vendredi 24 juin 2011

Esaïe 55:10-11: Dieu se révèle par sa parole - dimanche 10 juillet 2011


Esaïe 55 :10-11

10 Comme la pluie et la neige descendent du ciel et n'y reviennent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et fait germer, sans avoir donné de la semence au semeur et du pain à celui qui a faim,

11 ainsi en est-il de ma parole qui sort de ma bouche : elle ne revient pas à moi sans effet, sans avoir fait ce que je désire, sans avoir réalisé ce pour quoi je l'ai envoyée.




Combien sont-ils, ceux qui cherchent Dieu ? Et quand ils croient l’avoir trouvé, sont-ils sûrs que c’est celui que Jésus appelé son Père qu’ils ont trouvé ? Nous nous interrogeons ainsi, bien que nous sachions que si c’est nous qui cherchons Dieu, c’est quand même lui qui vient vers nous et qui nous trouve. Pourtant nous ne pouvons pas nous empêcher de le chercher dans toutes les directions où portent nos regards.

N’est-il pas possible d’avoir l’intuition de Dieu en contemplant la création avec tout ce qu’il y a de beau et d’infini en elle ? Avec les poètes, comment ne pas s’émerveiller de tant d’harmonie et comment ne pas imaginer que derrière tout cela il y a un architecte de génie qui serait Dieu ? Même si on cherche à s’absorber en Dieu par la contemplation de son œuvre de créateur, même si on laisse les émotions gouverner nos sens, même si on arrive à communier à ce mouvement général des choses qui élèvent l’âme, trouve-t-on dans cette quête de merveilleux et d’absolu la réponse à toutes ces questions qui concernent la destiné de l’homme et qui nous hantent ?. C’est là en effet le seul intérêt que nous avons à chercher Dieu, si ce n’est d’en savoir plus sur la destiné de l’homme.

Notre question lancinante et impérieuse est de savoir s’il peut jouer un rôle dans la manière dont nous orientons notre existence. Pour répondre à cette interrogation la Bible nous suggère une autre piste de recherche. Selon elle, c’est par sa Parole que Dieu se manifeste aux hommes et se révèle à eux comme le Dieu en qui Jésus reconnaissait son Père. Pour connaître Dieu, il nous faut donc apprendre à l’écouter.

C’est sans doute en constatant que Dieu leur parle que les hommes réalisent la présence de Dieu à côté d’eux. Il est suffisamment proche pour se tenir à portée de voix.. Il s’exprime avec leurs mots, il vient habiter leurs pensées, il leur suggère des chemins à suivre. C’est ainsi qu’il se rend présent dans leur vie. Il entre ainsi en relation avec les hommes qui peuvent reconnaître sa voix quand il vient les visiter.

Mais la voix de Dieu n’est pas audible comme le serait une voix humaine. Elle est perceptible par les hommes quand ceux-ci découvrent au fond d’eux-mêmes des idées qui leur sont étrangères tant par leur audace que par leur contenu. Elles les poussent vers les autres et les détournent d’eux-mêmes, elles accréditent en eux des idées généreuses qui a priori leur paraissent sans fondement.

« Va libérer mon peuple » entend ce rescapé des eaux devenu prince d’Egypte. Après avoir échappé aux crocodiles et alors qu’il coule désormais une vie douce et paisible à la cour, il sent vibrer en lui comme une intuition qui le pousse à s’intéresser aux esclaves dont il est peut être le frère et dont il est devenu en quelque sorte le maître. Comment une telle idée a-t-elle pu lui traverser l’esprit ?

Telle est l’intuition de base à partir de laquelle les prophètes d’Israël se sont attachés à rendre compte de la réalité de Dieu. Il se révèle aux hommes non pas comme le Dieu Tout Puissant, Créateur de l’univers et de tout ce qu’il contient mais comme un visiteur qui vient stimuler ce qu’il y a de meilleur en eux. Il se propose de créer en eux un dynamisme suffisant pour qu’ils mettent en œuvre des projets de vie capables d’améliorer l’existence des autres. Cette expérience qui fut celle de Moïse sera aussi l’expérience de tous les inspirés qui prétendent avoir perçu une révélation de Dieu. Elle sera aussi la nôtre.

Quand Dieu parle, les idées qu’il suggère jaillissent au cœur de l’inconscient de ceux auxquels il s’adresse. Ils ne se reconnaissent pas forcément dans ces idées et les récusent avant même qu’elles aient été clairement formulées. N’est-ce pas là la preuve que ces idées ne viennent pas d’eux ? Mais, ces idées les hantent au point qu’ils doivent chercher à les satisfaire pour mieux les faire taire.

Certainement on va me rétorquer que je m’aventure un peu à la légère dans les mystères de l’inconscient et que bien d’autres mobiles que la voix de Dieu peuvent intervenir pour provoquer en nous des idées dont nous avons du mal à reconnaître la paternité. C’est vrai, mais il n’empêche que c’est apparemment comme cela que les choses fonctionnent. Dieu se sert de tous les canaux possibles pour venir jusqu’à nous et faire entendre en nous le son de sa voix qui suggère des projets qui nous seraient a priori étrangers.

L’exemple le plus caractéristique de cette manière de se révéler de la part de Dieu est bien évidemment l’aventure de Moïse que nous avons évoquée. Cette idée lui prendra toute sa vie pour se réaliser, elle nécessitera plusieurs échecs avant de s’accomplir – meurtre d’un garde égyptien, fuite à travers le désert , rencontre de la belle Séphora et installation de Moïse dans la vie d’un paisible nomade, rappel de Dieu au buisson ardent, retour en Egypte et affrontement avec le pharaon… c’est enfin au désert, à la veille d’entrer dans la terre promise où il n’entrera pas, que Moïse comprit que Dieu lui avait vraiment parlé, c’est d’alors dans un face à face bouleversant qu’il rendit à Dieu son esprit.

Le lecteur attentif de la Bible va bien vite rappeler à l’ordre le prédicateur que je suis. Il va lui rappeler que la Bible commence par le Livre de la Genèse et non celui de l’Exode et que dans ces récits du commencement, sont évoqués les merveilles de la création à partir desquels le texte nous invite à admirer Dieu comme le Créateur de talent qu’il est. Il nous y est raconté que Dieu créa avec passion le ciel et la terre, les étoiles, les astres et le firmament, les ondes mugissantes et l’immensité des plaines et des vallons ou gambadent et paissent paisiblement toutes sortes d’animaux.

Il aura bien raison de le faire. Cependant deux remarques s’imposent. La première c’est que malgré leur position au début de la Bible ces textes ont été écrits très tardivement. La deuxième, c’est que malgré leur intention de magnifier la toute puissance créatrice de Dieu, l’agent créateur reste quand même sa Parole.

Les textes sur Moïse ne font pas partie non plus des textes les plus anciens de la Bible, mais eux aussi insistent, nous l’avons vu, sur le rôle de la parole de Dieu. Même dans les textes qui insistent sur la magnificence de Dieu face à la grandeur de la nature, c’est quand même la parole de Dieu qui prend la priorité.

Le texte d’Esaïe qu’il nous est donné de méditer aujourd’hui, est un texte très ancien ( 7 eme siècle av JC ?) mais déjà la Parole de Dieu y est mise en évidence comme révélatrice de Dieu. La parole de Dieu, quand elle s’exprime ne transforme pas celui qui la reçoit en un privilégié. Elle en fait un acteur ou un vulgarisateur. Elle s’adresse à lui pour qu’il agisse. Il découvre bien vite que Dieu veut être connu comme celui qui libère. Revenons à l’histoire de Moïse que nous avons déjà évoquée.

Après avoir raconté comment Moïse a finalement réussi dans son entreprise de libération, la Bible nous donne les Dix Commandements. Ils sont présentés comme la conclusion de cette aventure et semblent avoir pour but d’établir les critères qui permettront d’identifier les exigences de la parole de Dieu. Nous y découvrons que Dieu veut faire de nous, par sa parole des agents de libération. Dans la première table nous trouvons ce qui concerne Dieu et le rôle qu’il attend de nous à son égard. Dans la deuxième table nous y découvrons quels sont les égards que chacun doit avoir pour son prochain. Nous sommes invités à le respecter en le libérant de tout ce qui l’opprime, en particulier des méfaits que nous pouvons lui faire subir.

