose au bébé grelottant, réchauffé par le souffle d’un bourricot et d’un bœuf venus là, on ne sait comment. Il a les faveurs des adultes et des croyants qui plaident son historicité contre l’origine légendaire du premier. Mais le combat de l’un contre l’autre est loin d’être gagné, d’autant plus qu’ils ne se rencontrent jamais. Pas de Père Noël dans la crèche, pas d’enfant Jésus dans la hotte ! Ce sont leurs partisans qui mènent la lutte. On les oppose en parlant de Noël païen pour le premier et de Noël chrétien pour le second. Pourtant, dans l’esprit de la plupart, ils cohabitent au grand damne de la vérité.
La vérité sur Noël est certainement ailleurs ! Mais pour en savoir plus il va falloir changer le regard que nous portons sur l’événement. La plupart du temps nous nous contentons d’être de simples témoins. Nous regardons cela comme si nous étions situés à l’extérieur de ce qui se passe. Nous laissons notre conception des choses évoluer suivant l’humeur du jour ou suivant nos dernières lectures sur le sujet.
Noël, c’est la fête des enfants dit-on ! Pourquoi pas ? On dit aussi, en en déplorant les excès que c’est une fête populaire, et que c’est une bonne chose de se réjouir au sujet de Dieu, même si on ne sait pas qui est Dieu ! On déplore cependant que Noël ne soit plus une fête chrétienne, ce qu’elle n’a jamais été puisque, nous le savons, elle correspond à la fête du solstice d’hiver qui a été christianisé. Ce n’est pas tout à fait vrai rajoutent les autres, ce serait la fête de l’Epiphanie dont on n’a changé la date. Tous ont raison, même les psychologues qui prétendent qu’il ne faut pas fausser l’esprit des enfants en les laissant croire au Père Noël alors que d’autres trouvent très sain de laisser l’imaginaire des petits gamberger. Je ne vous apprends rien, toutes ces opinons sont très honorables, toutes sont défendables, mais aucune ne se situe au bon niveau, parce qu’elles procèdent toutes du fait que nous regardons l’événement de l’extérieur. Du moment que nous avons une opinion arrêtée, peu nous chaut du reste.
Et pourtant ce matin je vais me hasarder à défendre une autre manière de voir les choses. Bien naturellement j’aurais la fausse modestie de croire qu’elle seule est pertinente. A vous d’en juger ! Il me semble que la seule manière d’aborder toutes ces questions c’est de ne pas rester à l’extérieur du sujet, et de nous demander en quoi nous sommes personnellement concernés par Noël.
La question sous-jacente à toute cette histoire concerne notre salut. Dieu est venu apporter le salut aux hommes, et cela nous interpelle forcément dans notre foi. Nous nous demandons alors quel est ce Dieu qui se révèle dans cette fête et en quoi cette fête nous apprend quelque chose de nouveau?
Les récits de Noël nous parlent d’un enfant de pauvres dont le destin est de devenir roi. Mais nous savons que l’histoire tourne court, il est resté pauvre, il a été persécuté et il est mort exécuté. Si son Royaume existe c’est dans un autre monde. Pourtant si Dieu a décidé de se révéler en cet enfant dont la vie a été apparemment un échec c’est que Dieu lui-même a changé, ou plus exactement c’est que nous n’avons pas compris comment il était avant. Notre salut dépend donc de la manière dont nous recevons ce Dieu.
A Noël, il nous est demandé de percevoir Dieu autrement que le faisaient les hommes avant la naissance de Jésus. Il est certain que son intention n’était pas de faire geler de froid un nourrisson dans une étable mais plutôt de nous apprendre par cette histoire que les plus modestes de ce monde ont la faveur de Dieu, en commençant par les plus faibles et les plus fragiles, tel cet enfant de pauvres. A Noël Dieu frappe un grand coup, il ne se résigne plus à cautionner une société où les chances sont mal réparties et où les plus forts ont forcément raison.
Mais si telle est la volonté de Dieu, pourquoi n’a-t-il pas fait un miracle pour tout changer ? Si on se souvient des paroles de Marie dans le Magnificat, il semblerait que la situation aurait du changer, que le pouvoir devait passer aux mains des plus humbles, mais les bergers s’en retournent comme ils sont venus, les païens qui étaient appelés à partager les merveilles de Dieu s’en retournent par un autre chemin et les puissants qui devaient être renversés de leur trône deviennent pires qu’avant si on en croit l’attitude du potentat local : Hérode. Alors qu’est-ce qui a changé ? Le changement se fait à partir de notre conception même de Dieu.
Dieu ne se cache pas dans son ciel d’où il ferait des miracles pour protéger les gens pieux et fidèles ou pour changer le sort de ceux qui sont bons. Il ne fait aucun prodige pour contrecarrer l’action des puissants ni pour calmer les terreurs causées par la nature
en furie. Il exprime seulement son désir que les choses soient autrement. A Noël à travers ce récit de la naissance de Jésus nous entendons Dieu dire qu’il souhaite que les choses soient autrement. Ce souhait devient alors un programme pour les hommes qui se demandent à quoi ils servent. Dieu formule son désir de voir une nouvelle société supplanter l’ancienne. Il espère que les hommes réaliseront un monde où l’amour entre humains sera la seule règle valable. S’établira alors une société originale qui sera le reflet de la volonté de Dieu. Une telle société sera seule digne de subsister à l’érosion du temps pour devenir son Royaume qu’il établira dans l’éternité à tous promise.
Notre salut est semble-t-il lié à notre façon de comprendre la volonté de Dieu et d’y répondre avec sérénité. C’est sur le succès de cette collaboration entre Dieu et les hommes que se joue la crédibilité de Dieu. Pour mener à bien cette entreprise, pour que l’humanité toujours rebelle entre dans ce nouveau défi, il faudra que Jésus assume son destin jusqu’au bout au point d’en mourir.
Il vous appartient alors maintenant de vous poser la question : croyons-nous en ce Dieu que Jésus est venu révéler aux hommes ? Si c’est le cas notre salut consiste alors à suivre son enseignement et à manifester son amour dans le moindre de nos actes jusque dans l’éternité. C’est alors que nous verrons se produire le miracle de la transformation du monde.
Dieu en confiant ainsi le destin du monde à la bonne volonté des hommes court un grand risque et joue sa propre crédibilité. Si Dieu promet le salut à ceux qui suivent Jésus, il met aussi son propre salut en cause ! Que deviendra Dieu si les hommes n’entrent pas dans ce projet ? Dieu a décidé de faire confiance à son Eglise, même si elle est divisée pour être le lieu de rassemblement de tous ceux qui agissent selon sa volonté. Elle les rassemblera, les accueillera et les encouragera à agir dans toutes les directions où Dieu les pousse jusqu’à ce que le monde soit transformé. Dieu ne la laisse pas seule, il lui donne son Esprit qui sera pour chacun de ses membres non seulement une source d’énergie, mais il leur permettra de garder le cap et de rester fidèles.
Le miracle de Noël n’est donc pas dans un merveilleux conte qui finit
bien, il est dans l’engagement des hommes à être les acteurs du miracle qui transformera le monde. C’est ainsi que chacune et chacun de nous est personnellement concerné dans cette aventure, et il est bon qu’on se le redise chaque année à Noël.
Les illustrations sont d'un artiste chinois He Qi ( prononcer ho chee). Elles sont issues du blog
http://www.artbible.net que je vous recommande






