samedi 8 août 2020

Matthieu 14/22-33 Jésus marche sur l'eau dimanche 9 août 2020

Matthieu 14/22-33                

 Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C’est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris. Mais aussitôt Jésus leur parla :        « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » Jésus lui dit : « Viens ! »
Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant qu’il y avait du vent, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu!» 

 

Sermon

 

On pourrait bien imaginer que L’image des disciples, confortablement assis sur  le bateau représente notre propre existence.

La barque avance vers une terre inconnue. (Je vous rappelle que le récit se déroule de l’autre côté du lac en terre païenne, un lieu hostile où tous les risques sont à craindre.)

Comme les disciples nous avançons, sans protection particulière, vers la rive où notre vie achèvera son parcours. C’est cette pensée fugace qui vient traverser mon esprit en écoutant ce récit. Elle évoque pour moi l’histoire d’une vie banale, la mienne, la vôtre,  celle d’une vie sans sécurité particulière.

Nous quittons donc par la pensée le lac de Génésareth  pour nous intéresser à notre propre existence. C’est un jour comme tous les jours qui commence au lever du soleil et nous nous préparons à vivre l’aventure quotidienne de note existence.

Notre regard se porte vers la rive où notre voyage trouvera son terme. Dans la lumière du jour qui se lève, le bord du lac se confond avec la rive et laisse apparaître une plage de sable humide qui reflète les formes encore floues du paysage qui la borde.

Un inconnu y marche. Sa silhouette se reflète sur le  sable mouillé et nous donne l’illusion qu’il marche sur l’eau dans la brume de l’aube naissante.

 

A partir de cette image, il nous est possible de réfléchir au cours que peut prendre notre propre vie en faisant nôtre, l’aventure des apôtres sur leur barque.

Cet homme qui semble marcher sur l’eau est bien entendu Jésus Christ qui se tient sur la rive de notre vie pour déterminer le sens de notre existence.

Sans distinguer clairement les contours de sa personne, sans même le voir distinctement, nous savons qu’il est là pour dominer les dangers qui nous guettent sous les flots, où selon la tradition, les esprits mauvais font leur demeure.

Cette image prend corps dans notre pensée, elle actualise les promesses que la foi en Dieu a déjà inscrites comme une réalité en nous.

Sans qu’on le veuille, Dieu marche sur les franges de notre vie sans que nous sachions vraiment le voir, mais il s’inscrit en notre vie comme une certitude dont nous avons besoin et il s’offre à nous dans un tête-à-tête personnel.

 

A l’origine de ce récit, il y a sans doute une  histoire semblable à celle que je viens d’évoquer et que l’auteur  de l’Evangile quelque trente ans après aurait embellie pour évoquer une vérité de l’Evangile selon laquelle Jésus  dominerait les démons  qui nous agitent quel que soit leur nom : colère, jalousie, esprit de vengeance ou de domination, cupidité, avidité,  qui ne cesseraient de nous habiter  et qui selon la légende seraient inspirés par un esprit dominateur qui ferait sa demeure  dans les eaux de la mer, pour nuire à notre vie.  

Cette aventure a accrédité pour les disciples qui naviguent, la certitude que Jésus a été envoyé par le Père pour venir vers eux, pour dominer leurs angoisses et leur donner le désir de devenir toujours meilleurs.  

Ils ont alors compris, qu’avant même d’avoir pris conscience de leur propre existence, Dieu avait déjà pris sa place  en eux et avait entrepris de  parachever sa création pour rendre notre vie utile.

C’est ce que nous voudrions croire  et c’est ce que nous suggère ce texte où nous découvrons que c’est Dieu qui vient  vers nous pour susciter en nous le désir d’agir  conformément à sa volonté.

 

Mais une question lancinante nous obsède et  vient  jeter le doute en notre esprit. Qu’est ce qui nous permet de dire que Dieu agit en nous de la sorte ? Que c’est lui qui vient vers nous et , qu’est ce qui nous pousse à croire en lui. 