En conclusion, et à la suite des paroles du prophète Esaïe, nous découvrons que la Parole de Dieu se reconnaît non pas quand elle a été proférée et identifiée comme telle, mais quand elle a été mise en œuvre par celui à qui elle a été adressée et qu’elle a porté ses fruits. Ainsi la voix de Dieu qui a invité Moïse à libérer son peuple ne sera réellement identifiée comme telle, seulement quand le peuple aura été effectivement libéré. C’est ce que nous avons déjà souligné à propos de sa mort.

Jésus n’a pas cherché à nous dire autre chose sur Dieu. Il a présenté son Evangile comme un long dialogue ente lui et Dieu son Père. Lui-même ne se désigne comme Fils de Dieu que parce qu’il a mis en œuvre cette action libératrice de la parole qui révèle la réalité de Dieu. Elle devient réellement effective quand elle s’accomplit. La libération ultime apportée par Jésus est celle de notre mort. Elle ne prend vraiment son effet qu’au matin de Pâques lors de la résurrection par laquelle tout est accompli.

jeudi 16 juin 2011

Matthieu 11: 25-30 la sagesse de Dieu dimanche 3 juillet 2011




En ce temps là, Jésus prit la parole et dit : Je te loue Père, Seigneur du ciel et de la terre de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et que tu les as réservées aux enfants. Oui, Père je te loue de ce que tel a été ton bienveillant dessein. Tout m’a été remis par mon Père et personne ne connaît le Fils si ce n’est par le Père, personne non plus ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et retenez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau léger.



On n’ose pas toujours le dire, mais parfois Jésus nous agace. Il y a des moments où on a du mal à le suivre et où ses propos nous blessent. On n’ose cependant pas le dire car de telles pensées paraîtraient inconvenantes. Aujourd’hui, il s’en prend aux sages et aux intelligents. Et naturellement, nous nous sentons visés, parce que nous nous croyons sages et intelligents, et sans nous flatter, nous le sommes vraiment. Il s’en prend à nos vertus les plus caractéristiques pour les opposer à celles des tout petits enfants qui en raison de leur manque d’expérience n’ont pas encore pu tester leur propre intelligence. En nous déstabilisant ainsi, on ne sait pas où Jésus veut en venir.

Comment peut-il s’en prendre à notre sagesse alors que la Bible valorise la sagesse humaine en commençant par celle de Salomon qui était proverbiale? Jésus s’en prend à notre intelligence. N’est-ce pas grâce à elle que le génie humain parachève la création ? N’est-ce pas grâce à elle que nous traduisons en actes les intuitions que Dieu nous donne par son Saint Esprit ? Comment pourrions-nous aider les autres et les aimer comme nous-mêmes si nous ne pouvions les considérer avec intelligence et les aider dans la mesure de nos compétences ? Jésus veut-il que nous changions de comportement ? Veut-il que nous abandonnions tout pour mendier notre bol de riz sur les chemins, comme le font certains moines bouddhistes ? Nous faut-il revenir comme les Hébreux dans le désert qui attendaient chaque soir que la manne leur vienne du ciel ?

Bien qu’il sache fort bien nos réticences à ses propos, il nous vente la sagesse des nourrissons. Ils sont encore si petits qu’ils dépendent entièrement de leur mère. Jésus sait certainement qu’à ce stade de leur évolution, ils sont entièrement égocentriques et que leur existence se réduit à la satisfaction de leurs pulsions immédiates. Quand leurs besoins de confort ne sont pas satisfaits, ils pleurent pour exiger que leurs désirs soient assouvis ? Est-ce ainsi que Jésus veut que nous soyons, tels Adam et Eve dans le jardin d’Eden vivant de tout ce qui leur était donné en abondance ? Mais ca ne marche pas ainsi, le jardin des Ecritures nous est interdit et pour vivre sur terre il nous faut être responsables de nos actes ? Il nous faut agir intelligemment pour que le plus possible d’entre nous vivent correctement. N’est-ce pas là la volonté de Dieu ? Il est évident que ce n’est pas là que Jésus eut en venir.

Si nous persistons dans ce type de raisonnement nous allons nous orienter sur une mauvaise voie. Il est évident que Jésus s’en prend pas à nos valeurs intellectuelles et à notre manière d’appréhender les problèmes avec sagesse. Par contre il veut nous mettre en garde contre nous-mêmes. Il sait que plus nous sommes compétents, plus nous avons acquis de savoir, plus nous sommes enclins à faire confiance en l’homme et en l’homme seul. Plus nous donnons du poids à nos valeurs humaines, plus nous risquons d’oublier Dieu.

Jésus nous invite à un peu de modestie par rapport à nous-mêmes et à ne pas confondre sagesse et connaissance, car bien souvent nous croyons qu’en accumulant les savoir nous croissons en sagesse. Ce qui est faux. Nous allons vérifier la justesse de ses propos à travers l’Ecriture. Le récit le plus significatif en la matière se trouve sans doute dans l’histoire de David et de Goliath. Que les récits soient historiques ou légendaires ne changent rien à l’affaire. David nous est présenté par les textes comme un garçon intelligent et avisé. Cependant, face au géant Goliath, aucune sagesse humaine ne lui aurait donné une seule chance. Il fallait donc que son intelligence et sa sagesse soient relayées par une audace dont l’intuition lui venait d’ailleurs.

Autre exemple : Le peuple d’Israël lui-même, malgré toute la sagesse de Moïse pouvait-il défier raisonnablement le pouvoir du pharaon, traverser les eaux hostiles de la mer Rouge et envisager de séjourner dans le désert au milieu des reptiles et des scorpions à la recherche d’une hypothétique terre promise ? C’était un défi au bon sens et pourtant il l’a relevé. Toute l’Ecriture nous relate ce type d’événements pour nous enseigner que la foi en Dieu repose sur ce type de défi que l’on relève en s’appuyant sur la foi et non sur la connaissance. Les hommes de la Bible avaient capacité d’affronter les obstacles de la vie grâce à l’intuition qui leur venait de Dieu et qui pouvait parfois s’opposer à la sagesse et à l’intelligence humaine. Ils ont cependant bien souvent préféré suivre leur propre sagesse en oubliant d’écouter Dieu et leur aventure a tourné court.

C’est là que Jésus attendait ses auditeurs, c’est là qu’il nous attend aussi. Il considère que notre sagesse et notre prudence risquent de neutraliser notre capacité à espérer. Notre raison nous porte à limiter raisonnablement les risques. C’est pourquoi, nous nous sentons toujours trop faibles pour entreprendre, trop pécheurs pour espérer, trop vieux ou trop peu nombreux pour entreprendre. Notre sagesse et notre intelligence établissent des limites de prudence que Jésus veut nous faire dépasser. Il veut que nous devenions des prophètes de bonheur dans une société qui passe son temps à se protéger du pire et qui méconnaît les capacités de réussite que contient l’espérance.

Un des plus gros défi que nous ayons à relever, c’est celui que nous pose notre propre savoir, car c’est sur lui que nous asseyons notre sagesse. Il constitue comme une force d’inertie qui nous empêche d’avancer parce qu’il fait de nous des êtres blasés face à l’avenir. Notre savoir est si et s’appuie sur tant d’expériences que nous avons l’impression du « déjà vu » qui nous prive de toute audace et qui neutralise notre faculté d’espérer. Ce savoir qui s’appuie sur l’expérience des autres neutralise notre propre intelligence et notre propre sagesse. Il pèse sur nous d’un poids comparable à celui du joug que l’on posait sur la nuque des bœufs à l’époque de la traction animale. Si le joug permettait aux bœufs de tirer des charrettes de gros poids, il les obligeait à baisser la tête et les empêchait de voir devant eux. Leur vision de la route en était ainsi obstruée. Le poids de notre savoir nous met dans ces conditions semblables à celles des bœufs au travail, il nous empêche de voir au-delà de nous-mêmes les possibilités que Dieu dessine à l’horizon de notre route.

Jésus savait que l’Ecriture était témoin d’une autre manière de voir les choses. Il a appris par exemple que dans l’histoire de David et Goliath, David a déposé les armes trop lourdes que le roi Saül avait mises à sa disposition pour le protéger. Elles l’empêchaient de se mouvoir au lieu d’assurer sa sécurité. De même, le peuple d’Israël avait du oublier sa propre sécurité avant de quitter l’Egypte et abandonner tout ce qui aurait pu entraver sa progression dans le désert. Il n’avait pour le protéger que la certitude que Dieu l’accompagnait dans son aventure et ne l’abandonnerait pas. C’est ainsi qu’ils pouvaient courir le risque de l’entreprise. Dans une telle aventure, notre sagesse et notre intelligence peuvent agir comme des freins qui pourraient contrecarrer les projets que Dieu nous amène à formuler. Nous ne pouvons donc être audacieux dans la foi sans déposer les poids qui entravent nos désirs.

Déposer nos poids trop lourds, ne consiste pas seulement à dépasser notre savoir et nos connaissances pour laisser Dieu pénétrer en nous et faire sa demeure dans notre âme, c’est aussi agir de telle sorte que le poids des expériences que l’on a acquises ne pèse pas d’une manière négative sur les messages que Dieu nous envoie. C’est aussi accepter que les remords que l’on peut avoir ou que le dégoût que l’on peut avoir de soi-même n’encombrent plus notre avenir. Dieu a décidé une fois pour toutes, par le pardon qu’il nous donne de nous en débarrasser et d’en porter pour nous tout le poids. Il a décidé que le passé ne devait plus être un obstacle. Il se charge lui-même d’en assumer le poids et il place devant nous des projets qui font vivre. C’est cela qu’on appelle l’espérance. L’espérance, c’est la puissance de vie que Dieu met en nous et avec laquelle nous construisons notre destin.

samedi 11 juin 2011

2 Corinthiens 5:17-20 Dieu parle - Confirmation des catéchumènes, Pentecôte - dimanche 12 juin 2011



2 Corinthiens 5/17-19

17 Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici : (toutes choses) sont devenues nouvelles. 18 Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le service de la réconciliation. 19 Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux hommes de leurs fautes, et il a mis en nous la parole de la réconciliation. 20 Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous vous en supplions au nom de Christ : Soyez réconciliés avec Dieu !




Depuis longtemps, nous savons que Dieu intervient dans le monde par sa Parole. Il dit et la chose existe nous rapportent les Ecritures. Une telle affirmation devrait forcément m’inquiéter, puisque je vais user du même privilège que Dieu pour m’adresser à vous: la Parole. Mais si les Ecritures nous transmettent des Paroles venant de Dieu, nul ne les a vraiment entendues. Si Dieu fait entendre sa voix, c’est généralement par le relais de certains humains, qui parfois, sans en être conscients eux-mêmes transmettent un message qui résonne dans l’intimité du cœur de ceux à qui ils s’adressent. Ce relais humain n’est pas forcément nécessaire, mais c’est toujours dans son fort intérieur, que l’intéressé reçoit ce qui peut être un message de Dieu. C’est cependant toujours par l’action du saint Esprit qui agit en eux que les hommes identifient la voix de Dieu.

Si je parle maintenant devant vous, ce n’est pas pour dire la parole de Dieu, mais de dire une parole sur Dieu. C’est assez différent, mais la situation reste ambiguë car Dieu et les hommes ne parlent pas de la même façon. Pour ce qui le concerne, l’homme émet des sons articulés qui forment des mots et qui traduisent sa pensée. C’est ainsi que tous les hommes parlent. Dieu, quant à lui, vous l’avez bien compris, ne prononce pas de mots, mais il transmet sa pensée par intuition à des humains qui lui sont attentifs et qui utilisent des mots pour rendre compte de ce qu’ils ont perçu.

Par ces intuitions traduites par des mots, Dieu révèle sa pensée qui agit en chacun de nous. C’est ainsi que Dieu parle. Il n’y a pas d’autres êtres que les humains qui sur terre partagent avec Dieu ce privilège de se faire comprendre par la pensée exprimée en paroles. Nous sommes donc placés sur terre dans une position privilégiée par rapport à Dieu, si bien que l’on a pu dire que nous étions conformes à l’image de Dieu. Certainement certains vont me dire qu’ils parlent avec leur chat, ou leur chien et qu’ils se comprennent. La belle affaire ! La pensée d’un animal n’est pas du même ordre que celle d’un humain ou que celle de Dieu. Nous sommes donc sur un terrain d’entente, voire même de connivence avec Dieu.

Donc ce matin, si je ne veux pas me prendre pour Dieu, je ne dois pas parler à sa place, mais je dois le laisser parler. Mon propos doit donc s’efforcer de vous orienter vers Dieu et de vous suggérer dans quelle direction il faut vous tourner pour l’entendre. Je ne peux être que le doigt qui désigne Dieu. J’essaye donc d’agir comme le sage qui montre le ciel avec son doigt. C’est le sot dit le proverbe chinois qui regarde le doigt et non la direction qu’il désigne. Si donc à la fin de mon sermon, vous ne voyez pas dans quelle direction se trouve Dieu, c’est que le sot ce sera moi, qui me serai mal exprimé, ou ce sera peut-être vous qui n’aurez pas su regarder dans la bonne direction.

Si Dieu, vers lequel nous tendons les regards est à portée de voix, s’il parle, comme nous, c’est qu’il est tout proche de nous. Tous les grands témoins dont la Bible rapporte la rencontre avec Dieu ont éprouvé cette proximité avec lui. Quand il se fait connaître à Moïse par exemple, Dieu lui dit : « Je suis qui je suis » Etrange non ? Dieu se présente comme nous le faisons nous-mêmes. Quand on demande à quelqu’un qui es-tu, Il répond : « Je suis un tel ». Il utilise la même expression que Dieu pour se révéler : « Je suis. »

C’est ainsi que la Bible nous présente Dieu, comme un être si proche de nous que s’établit un lien de parenté entre lui et nous. Ce culte que nous vivons ensemble pour apporter un enfant devant Dieu ou pour accueillir des catéchumènes sera donc, d’abord une réunion où la famille de Dieu se rassemble autour de lui pour faire la fête, en l’honneur de ses enfants.

Il n’empêche que tout ne baigne pas dans l’euphorie comme je viens de le laisser entendre et qu’une trop grande proximité de Dieu nous gène. Il y a comme un non-dit quelque part qui nous maintient sur la réserve, et nous gardons en nous comme une crainte de Dieu, c’est pourquoi l’apôtre Paul a cru bon de dire les paroles que j’ai retenues aujourd’hui comme support à ce sermon : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même.

Tout se passe comme si nous avions des reproches à lui faire. Nous pensons qu’il peut tout, qu’il voit tout, qu’il a tout créé, et que malgré tout, ça va mal, non seulement dans le monde, mais aussi dans notre propre existence ! Pourquoi Dieu n’a-t-il pas écarté les malheurs qui nous font souffrir ? Pourquoi Dieu ne nous a-t-il pas fait tous égaux en poids, en taille, en intelligence ? Alain Souchon dans une chanson célèbre : « Maman bobo », reproche à sa mère, (pourquoi pas à Dieu ?) de ne pas l’avoir fait beau. Il exprime ainsi le désenchantement de tous ceux qui se sentent frustrés de quelque chose. Il y a en nous tellement de questions sans réponses, que nous ne pouvons pas vraiment être en intimité avec Dieu, c’est pourquoi, malgré tout, nous gardons nos distances.

Dieu sait bien tout cela, c’est pourquoi il nous a confié un livre de famille qui contient tout ce que nous devons savoir sur lui : La Bible. Il a envoyé Jésus Christ pour nous l’expliquer et rétablir l’harmonie avec lui, mais cela ne semble pas avoir amélioré la situation.

Certes, il paraît qu’on ne lit plus la Bible. Ce n’est pas forcément vrai ! Mais ce qui est vrai c’est que beaucoup d’entre nous lisent une autre Bible que celle que la tradition nous a confiée. Si on ne lit pas la Bible qu’on nous a remis au KT et qu’on lui laisse prendre la poussière sur les rayons de notre bibliothèque, cela ne veut pas dire que l’on n’a pas recours à la Bible.