Il est en effet de bon ton aujourd’hui d’afficher notre  suffisance et de nous comporter comme si Dieu n’opérait aucune action sur nous. Il est fréquent qu’on entende nos contemporains dire qu’ils ne croient  pas en Dieu puisque les religions qui parlent de lui s’appuient sur des légendes et ne démontrent rien.

Pour beaucoup d’entre nous, aujourd’hui l’homme qui pense est supérieur à l’homme qui croit.

Quiconque s’autorise aujourd’hui à parler dans les média prétend la plupart du temps qu’il ne croit pas en Dieu. Il s’octroie ainsi le privilège de décider de l’existence de Dieu et il en crée le principe pour mieux le nier.

 

Nous nous comportons comme si il était dans la nature humaine de décider de l’existence ou de la non-existence d’une instance supérieure  à nous, en fonction de critères que nous nous nous attribuons. C’est comme si le pouvoir créateur nos appartenait de  décider de l’existence de Dieu.

En fait ce texte nous propose une autre approche et nous suggère le contraire de ce que nous venons de dire sur l’existence ou la  non existence de Dieu. Ici, c’est Dieu qui vient vers nous et c’est lui qui s’impose à notre conscience.

Il nous est donc suggéré, non pas de dire ou de nier son existence mais de chercher la trace de sa présence en nous et d’orienter notre vie en fonction des empreintes qu’il aurait laissées lors de ses passages et qu’il s’agit maintenant pour nous de repérer.

 Il me paraît impossible  de penser que nous serions à ce point renfermés sur nous-mêmes et engoncés dans des idées arrêtées sur Dieu pour ne pas repérer les traces de sa présence et de son passage en nous. Cela nous demande sans doute de faire un effort sur nous-mêmes pour trouver des traces qui après réflexion deviennent évidentes.

 

Il est évident qu’il y a dans la vie de chacun de nous des moments de flou ou d’imprécision qui ont gardé l’empreinte de Dieu. Ils seraient à l’image de ce marcheur dans la brume du matin dont la silhouette changeante se reflète dans le sable humide  de la plage et donne l’illusion qu’il marche sur l’eau.

Qui n’a pas traversé dans sa vie des moments que nous qualifierions de miraculeux et derrière lequel le visage de Dieu apparaîtrait dans le flou. Il est des moments où Dieu parait venir vers nous. Au travers des hasards de notre histoire sans démontrer quoi que ce soit. Il vient seulement !

Il peut s’agir d’une parole prononcée au bon moment par quelqu’un que l’on côtoie, ou d’un geste qui nous sécurise dans notre angoisse ou tout autre signe apparemment sans importance. A nous de le reconnaître.

C’est en regardant les différentes étapes de notre vie  que nous voyons ces moments où Dieu a cherché à se faire connaître et où nous ne l’avons pas connu parce que nous ne nous sommes pas donné la peine de le faire.

 

Quand Dieu vient vers nous, il met aussi en nous les éléments nécessaires pour le reconnaître, mais il nous demande d’en faire l’effort.

En fait si nous pensons   être capables par nous-mêmes de décider de l’existence ou de la non-existence de Dieu,  nous passons à côté de Dieu sans le voir, car en réalité, ça se passe autrement. C’est lui qui décide   de nous rencontrer et c’est nous qui faisons obstacle à cette rencontre à cause d’un principe selon lequel  l’homme se reconnaît  à lui seul  la faculté d’en décider.

Ce principe de la présence de Dieu dans les moments inattendus de notre voyage en barque sur le lac, est le seul qui puisse nous faire vivre et mettre de l’espérance en nous.

Nous avons encore une demande à formuler : celle d’inviter le marcheur solitaire à monter dans notre barque pour qu’il nous parle de Dieu et nous aide à construire notre vie avec lui. Le marcheur du Lac était bien Jésus Christ, celui qui se présente comme l’ami et le maître des hommes embarqués. Transformé par la brume du matin il avait déjà pris forme de Dieu et  c’est pour leur parler de  Dieu qu’il monte dans l’embarcation et guider leur vie vers lui.