On a recours à une autre Bible qui ne se trouve pas en librairie ni sur internet, c’est un ouvrage mythique, écrit par la rumeur et colporté de bouche à oreille, elle est pleine d’idées reçues, pleine d’affirmations non démontrées. Elle est composée de récits à consonance biblique améliorés par les romans et le cinéma tels les « dix commandements » de C.B. de Mille par exemple qui font de Moïse un prince égyptien et de Dieu un tyran vindicatif ou « Quoi Vadis » qui imagine la mort de Pierre, ou le Da Vinci Code qui fait de Marie Madeleine l’épouse de Jésus. Pendant deux ans, j’ai pu vérifier auprès des jeunes dont vous m’avez confié l’éducation religieuse combien cette autre Bible était différente de celle imprimée qu’on leur avait donnée. J’ai essayé d’en arracher quelques pages avec beaucoup de difficultés. C’est dans les pages non imprimées de cette fausse Bible, dont personne n’a la même, qu’on trouve le portrait de ce Dieu dont les jeunes générations ne veulent plus, et qu’ils confondent avec l’autre, le Tout Autre.

La pratique de cette fausse Bible, leur apprend que Dieu est présenté comme un Seigneur redoutable plus prompt à condamner qu’à pardonner, qui fait crasher les avions pour punir les uns et qui provoque les tsunamis pour affirmer aux hommes sa toute puissance.

Il aurait même nourri une colère tellement forte contre l’humanité, dit-on, qu’il aurait été jusqu’à provoquer la torture et la mort de son propre fils pour calmer sa fureur. C’est cet ensemble d’idées reçues, amassées dans notre inconscient qui fait que l’on se méfie de Dieu, qu’on doute de l’authenticité de l’amour dont Jésus a fait état en parlant de lui et que l’on trouve que la vie est fade et amère.

C’est pourquoi, il faut nous mettre à l’écoute de cette Parole de Dieu qui se fait entendre au plus profond de notre être. C’est d’elle dont Jésus fut le témoin. Il a mis en actes par ses dire et ses actions, par ses miracles aussi, tout ce que Dieu avait à dire aux hommes. C’est cette parole qui vibre en nous quand nous éprouvons des désirs, de paix, de joie et d’amour, et c’est elle qui habite nos pensées quand elles sont animées par des pulsions de vie, d’espérance, de partage. C’est alors que Dieu nous parle.

Dieu, celui de la Bible qui nous est présenté par Jésus comme un Père bienveillant a fait le pari que tout se mettrait à changer quand l’amour du prochain prendrait le pas sur toute autre vertu humaine. Les choses deviendront nouvelles, selon lui, si l’intérêt que l’on porte aux autres prend le pas sur tout autre intérêt. C’est cela que l’on trouve dans ce livre de famille qu’est la Bible.

Elle ne nous dit pas que c’est Dieu qui transformera notre vie, elle nous dit que c’est Dieu qui nous donnera l’énergie pour transformer notre vie. Elle ne nous dit pas que nous n’aurons pas de difficultés, que les malheurs ne nous désespéreront pas, que nous réussirons à nos examens, mais elle nous dit que Dieu inscrit l’espérance dans notre vie et que tout prend une autre dimension pour celui qui croit que Dieu veut d’abord notre bien.

Puisque nous sommes dans le temps de Pentecôte, souvenons-nous de ce que le récit qui nous rapporte l’événement nous en dit. Il nous dit que l’Esprit de Dieu est capable de pénétrer à l’intérieur de chaque être et de transformer ses craintes en espérance de vie capable de le combler de joie. Ceux qui ont acceptés cette visite de l’Esprit de Dieu en eux étaient tellement bouleversés nous dit-on qu’on a cru qu’ils étaient ivres. N’est-ce pas là tout un programme pour la vie qui s’ouvre devant nous ?







Ze Bible est la nouvelle traduction de la Bible pour les juenes

vendredi 27 mai 2011

Jean 6:51-58 - le pain descendu du ciel dimanche 26 juin 2011


Jean 6/51-59 51 Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. 52 Les Juifs se querellaient entre eux et disaient : Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger ? 53 Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'avez pas la vie en vous. 54 Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et je le ressusciterai au dernier jour. 55 Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage. 56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui. 57 Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. 58 C'est ici le pain descendu du ciel. Il n'est pas comme celui qu'ont mangé vos pères : ils sont morts. Celui qui mange ce pain vivra éternellement. 59 C'est ce que Jésus dit alors qu'il enseignait dans la synagogue, à Capernaüm.

lire aussi 1 Rois 17 :1-15 Elie au bord du Kerith
1 Elie, le Tishbite, l'un des habitants de Galaad, dit à Achab : Par la vie du SEIGNEUR, le Dieu d'Israël, au service duquel je me tiens, il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie, sinon à ma parole ! 2 La parole du SEIGNEUR lui parvint : 3 Repars d'ici vers l'est et cache-toi près de l'oued Kerith, qui est en face du Jourdain.

4 Tu boiras de l'eau de l'oued ; j'ai ordonné aux corbeaux de pourvoir à tous tes besoins là-bas. 5 Il partit et agit selon la parole du SEIGNEUR ; il alla s'installer près de l'oued Kerith, qui est en face du Jourdain. 6 Les corbeaux lui apportaient du pain et de la viande le matin, du pain et de la viande le soir, et il buvait à l'oued. 7 Mais après quelque temps, l'oued fut à sec, car il n'y avait pas eu de pluie dans le pays.
Elie chez la veuve de Sarepta

8 Alors la parole du SEIGNEUR lui parvint : 9 Va à Sarepta qui appartient à Sidon et restes-y. Là-bas, j'ai ordonné à une veuve de pourvoir à tous tes besoins. 10Il s'en alla à Sarepta. Comme il arrivait à l'entrée de la ville, il y avait là une veuve qui ramassait du bois. Il l'appela et lui dit : Va me chercher un peu d'eau dans un récipient, je te prie, pour que je boive. 11 Elle alla en chercher. Il l'appela de nouveau et lui dit : Va me chercher, je te prie, un morceau de pain dans ta main. 12 Elle répondit : Par la vie du SEIGNEUR, ton Dieu, je n'ai rien de cuit, je n'ai qu'une poignée de farine dans un pot et un peu d'huile dans une cruche. Je ramasse deux morceaux de bois, puis je vais rentrer préparer cela pour moi et pour mon fils ; nous mangerons, après quoi nous mourrons. 13 Elie lui dit : N'aie pas peur, rentre, fais comme tu l'as dit. Seulement, prépare-moi d'abord avec cela une petite galette et tu me l'apporteras ; tu en feras ensuite pour toi et pour ton fils. 14 Car ainsi parle le SEIGNEUR, le Dieu d'Israël : Le pot de farine ne s'épuisera pas, et la cruche d'huile ne se videra pas, jusqu'au jour où le SEIGNEUR enverra la pluie sur la terre. 15 Elle alla faire selon la parole d'Elie et pendant des jours elle eut de quoi manger, elle et sa maison, ainsi que lui. 16 Le pot de farine ne s'épuisa pas, et la cruche d'huile ne se vida pas, selon la parole que le SEIGNEUR avait dite par l'intermédiaire d'Elie.




Il est des temps et des moments où les événements ne semblent plus obéir à Dieu, le ciel se ferme et la pluie ne tombe pas, la sécheresse s’installe et Dieu semble ne pas vouloir répondre aux suppliques des hommes. La Bible nous parle d’une sécheresse qui dura trois ans à l’époque du prophète Elie (1 Rois 17 ss). Le prophète ne survécut que grâce aux corbeaux qui prirent soin de lui et à la bienveillance d’une veuve dans le village de Sarepta qui se priva pour le nourrir. La leçon qu’en a tiré l’Ecriture, c’est que Dieu s’est servi de l’événement pour faire comprendre au terrible roi Achab que malgré sa puissance, il n’était pas un maître absolu. Il ne subsistait sur le trône que parce que Dieu le lui permettait. Il ne semble pas vraiment que le roi ait compris la leçon, mais ce qui est clair, c’est ce que le prophète nous a transmis. Malgré nos incompréhensions et nos questions sans réponse, il affirme que Dieu joue toujours un rôle à nos côtés, si nous voulons bien lui prêter attention. Dieu préside à notre destinée d’une manière bienveillante et il inspire nos actions même si nous ne percevons pas forcément qu’elles ont Dieu pour origine.

Un tel message paraît un peu bref et la réponse insuffisante. Quand le ciel se ferme et que la nature tourmente les hommes au point de leur faire perdre tout espoir, quand Dieu lui-même paraît tellement s’éloigner qu’il reste inaccessible aux prières, les hommes en arrivent à douter de lui et à chercher des réponses ailleurs qu’en lui. Quand les hommes pâtissent sans raison apparente, quand la terre se met à trembler et que l’onde mugissante réclame des vies avant de s’apaiser, quand la terre assoiffée ne produit plus ses fruits, on se reconnaît le droit de demander des comptes à Dieu afin de trouver du sens à notre situation.

Aujourd’hui la majorité d’entre nous ne questionne même plus Dieu tant on le croit étranger à de tels événements et impuissant à les résoudre. Nous sommes convaincus que les vagues de sécheresse auxquelles nous assistons ces dernières années sont liées à des problèmes météorologiques, aggravés par l’activité industrielle des hommes qui augmente l’effet serre et que les piques de pollution rendent catastrophiques. Les plus vaillants se protègent, les plus faibles résistent moins bien . Si on se tourne vers Dieu, c’est pour reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres de la situation, et que les hommes ont encore beaucoup de choses à apprendre pour maîtriser leur avenir et celui de la planète, mais bien peu reconnaissent à Dieu la capacité ou la volonté d’intervenir pour venir au secours des plus menacés.

Je n’ai certes pas l’intention de mettre Dieu en cause, ni de douter de sa bienveillance, mais je reste, comme vous avec mes questionnements et je me tourne vers le Seigneur pour lui demander quel rôle il joue dans tout cela.

L’Evangile de ce jour, placé dans ce contexte, résonne d’une façon inhabituelle, il nous place dans une situation de famine spirituelle pour laquelle la seule réponse possible se trouve en Christ. Nos âmes avides de forces nouvelles ne trouveront de réconfort qu’en lui seul. Notre intelligence, toujours prompte à apporter des explications à tous les événements qui nous arrivent doit, elle aussi, se laisser nourrir par ce pain qui vient d’ailleurs et auxquels Jésus seul peut donner du sens.

Au lieu de nous interroger sur la toute puissance de Dieu au sujet de laquelle il ne nous appartient pas de donner des réponses, au lieu de chercher des explications culpabilisantes sur une colère éventuelle de Dieu qui priverait les hommes de pain, nous sommes invités à tourner les yeux vers Jésus qui seul est capable de rendre Dieu compréhensible. Curieusement, il ne nous parle pas de châtiment ni de colère divine. Il nous parle de nourriture et de breuvages qui font vivre. Le Dieu qui se révèle en Jésus Christ est celui qui donne nourriture et espérance à ceux qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Dieu était donc caché dans l’action des corbeaux pourvoyeurs de nourriture, il avait aussi le visage de la veuve de Sarepta quand la disette sévissait. Il prend le visage de tous ceux qui se sentent concernés par le sort des autres en manque de nourriture.

Mais de quelle nourriture s’agit-il ? : « mon corps est vraiment une nourriture, et mon sang et vraiment un breuvage ! » dit Jésus. Qu’est ce que cela pourrait bien vouloir dire ? Quelle signification prennent ces paroles mystérieuses qui nous désignent bien évidemment le pain et le vin de la cène mais qui les charge d’un sens qui nous dépasse.

Le pain venu du ciel semble être un don purement divin. Il suffit que les hommes ouvrent leurs mains et leur esprit pour qu’il produise son effet en eux. Cependant pourquoi Jésus prend-il l’exemple du pain qu’il assimile à sa propre chaire ? N’aurait-il pas pu insister sur l’exemple de la manne qui nourrissait jadis les hébreux dans le désert, la manne était un produit miraculeux issu d’une sécrétion de sève qui apparaissait sur les branches de certains arbustes du désert. Elle pouvait être assimilée à un don du ciel comme semble le suggérer Jésus.

Pourtant il préfère prendre l’image du pain, car elle implique la participation des hommes. Pour que le pain devienne du pain il faut l’action conjuguée de plusieurs individus, il faut semer et récolter le blé, puis il faut le moudre, pétrir la pâte et la faire cuir. Jésus signifiait par là que le don de Dieu n’est perceptible dans la vie des hommes que si une action humaine se produit pour lui donner du sens. C’est par l’action des hommes que Dieu se révèle quand il leur porte secours.

Il me semble donc que Jésus ne conçoive l’action de Dieu parmi nous que si en même temps elle est révélée par les hommes. Ainsi au cœur de la sécheresse, dans le pays de Sarepta, l’action de Dieu se manifeste par le don de vie que la veuve fait à Elie en lui donnant le peu de farine qui lui aurait permis de vivre un jour de plus ainsi que son enfant.

Mais l’action de Dieu n’est cependant pas exclue. Dieu reste le maître de la situation. Il est dit qu’il peut déclencher ou arrêter la sécheresse sur sa parole, mais son action est cependant révélée par le geste apparemment insignifiant de la veuve.

Les hommes d’aujourd’hui croient que par leur science ils peuvent tout expliquer Alors que les catastrophes se font douloureusement sentir, ils s’accusent mutuellement de ne pas avoir su prévoir ce qui pouvait arriver. Ils s’accusent les uns et les autres de ne pas avoir assumé leurs responsabilités. Ils ne croient pas cependant que Dieu pouvait avoir une action quelconque dans l’événement. Pourtant à la lumière des textes bibliques ils pourraient comprendre que même dans des situations dramatiques dont il n’est pas la cause, Dieu se sert quand même de l’action des hommes et des femmes qui agissent pour se révéler. L’action de Dieu paraît plus évidente à travers ces gestes altruistes faits par des hommes souvent anonymes qu’elle ne l’est par l’exaucement miraculeux de nos prières..

La nourriture dont Jésus nous fait vivre trouve son origine spirituelle en Dieu, mais cette nourriture est faites de toutes les actions que mènent ceux qui espèrent encore quand plus personne n’espèrent et qui agissent encore quand tous baissent les bras. Ils croient que la vie aura toujours le dessus, même quand la mort semble victorieuse.

Le pain et le vin de la cène prennent alors cette dimension prophétique qui se renouvelle chaque fois que nous la célébrons. Nous affirmons alors qu’aucune puissance ne peut nous priver de l’espérance. Le saint Esprit, présent dans notre célébration nous pousse à croire que nous sommes promis à la vie, même si nous sommes déjà physiquement morts.

mercredi 18 mai 2011

Jean 3:16 Dieu a tant aimé le monde - dimanche 19 juin 2011





Jean 3/16 « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle…. »


Jadis, sur un disque célèbre que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître Jacques Brel chantait : « quand on n’a que l’amour… » et il concluait en disant : «on a le monde entier ». Il disait à sa manière l’Evangile d’aujourd’hui. L’amour en dépit de tout ce que l’on peut dire ou penser est le moteur du monde. Nous sommes tous pris dans ce tourbillon exaltant de l’amour, nous restons encore émus à l’évocation de ce roi qui perdit son trône par amour pour celle qui ne pouvait devenir sa reine, et nous savons que dans les kiosques de gare, ce sont les romans roses qui l’emportent sur les thrillers.

Par amour des hommes et des femmes se sont surpassés et le monde en a parfois été ébranlé sur ses bases. C’est par amour pour ce qu’ils croient être Dieu que les grands mystiques ou les grands spirituels ont renoncé à toute autre forme de plaisir que l’extase et la contemplation. La Bible nous dit qu’il est un feu dévorant et qu’il peut conduire chacune et chacun jusqu’au bord de l’impossible. Ce sentiment est profondément lié à l’instinct de vie. Jean Ferra parle même d’aimer à en perdre la raison, c’est dire l’emprise que l’amour peut prendre sur nous.