 

 

jeudi 9 juillet 2020

Matthieu 13/1-23 parabole du semeur dimanche 12 juillet


Matthieu 13/1-23

01 Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer.
02 Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.
03 Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer.
04 Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.
05 D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde.
06 Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.
07 D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.
08 D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
09 Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
10 Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
11 Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là.
12 À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a.
13 Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
15 Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.
16 Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !
17 Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.
18 Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
19 Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
20 Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ;
21 mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt.
22 Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.
23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »





Matthieu 13/1/23

Quand Jésus raconte une parabole, il ne donne pas la clé de l’énigme. Il nous fait cependant confiance pour laisser se taire en nous nos spontanéités et pour laisser nos voix intérieures s’accorder avec ce qu’il veut nous faire comprendre. 

Ainsi nous ne sommes pas dispensés par lui de faire  des efforts pour nous mettre à son écoute. Il ne nous faut pas hésiter au cours de notre méditation à rejeter  nos premières intuitions pour en accepter d’autres qui seraient plus en accord avec ce que son Esprit nous inspire.

 Jésus laisse entende que nous ne sommes pas toujours capables  de comprendre vraiment  ce qu’il a à dire, il sait cependant que son message est suffisamment révolutionnaire pour que nous ne puissions pas l’accepter du premier coup.

Il faudra que  nous y revenions à plusieurs reprises pour le comprendre plus à fond. C’est ce qui va se passer avec cette parabole

En fait, dans chaque parabole Jésus nous alloue un rôle, sans vraiment nous dire dans lequel  nous devons nous retrouver. Il se peut aussi que nous nous retrouvions dans la peau de plusieurs personnages à la fois ou que nous ne comprenions pas vraiment tout de suite quel rôle nous sommes censés tenir. Il se peut aussi que nous ne sachions pas nous reconnaître dans  ce rôle.

Dans cette histoire à quelle place devrait se situer l’interlocuteur de Jésus ? doit-il  se situer dans le rôle du semeur ? Dans celui de la terre ou dans une autre fonction encore ? Nous devrons cependant faire un choix. On cherche aussi quel rôle joue Dieu ? Mais même ce rôle  n’est pas évident. On a l’impression quelque fois qu’il ne joue aucun rôle du tout ou qu’aucun rôle ne lui convient.

A première lecture,  j’ai bien l’impression que dans cette parabole, je n’ai  pas moi-même ma place. Je n’ai pas davantage l’impression que Dieu y joue un rôle bien précis, si non celui de la nature dont la fonction est  de faire pousser les graines en leur temps.

Ici Jésus nous offre une carte postale représentant la campagne palestinienne à l’époque des semailles d’automne. Nous avons la description d’un champ dévasté par la sécheresse de l’été dont les bords se confondent  avec la pierraille du chemin où seules les broussailles poussent à leur aise.

On peut évidemment extrapoler en imaginant qu’il peut représenter notre monde actuel où les terres riches et fécondes côtoient les terres arides et les savanes  incultes. Immédiatement nous sautent aux yeux le sort des populations qui les habitent et  nous repérons les injustices provoquées par les inégalités inhérentes  aux différents  sols.
Ces terres injustement distribuées seraient-elle une image de la création que Jésus nous proposerait ? Dans ce cas il faudrait mettre  Dieu en accusation pour n’avoir pas créé un monde  équilibré où tous pourraient vivre en de la même égalité.

Les hommes qui malmènent la nature, qui déforestent pour créer des pâturages ou des plantations de palmiers à huile et de soja pour nourrir le bétail et donner de meilleurs rendements aux terres agricoles trouveraient-ils leur justification face aux accusations des écologistes ? 

Cette interprétation qui qui met en cause la création ne semble pas cependant devoir servir de support à une interprétation de la parabole.  Si la création n’est pas mise en cause, serait-ce que Dieu lui-même serait le  semeur  qui rend la terre féconde avec  générosité?