On le trouve même chez les animaux qui ne peuvent se passer l’un de l’autre.
La nature entière nous raconte comment ce désir de l’autre, habite tous les êtres et motive leur instinct de vie, c’est une banalité de le dire. Mais si cela est vrai, comment se fait-il que l’opinion contraire soit aussi abondamment répandue ? On considère à l’opposé de sa capacité à aimer que l’homme est profondément égoïste, qu’il est rempli de pensées de domination.

On le considère même comme mauvais depuis l’origine, et incapable par lui-même d’aucun bien. On nous a habitués à lire la Bible avec cet à priori selon lequel l’homme est originellement mauvais, profondément pervers. On s’appuie bien sûr, sur le récit de la chute pour le dire et on prétend que cette simple désobéissance aurait perverti la race humaine jusqu’au plus profond d’elle-même. Elle aurait alors, brusquement changé de nature et a l’instar de Darck Vador serait passé du côté obscure de la force !

Rousseau nous le savons, s’est opposé à cette opinion largement défendu et a proposé l’hypothèse contraire : « et si l’homme était bon ? » se demandait-il. Ce n’était pas une affirmation utopique qui aurait permis de regarder le monde d’une manière irréaliste et candide, mais c’était une affirmation qui permettait d’espérer des améliorations de l’être humain et de rendre possibles des retournements radicaux.

Il me semble, pour ma part, que l’on ne peut s’empêcher de lire des Ecritures en oubliant qu’elles affirment, à la première page de la Bible, que Dieu, au soir de la création de l’homme a déclaré que tout cela était très bon. En raison de ce simple fait, aucun péché ne devrait pouvoir lui enlever cette empreinte de bonté. Si l’homme est capable d’amour, qui est la forme la plus élaborée de l’altruisme, comment peut-on imaginer qu’il soit totalement démuni d’un peu de bonté ?

Aujourd’hui, ce qui me fait du bien et que j’aimerais vous transmettre c’est de savoir que Dieu est amour, et comme nous sommes faits à son image, il est à parier qu’il a mis en nous assez d’amour pour qu’il puisse établir une relation en vérité avec nous. C’est au nom de ce sentiment que toute forme de péché, qu’il soit originel ou pas doit disparaître.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Jésus Christ… »

Cette phrase raisonne pour nous comme une vérité incontournable. L’amour de Dieu émanerait de lui comme une force qui vient vers les hommes. Et qui se manifeste en eux comme une puissance de vie irrésistible. C’est cette puissance de vie qui s’est emparé de Jésus quand agonisant sur la croix, la mort devient incapable de l’anéantir. On peut donc considérer que l’amour dont Dieu témoigne pour nous se confond avec la puissance de vie qu’il met en nous. Cette puissance nous la recevons dans le pardon qu’il nous donne sans condition. C’est là le signe le plus fort de l’amour que Dieu puisse donner, car le pardon supprime la séparation entre les êtres et permet à la vie de s’épanouir. Il fait du pardon le premier acte concret d’amour que nous puissions faire. Il devient alors un signe de vie plus fort que la mort..

Malgré toute la puissance de l’amour, on ne peut empêcher le mal de continuer à exercer une influence perverse sur le monde. Il frappe aveuglément. Ceux qui en sont victimes arrivent à perdre confiance et à douter de la réalité de Dieu. Tous ceux qui se sentent victimes ou laissés pour compte s’interrogent pour savoir si Dieu ne commet pas une injustice terrible en laissant entendre qu’il aime tellement le monde qu’il aime aussi, par la force des choses, les importuns, les égoïstes, les violents. Pourquoi Dieu aime-t-il tous ces aventuriers du monde qui rendent la vie impossible aux autres ?

La réponse est simple, c’est que tous sans exception sont en quête de la même chose : la vie ! Ceux qui dominent et écrasent les autres sont également demandeurs de vie. Ils en ont tellement besoin, qu’ils accaparent la vie des autres au point qu’ils cherchent à la leur enlever. Ils croient alors qu’ils amélioreront leur propre vie ou qu’ils auront des suppléments de vie en se concentrant sur leurs privilèges. Ils croient que tels le pouvoir, l’argent, le savoir, la science, qu’ils s’attribuent sont porteurs d’avenir au regard du monde,. Au regard de Dieu tout ce qui permet de dominer les autres, est porteur de mort.

C’est à cause de ce repli sur soi qui est la racine de l’égoïsme que les hommes ne sont pas capables d’aimer vraiment quelqu’un d’autres qu’eux-mêmes. La seule chose qui peut les transformer c’est de découvrir qu’ils sont aimés eux aussi gratuitement par Dieu sans tenir compte de leurs situations privilégiées. Dieu nous confie la mission de le leur faire connaître. Il faut que ceux dont le comportement est le plus éloigné de ce que Dieu souhaite arrivent à prendre conscience du fait que malgré tout Dieu les aime.

Même si leur comportement est odieux, ils sont quand même aimés de Dieu. C’est en découvrant cela qu’ils pourront changer. Si alors ils s’aventurent à aimer, c’est à dire avoir une relation autre que celle qui serait guidée par l’égoïsme, s’ils osent en sortant d’eux-mêmes, s’intéresser à quelqu’un d’autre, au point de renoncer à l’un ou l’autre de leurs privilèges, alors ils risquent de tomber dans l’engrenage de l’amour. Cet engrenage les transformera certainement et ils tomberont tout vivants dans les mains de Dieu. Ils seront alors en passe de se sentir pardonnés, d’être réellement sauvés et de vivre éternellement.

Sur les chemins de l’amour, il y a de la place pour tous, car ce sont les chemins de Dieu. Le monde est appelé à changer car il est aimé par Dieu, mais c’est à nous, qui avons le privilège de le savoir de le lui dire car comment le monde le saurait-il? Et s’il ne le sait pas, comment changera-il ?

lundi 16 mai 2011

Actes 2 :1-13 Pentecôte dimanche - 11 juin 2011





PENTECOTE Actes 2/1-13 La venue de l'Esprit saint
1  Lorsque arriva le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble en un même lieu. 2 Tout à coup, il vint du ciel un bruit comme celui d'un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils étaient assis. 3 Des langues leur apparurent, qui semblaient de feu et qui se séparaient les unes des autres ; il s'en posa sur chacun d'eux. 4 Ils furent tous remplis d'Esprit saint et se mirent à parler en d'autres langues, selon ce que l'Esprit leur donnait d'énoncer.5 Or des Juifs pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel habitaient Jérusalem. 6 Au bruit qui se produisit, la multitude accourut et fut bouleversée, parce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. 7 Etonnés, stupéfaits, ils disaient : Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? 8 Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? 9 Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de Mésopotamie, de Judée, de Cappadoce, du Pont, d'Asie, 10 de Phrygie, de Pamphylie, d'Egypte, de Libye cyrénaïque, citoyens romains, 11 Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons dire dans notre langue les œuvres grandioses de Dieu ! 12 Tous étaient stupéfaits et perplexes ; ils se disaient les uns aux autres : Qu'est-ce que cela veut dire ? 13 Mais d'autres se moquaient en disant : Ils sont pleins de vin doux !




Au premier temps de l’Eglise, la grande menace qui planait sur les chrétiens était d’être pris pour des fantaisistes provocants, à l’image de ce que furent les hippies dans les années soixante dix qui préconisaient la paix universelle et l’abolition des règles contraignantes de la société. Ils réclamaient aussi l’amour libre et le non respect des règles religieuses.

La suite va justifier cette menace. Une seule phrase a suffi pour les caractériser : « ils sont pleins de vin doux » Cette phrase a été utilisée dans le Livre des Actes, vous venez de l’entendre, pour exprimer l’ impression que la première communauté chrétienne a laissée auprès des témoins de sa naissance. Elle fut perçue comme un mouvement contestataire de la société, de la morale, de la politique et de la religion qui a vite inquiété les autorités de cette époque. Sans doute ce récit résume-t-il l’impression de stupeur qui a accompagné ce mouvement.

Cette impression générale dépasse certainement le cadre simplificateur de la fête de Pentecôte dans lequel Luc a rapporté l’événement. Comme toujours le récit est réducteur, mais il donne une juste impression des conditions dans lesquelles la naissance de cette nouvelle religion a été accueillie.

Pentecôte, était une fête de pèlerinage traditionnel dans le judaïsme du 1 er siècle. Elle se déroulait, comme son nom l’indique 50 jours après Pâques. Elle drainait à Jérusalem des populations nombreuses. C’est au cours de cette fête populaire et religieuse, savamment organisée qu’est décrite la naissance de l’Eglise. Le christianisme devrait donc avoir la fête pour caractéristique, puisque c’est au cours d’une fête qu’on a pris acte de sa réalité. Si ça ne se remarque plus aujourd’hui, c’est que les choses sont à reprendre, car, le christianisme est bien décrit comme un mouvement qui jaillit au cours d’une fête populaire, j’y insiste.

Toute la symbolique de cette religion va se faire à partir des deux célébrations des fêtes juives de Pâques et de Pentecôte. Si vous vous en souvenez, Pâques est la fête de la Liberté, on y commémorait la libération de l’esclavage en Egypte. Pour les Chrétiens cette libération est devenue la libération de la mort. Elle commémore la sortie de la tombe de Jésus. Malgré la promesse que portait en elle la résurrection, les Chrétiens apeurés étaient restés cloîtrés chez eux dans la crainte de représailles à la suite de la condamnation à mort de leur maître. Ils savaient, bien sûr, que Jésus était vivant, mais ils ne savaient toujours pas ce que sa résurrection signifiait concrètement pour eux. Il leur faudra un long temps de maturation pour le comprendre et pour changer de position, et ce sera dans le cadre de la fête suivante, Pentecôte, que cela sera raconté, 50 jours plus tard.

Luc utilise tous les symboles de cette fête de Pentecôte pour dire ce qui se passe. Ce n’est pas forcément un récit purement historique, c’est plutôt un récit pédagogique. Le bruit, la fête, le feu, la glossolalie, la foule la joie, tout est rassemblé là pour dire l’indicible. Et pourtant la conclusion est stupéfiante : les premiers chrétiens sont perçus comme des excités enivrés.

Il a fallu une longue maturation dans le cœur des fidèles de Jésus pour que le Saint esprit fasse son travail. Pourtant, tout d’un coup comme un fruit qui se décroche de l’arbre à maturité, comme un feu tombant sur eux sans brûler personne, comme un coup de tonnerre dans un ciel d’azur, la vérité s’impose à eux. Quelle que soit la manière dont cela se manifeste en eux, quelle que soit la langue qu’ils utilisent pour le dire, la même vérité s’impose à eux. Mais de quelle vérité s’agit-il ? On nous en parle comme faisant partie des merveilles de Dieu propres à ravir les foules, mais de quelles merveilles s’agit-il ?

Ces merveilles, elles sont depuis cinquante jours à portée de leur intelligence, et ils ne comprennent toujours pas ce qui a changé ou ce qui doit changer. Il faut que le saint Esprit y mette vraiment du sien pour les amener à comprendre. Rassurez-vous donc si cela prend aussi du temps pour que vous aussi, vous y compreniez quelque chose, vous ne serez donc pas les seuls.

Pour en savoir plus, regardons d’un peu plus près ce texte. Le récit de l’événement ne couvre que 3 versets. C’est un peu bref si l’on songe à la portée qu’il va prendre par la suite ou si on imagine le nombre de volumes que l’on écrira à ce sujet. Luc consacrera encore 8 versets à décrire les foules concernées par le message. Il mentionne 14 peuples. A priori cette énumération des différentes nations ne nous apprend rien. Cette mention lui sert seulement a amplifier la portée de l’événement et à insister sur l’aspect merveilleux qu’il veut donner au récit. Le nombre de nations mentionnées correspond à celui des langues dans lesquelles l’esprit leur donnait de s’exprimer; et le lecteur de s’extasier, tant il est vrai qu’en matière biblique, on cherche toujours l’explication de l’événement rapporté, dans le miracle qui le concerne. Ce qui est la bonne méthode pour passer à côté la vérité du texte, car la vrai explication est ailleurs que dans le miracle.

Réflexion faite, on constatera que la plupart de ces peuples parlaient grec si bien que je ne pense pas que le prodige figure dans les langues. On a aussi cherché les symboles dans les chiffres exprimant leur nombre, 14 nations, cela faisait 2 fois 7, mais ça ne nous avance pas beaucoup. Il paraît plus vraisemblable qu’il s’agisse plutôt de l ‘énumération des peuples qui constituaient le monde civilisé de l’époque (à remarquer que les Gaulois, dont beaucoup parmi vous sont les descendants, n’y figuraient pas, la modestie nous oblige à constater que nous sommes des pièces rapportées venues de loin !)

Par contre, il nous est dit par 3 fois que ces foules entendent. Et qui dit entendre, dit aussi comprendre. Ils comprennent les merveilles de Dieu, car tel est le destin de l’Église naissante : parler des merveilles de Dieu aux nations. Et ça, ils ne l’avaient pas encore compris, tous maintenant, ont droit à connaître les merveilles de Dieu qui pour le moment sont perçues comme des délires d’ivrognes. Mais Jésus lui-même ne fut -il pas accusé d'ivrognerie? (Luc 7/34)

Quand il était parmi eux, Jésus s’était appliqué à dire qu’il fallait que tous se convertissent à la « bonne nouvelle » qu’il était venu apporter. Il expliquait que cela signifiait qu’ils devaient voir les choses autrement. C’est à Pâques qu’ils furent sensés avoir compris que la mort n’était pas la fin de toute chose, ils auraient du découvrir que Dieu bousculait les limites de la vie et que chacun devenait compagnon de Dieu jusqu’à la fin des temps sans autre condition que celle de croire. C’était ça la merveille qu’il fallait comprendre. Il n’y avait désormais plus aucune barrière humaine pour limiter l’espace réservé à Dieu, il n’y avait plus de convention sociale pour codifier nos relations avec lui. Il fallait désormais le vivre et le dire

Quand le pouvoir civil comprendra que ces propos sur Dieu bousculaient l’équilibre de la société et que la pax romana était compromise, il déclenchera des persécutions pour tenter d’éradiquer le ver qui était dans le fruit et qui désormais, y restera.

Ce ver, coïncide avec ce qu’on appelle « merveille de Dieu ». Cette merveille nous enseigne que Dieu n’est pas ce que les hommes disent de lui. Il ne se cache pas derrière des lois, fussent-elles celles de Moïse, mais il permet aux hommes de vivre en pleine liberté avec lui. Une nouvelle relation d’amour avec lui, dont aucune règle n’a été écrite à l’avance est possible. Dieu parle désormais au cœur des hommes et se fait entendre par eux. C’est cette découverte qui fait tant de bruit à Pentecôte dans le silence du cœur de chacun et qui les brûle du sentiment étrange que produit l’amour en plénitude.

Mais si chaque homme a la liberté d’écouter Dieu, il ne prend pas forcément le temps de l’entendre, car le Dieu qui s’offre aux hommes en toute liberté ne peut être reconnu par les hommes, que s’ils acceptent de l’entendre, et ça prend du temps.

Ce qu’il faut entendre, ou comprendre, c’est qu’il y a un code qui permet d’être en liberté avec Dieu. Le code de la liberté a pour clé le mot amour et le mot vie. Cela implique que l’amour sera toujours premier dans nos relations avec les autres. C’est alors que rien désormais ne s’opposera à ce que chacun ait une relation directe et personnelle avec Dieu. Même la mort n’y pourra plus rien.

Sont-ce là des propos d’ivrognes ou est-ce là l’expression ultime de la sagesse divine ?

Illustrations Sacramentaire Drogon Metz 845 voir http:www.artbible.net

mardi 3 mai 2011

Jean 14: 15-26 Le Consolateur - dimanche 15 mai 2016


Promesse du Saint-Esprit

 15 Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements, 16 et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, 17 l'Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure près de vous et qu'il sera en vous. 18 Je ne vous laisserai pas orphelins, je viens vers vous. 19 Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez parce que moi je vis, et que, vous aussi, vous vivrez. 20 En ce jour-là, vous connaîtrez que moi, je suis en mon Père, vous en moi, et moi en vous. 21 Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime. Celui qui m'aime sera aimé de mon Père, moi aussi je l'aimerai et je me manifesterai à lui.22 Jude, non pas l'Iscariot, lui dit : Seigneur, comment se fait-il que tu doives te manifester à nous et non au monde ? 23 Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera ; nous viendrons vers lui et nous ferons notre demeure chez lui. 24 Celui qui ne m'aime pas, ne garde pas mes paroles. Et la parole que vous entendez n'est pas de moi, mais du Père qui m'a envoyé. 25 Je vous ai parlé de cela pendant que je demeure auprès de vous. 26 Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c'est lui qui vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que moi je vous ai dit.