En effet, le semeur ne prodigue pas sa semence, il se rit de la sècheresse, il fait fi des broussailles, il ignore la mauvaise terre, tout lieu a  droit à sa générosité. Mais quel sens aurait cette parabole si on doit voir Dieu dans ce semeur qui prodiguerait  sa semence  sans tenir compte de la pauvreté  des paysans locaux en leur proposant un mode  d’exploitation qui contribuerait à les appauvrir en dilapidant de la semence si dure à acquérir.  Ils ont sans doute recours à ce procédé à contre cœur, mais il  les appauvrir  plus qu’il ne  les enrichit ? Dans ce cas, Dieu  jouerait un mauvais rôle. Ce ne peut donc être lui.

En fait si Jésus se sert de leur propre vie de paysans pour illustrer cette parabole c’est parce qu’ils sont concernés par son message.

C’est le texte lui-même qui nous donne une clé pour comprendre. Si on est fidèle à la rigueur du texte grec, il est dit dans les premiers versets que Jésus sortit de la maison  et qu’il alla s’assoir pour enseigner. Et dans son récit il raconte qu’un homme sortit pour semer. L’homme qui sème semble devoir être Jésus lui-même puisqu’il fait les mêmes gestes. La semence serait alors la parole de Dieu et ceux qui écoutent seraient la terre ( Adama en hébreux, le même radical que Adam, l’homme)

C’est la terre, quelle qu’elle soit, dans son état brut, qui reçoit la semence. Pour l’instant qu’elle soit bonne ou mauvaise elle n’a rien à voir avec l’écologie ni la création. Mais cette terre a capacité  de réagir, elle a la possibilité d’accueillir la graine et de réagir selon sa nature.

La pointe du texte ne  serait-elle pas de nous dire que quel qu’il soit l’homme, il a capacité de réagir en fonction de  ce qu’il reçoit de Dieu. Il nous est suggéré que tout un chacun qui reçoit la parole de Dieu a capacité de réagir et de rendre compte de ce qu’il reçoit. Ne pourrait-on pas lire cette parabole de Jésus comme une invitation à améliorer le milieu où nous sommes sous l’injonction de Dieu quand il nous visite. 

Ne pourrait-on pas lire  cette parabole, en tenant compte des moments que nous vivons comme  une possibilité qui nous est donnée d’améliorer la création, quand nous y sommes confrontés.

Il s’agirait  de l’améliorer et de la faire valoir, pour qu’elle devienne l’expression de la volonté de Dieu  en tous les lieux où les hommes reçoivent vocation de la féconder.

Nous serions donc partenaires de la nature pour qu’elle devienne porteuse d’espérance, pour qu’ensemble, hommes et création agissent  pour le mieux-être de l’un et de l’autre.

L’homme habité par la parole de Dieu devient habitant de la création pour qu’elle accomplisse sa vocation au service du projet que Dieu a pour elle. La création encore inachevée serait donc en attente de la perfection que Dieu lui destine sous la conduite de l’homme quand il est rempli  de l’esprit de Dieu.

Si donc le semeur est Jésus, on comprend qu’il ne ménage ni sa peine ni sa semence. Il répand sa graine sans  s’interroger, sur le lieu où elle tombe, par contre, plus précautionneux, sommes-nous. Nous serions comme le semeur palestinien  qui va certainement chercher à économiser, malgré tout sa semence, même s’il ne maitrise pas le lieu elle tombe.

Il fera attention à ce qu’elle ne tombe pas trop sur le chemin ou dans les ronces, même si c’est difficile de les distinguer les uns des autres. 

Nous agissons, comme cela en étant économes de notre semence, nous concentrons notre attention sur  la terre qui est digne de mobiliser nos soins alors Jésus ne le fait pas.
Nous chercherions à savoir vers qui  Dieu nous envoie et qui justifieraient les soins que nous lui apporterions. Nous croyons pouvoir séparer la bonne terre de la mauvaise terre et rejeter celle qui portera  des broussailles.

Sans nous en rendre compte, nous nous basons sur des critères personnels pour déterminer notre action. C’est à notre manière personnelle de penser,  que nous décidons nous-mêmes de notre action.  Jésus n’ose pas user de  cette prudence.

Si nous jugeons qu’une terre n’est pas  digne que nous y jetions notre semence, qui le fera ?