Il n’y a pas de honte à avoir des états d’âme, il n’y a pas de honte non plus à éprouver le besoin de sentir une présence à ses côtés, il n’y a pas de honte à sentir un cœur d’enfant battre dans nos poitrines d’adultes. Il n’y a pas de honte non plus à savoir que nous sommes des hommes et des femmes faits de chairs et de sentiments. Les épreuves du temps nous ont appris à nous blinder et à nous protéger d’un masque que nous sauvegardons au mieux pour ne pas laisser transparaître la réalité secrète de notre personnalité. Derrière les murs de l’apparence, nous cultivons des jardins secrets où parfois nous nous sentons bien seuls.

Dieu se propose de nous visiter dans les jardins secrets de notre histoire personnelle. Il se propose par cette visite de produire en nous un effet bénéfique, de provoquer une sérénité nouvelle dont les effets sont inhabituels. «Je me tiens à ta porte et je frappe » dit le Seigneur et pour qu’il entre chez nous il a besoin qu’on lui ouvre la porte. C’est à cette démarche que, sur l’injonction de Jésus je vous propose ce matin. La porte ouverte, Dieu s’approche et nous offre les services de Consolation dont nous avons besoin.

Il n’est sans doute pas difficile d’ouvrir une porte dont on détient la clé, et pourtant à force de rester dans le secret, les mécanismes ont fini par se rouiller et la serrure s’est complètement bloquée tant il est difficile de s’ouvrir, même à Dieu, et surtout à Dieu dirai-je, tant nous redoutons son regard sévère et son jugement. Cinq siècles de Réforme ne nous ont toujours pas libérés de cet aspect redoutable dont les siècles antérieurs ont revêtu Dieu. Sa proximité fait encore peser sur nos consciences un sentiment de culpabilité dont nous avons du mal à nous sentir libérés.

Pour rétablir des chances de dialogue avec lui, Dieu se propose de faire une démarche nouvelle en notre faveur, il irradie vers nous un supplément de sa puissance divine qui nous est présentée ici comme le « Consolateur ». En lui, nous reconnaissons l’action du Saint Esprit que le texte de l’Évangile de Jean appelle le « Paraclet »

Nous avons déjà, bien entendu, repéré l’œuvre du Saint Esprit. C’est par son action, selon les Ecritures que Dieu est intervenu, à l’origine des temps pour créer le monde. Il est présenté comme la puissance créatrice de Dieu et il est sensé présider à la destinée du monde. Il a exploré l’immensité du cahot avant de l’organiser. Il a permis à Abraham de parler cœur à cœur avec Dieu. Il a parlé par les prophètes, il est descendu sur Marie et s’est posé sur la poitrine du Messie. Il est enfin venu sur les apôtres le jour de la Pentecôte. Il continue son action en provoquant le dynamisme de l’Église, il la rend active et missionnaire et la conforte dans sa fidélité. Nous le voyons ainsi à l’œuvre et bien souvent ça nous suffit. Mais pour Jésus, ça ne suffit pas, c’est pourquoi il attire ici notre attention. Il nous demande de considérer que le rôle du Saint Esprit ne s’arrête pas là. Il a pour mission d’établir un lien particulier entre Dieu et nous. Dans ce rôle là Jésus lui donne le titre de Consolateur, de « Paraclet ».

Le Paraclet, ou le Consolateur, c’est donc ce supplément d’Esprit que Dieu nous envoie pour nous convaincre de l’efficacité de I' œuvre de Jésus Christ en nous. C’est grâce à lui que nous croyons que Jésus Christ nous a réconciliés avec Dieu. Il nous a révélé l’immense amour de son Père pour chacun de nous et pour le monde aussi. Nous savons que par sa mort il a vaincu notre mort. Mais ces arguments intellectuels, s’ils sont nécessaires à notre compréhension des choses ne remplacent pas notre conviction intérieure. C’est pour accomplir cette fonction que le Seigneur envoie sur nous ce supplément de son Esprit. C’est par lui que tous les acquis de la foi en Christ deviennent certitude et nous transforment en profondeur.

Il nous faut donc être prêts à accueillir le « Consolateur » en nous. Il nous faut prendre le temps pour travailler sur nous même par la méditation et la prière. C’est ainsi qu’il aura la possibilité de pénétrer en nous et de faire sa demeure en nous. Naturellement, quelques uns parmi-vous vont considérer que je fais peu de cas de la grâce en évoquant cette nécessité de travailler sur nous et de faire des efforts sur nous-mêmes. Ils vont penser que je la renvoie au rayon des accessoires inutiles en préconisant d’une manière subtile le retour au salut par les œuvres.

Qu’on ne se méprenne pas. Le salut nous est acquis par grâce, nous n’y avons aucun mérite. Dieu, par une décision dont le secret n’appartient qu’à lui a décidé de ne pas tenir compte de nos péchés avoués ou pas et de nous ouvrir tout grands ses bras de Père. Cela n’est nullement remis en cause. Ce que je dis simplement, c’est que pour prendre conscience de cette grâce et de l’immense privilège qu’elle révèle et pour vivre pleinement du bonheur de se sentir sauvés, il faut accueillir ce supplément d’Esprit que Dieu nous donne.

Pour l’accueillir, il faut s’y préparer. Pour s’y préparer il faut en faire l’effort. Il faut d’abord désirer qu’il s’installe en nous pour participer à notre vie intérieure. Il se comporte alors comme un baume bienfaisant qui oriente toutes nos pensées pour qu’elles se mettent en harmonie avec celles du Père. C’est alors que les consolations que nous espérons pourront se produire. Un supplément de vie prendra alors place en nous pour alimenter nos désirs car nous avons besoin que nos frustrations soient prises en compte, qu’elles soient dépassées et qu’elles ne fassent plus frein à toutes nos entreprises.

Si on cherche l’étymologie du mot « Paraclet » que l’on traduit par « consolateur » mais aussi par défenseur ou avocat, nous découvrons en nous appuyant sur le mot hébreu qui le désigne qu’il vaudrait mieux traduire par « supplément de vie ». Vous avez sans doute remarqué que c’est sur ce sens particulier que je me suis appuyé tout au cours de mon propos. Si toutes les fois que vous lisez dans la Bible le mot « consoler », vous le remplacer par l’expression « donner un supplément de souffle » vous verrez alors quel dynamisme il y a dans ce mot.

Le supplément de souffle se comporte comme une bouffée d’oxygène que l’on fait respirer au malade pour le ranimer. Nous sommes des êtres en manque de souffle, et Dieu nous envoie gracieusement et généreusement ce souffle qui vient de lui. Il nous appartient maintenant d’utiliser ce supplément d’énergie pour surmonter ce qui entrave nos désirs, c’est ainsi que nous verrons se cicatriser nos plaies intérieures. Ce supplément d’énergie nous permet de sublimer nos frustrations et de nous projeter sereinement dans l’avenir.

Je crois qu’aujourd’hui en 2016 nous ne prenons pas assez de temps de nous laisser habiter par ce supplément d’esprit. Nous sommes avides de connaissances, nous prenons du temps pour nous cultiver, ou pour nous divertir, mais nous ne prenons pas assez de temps pour reprendre souffle comme le coureur sur le bord de la piste. Nous ne prenons pas le temps de descendre en nous-mêmes pour y saluer Dieu qui habite déjà en nous et qui nous attend patiemment. C’est alors que nous pourrons lui dire notre amour et nos inquiétudes. Nous devons nous ouvrir sans crainte à notre Dieu et il fera le reste. C’est en agissant ainsi que nous faciliterons l’accès en nous au Saint esprit. Prenez le temps de vous laisser bercer et cajoler par votre Dieu qui ne demande que cela. En acceptant cela vous découvrirez qu’il vous en donne encore bien davantage.