Il est suggéré ici, que si nous endossons le  rôle du semeur, à l’image de Jésus, nous devons prendre  soin de toute terre qui nous est offerte et, ce qui n’est pas dit dans le texte, c’est grâce à nous  qu’elle en tirera avantage.
Matthieu 13/1-23

01 Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer.
02 Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.
03 Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer.
04 Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.
05 D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde.
06 Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.
07 D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.
08 D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
09 Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
10 Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
11 Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là.
12 À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a.
13 Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
15 Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.
16 Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !
17 Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.
18 Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
19 Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
20 Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ;
21 mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt.
22 Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.
23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »


Matthieu 13/1/23
Quand Jésus raconte une parabole, il ne donne pas la clé de l’énigme. Il nous fait cependant confiance pour laisser se taire en nous nos spontanéités et pour laisser nos voix intérieures s’accorder avec ce qu’il veut nous faire comprendre. 
Ainsi nous ne sommes pas dispensés par lui de faire  des efforts pour nous mettre à son écoute. Il ne nous faut pas hésiter au cours de notre méditation à rejeter  nos premières intuitions pour en accepter d’autres qui seraient plus en accord avec ce que son Esprit nous inspire.
 Jésus laisse entende que nous ne sommes pas toujours capables  de comprendre vraiment  ce qu’il a à dire, il sait cependant que son message est suffisamment révolutionnaire pour que nous ne puissions pas l’accepter du premier coup.
Il faudra que  nous y revenions à plusieurs reprises pour le comprendre plus à fond. C’est ce qui va se passer avec cette parabole
En fait, dans chaque parabole Jésus nous alloue un rôle, sans vraiment nous dire dans lequel  nous devons nous retrouver. Il se peut aussi que nous nous retrouvions dans la peau de plusieurs personnages à la fois ou que nous ne comprenions pas vraiment tout de suite quel rôle nous sommes censés tenir. Il se peut aussi que nous ne sachions pas nous reconnaître dans  ce rôle.
Dans cette histoire à quelle place devrait se situer l’interlocuteur de Jésus ? doit-il  se situer dans le rôle du semeur ? Dans celui de la terre ou dans une autre fonction encore ? Nous devrons cependant faire un choix. On cherche aussi quel rôle joue Dieu ? Mais même ce rôle  n’est pas évident. On a l’impression quelque fois qu’il ne joue aucun rôle du tout ou qu’aucun rôle ne lui convient.
A première lecture,  j’ai bien l’impression que dans cette parabole, je n’ai  pas moi-même ma place. Je n’ai pas davantage l’impression que Dieu y joue un rôle bien précis, si non celui de la nature dont la fonction est  de faire pousser les graines en leur temps.
Ici Jésus nous offre une carte postale représentant la campagne palestinienne à l’époque des semailles d’automne. Nous avons la description d’un champ dévasté par la sécheresse de l’été dont les bords se confondent  avec la pierraille du chemin où seules les broussailles poussent à leur aise.
On peut évidemment extrapoler en imaginant qu’il peut représenter notre monde actuel où les terres riches et fécondes côtoient les terres arides et les savanes  incultes. Immédiatement nous sautent aux yeux le sort des populations qui les habitent et  nous repérons les injustices provoquées par les inégalités inhérentes  aux différents  sols.
Ces terres injustement distribuées seraient-elle une image de la création que Jésus nous proposerait ? Dans ce cas il faudrait mettre  Dieu en accusation pour n’avoir pas créé un monde  équilibré où tous pourraient vivre en de la même égalité.
Les hommes qui malmènent la nature, qui déforestent pour créer des pâturages ou des plantations de palmiers à huile et de soja pour nourrir le bétail et donner de meilleurs rendements aux terres agricoles trouveraient-ils leur justification face aux accusations des écologistes ? 
Cette interprétation qui qui met en cause la création ne semble pas cependant devoir servir de support à une interprétation de la parabole.  Si la création n’est pas mise en cause, serait-ce que Dieu lui-même serait le  semeur  qui rend la terre féconde avec  générosité?
En effet, le semeur ne prodigue pas sa semence, il se rit de la sècheresse, il fait fi des broussailles, il ignore la mauvaise terre, tout lieu a  droit à sa générosité. Mais quel sens aurait cette parabole si on doit voir Dieu dans ce semeur qui prodiguerait  sa semence  sans tenir compte de la pauvreté  des paysans locaux en leur proposant un mode  d’exploitation qui contribuerait à les appauvrir en dilapidant de la semence si dure à acquérir.  Ils ont sans doute recours à ce procédé à contre cœur, mais il  les appauvrir  plus qu’il ne  les enrichit ? Dans ce cas, Dieu  jouerait un mauvais rôle. Ce ne peut donc être lui.
En fait si Jésus se sert de leur propre vie de paysans pour illustrer cette parabole c’est parce qu’ils sont concernés par son message.
C’est le texte lui-même qui nous donne une clé pour comprendre. Si on est fidèle à la rigueur du texte grec, il est dit dans les premiers versets que Jésus sortit de la maison  et qu’il alla s’assoir pour enseigner. Et dans son récit il raconte qu’un homme sortit pour semer. L’homme qui sème semble devoir être Jésus lui-même puisqu’il fait les mêmes gestes. La semence serait alors la parole de Dieu et ceux qui écoutent seraient la terre ( Adama en hébreux, le même radical que Adam, l’homme)
C’est la terre, quelle qu’elle soit, dans son état brut, qui reçoit la semence. Pour l’instant qu’elle soit bonne ou mauvaise elle n’a rien à voir avec l’écologie ni la création. Mais cette terre a capacité  de réagir, elle a la possibilité d’accueillir la graine et de réagir selon sa nature.
La pointe du texte ne  serait-elle pas de nous dire que quel qu’il soit l’homme, il a capacité de réagir en fonction de  ce qu’il reçoit de Dieu. Il nous est suggéré que tout un chacun qui reçoit la parole de Dieu a capacité de réagir et de rendre compte de ce qu’il reçoit. Ne pourrait-on pas lire cette parabole de Jésus comme une invitation à améliorer le milieu où nous sommes sous l’injonction de Dieu quand il nous visite. 
Ne pourrait-on pas lire  cette parabole, en tenant compte des moments que nous vivons comme  une possibilité qui nous est donnée d’améliorer la création, quand nous y sommes confrontés.
Il s’agirait  de l’améliorer et de la faire valoir, pour qu’elle devienne l’expression de la volonté de Dieu  en tous les lieux où les hommes reçoivent vocation de la féconder.
Nous serions donc partenaires de la nature pour qu’elle devienne porteuse d’espérance, pour qu’ensemble, hommes et création agissent  pour le mieux-être de l’un et de l’autre.
L’homme habité par la parole de Dieu devient habitant de la création pour qu’elle accomplisse sa vocation au service du projet que Dieu a pour elle. La création encore inachevée serait donc en attente de la perfection que Dieu lui destine sous la conduite de l’homme quand il est rempli  de l’esprit de Dieu.
Si donc le semeur est Jésus, on comprend qu’il ne ménage ni sa peine ni sa semence. Il répand sa graine sans  s’interroger, sur le lieu où elle tombe, par contre, plus précautionneux, sommes-nous. Nous serions comme le semeur palestinien  qui va certainement chercher à économiser, malgré tout sa semence, même s’il ne maitrise pas le lieu elle tombe.
Il fera attention à ce qu’elle ne tombe pas trop sur le chemin ou dans les ronces, même si c’est difficile de les distinguer les uns des autres. 
Nous agissons, comme cela en étant économes de notre semence, nous concentrons notre attention sur  la terre qui est digne de mobiliser nos soins alors Jésus ne le fait pas.
Nous chercherions à savoir vers qui  Dieu nous envoie et qui justifieraient les soins que nous lui apporterions. Nous croyons pouvoir séparer la bonne terre de la mauvaise terre et rejeter celle qui portera  des broussailles.
Sans nous en rendre compte, nous nous basons sur des critères personnels pour déterminer notre action. C’est à notre manière personnelle de penser,  que nous décidons nous-mêmes de notre action.  Jésus n’ose pas user de  cette prudence.
Si nous jugeons qu’une terre n’est pas  digne que nous y jetions notre semence, qui le fera ?
Il est suggéré ici, que si nous endossons le  rôle du semeur, à l’image de Jésus, nous devons prendre  soin de toute terre qui nous est offerte et, ce qui n’est pas dit dans le texte, c’est grâce à nous  qu’elle en tirera avantage.

La création dans laquelle nous vivons et agissons est comme ce champ de Galilée. L’homme  qui le travaille a vocation de le prendre en charge dans sa totalité le champ. Se pose alors à nous le problème  du rôle  que nous confie Dieu quand nous nous investissons en son nom  dans le champ de sa création. 

La création dans laquelle nous vivons et agissons est comme ce champ de Galilée. L’homme  qui le travaille a vocation de le prendre en charge dans sa totalité le champ. Se pose alors à nous le problème  du rôle  que nous confie Dieu quand nous nous investissons en son nom  dans le champ de sa création.

vendredi 26 juin 2020

Matthieu 10/37-42 Qui est Dieu ? dimanche 28 juin 20




Matthieu 10/37-42

La Parole de Dieu


En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres :
    « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi
n’est pas digne de moi ;
celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n’est pas digne de moi ;
    celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas
n’est pas digne de moi.
    Qui a trouvé sa vie  la perdra ;
qui a perdu sa vie à cause de moi
la gardera.
    Qui vous accueille
m’accueille ;
et qui m’accueille
accueille celui qui m’a envoyé.
    Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète
recevra une récompense de prophète ;
qui accueille un homme juste en sa qualité de juste
recevra une récompense de juste.
    Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
à l’un de ces petits en sa qualité de disciple,
amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »



Sermon



Celui qui entend ces propos de Jésus pour la première fois  risque de trouver  fortement  déstabilisé.

Jésus parle de notre relation  avec lui et aux autres d’une manière bien étrange. 

Quelle image de Dieu se profile-telle derrière de tels propos ?

C’est  à partir de cette question que je vous propose de nous interroger sur notre propre relation avec Dieu en fonction de ce que nous savons de Jésus.



Habituellement nous voyons Dieu comme le « Tout puissant », de qui procèdent toutes les réalités.

Il nous apparait parfois comme un être lointain qui cache sa majesté derrière les merveilles de la nature telle une nuit étoilée en plein été ou le spectacle fantastique d’une aurore boréale ou d’une tempête  qui secoue les vagues spectaculaires.

L’approche du monde des insectes d’autre part nous laisse pantois. Nous ne nous lassons pas d’admirer comment la chenille s’emprisonne dans une chrysalide pour devenir ce papillon qui nous émerveille.



Nous pensons que toutes ces choses étranges  ont Dieu pour auteur et ont été engeancées par des calculs tels qu’aucun ordinateur n’aurait pu les réaliser. «  O ! Dieu que ton nom est grand sur toute la terre ! » Pensons- nous  dans notre fort intérieur en paraphrasant le psaume 8 »



Quand nous songeons à l’humanité et aux prodiges d’intelligence qui sont les siens, nous nous extasions devant les possibilités créatrices de Dieu et nous admirons les capacités prodigieuses qu’il a dissimulées dans le cerveau humain  : «  Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui et le fils de l’homme pour que tu  prennes garde à lui » continuons-nous dans notre paraphrase des Ecritures.

 Avec Job nous nous émerveillons et nous nous humilions devant tant de grandeur et nous pensons que seul celui qui croit en Dieu peut  trouver du sens et de la cohérence dans tout cela.  Mais ce Dieu si grand et si merveilleux  reste  inaccessible à notre pensée. Comment le rejoindre  et devenir son ami ?



Depuis toujours on a aussi  considéré que ce grand Dieu pouvait être redoutable et qu’il devenait exigent quand il  se rapprochait de nous.  Comment pourrait-il rester sans réaction devant  le mésusage que nous faisons des capacités qu’il a dissimulées en nous ?



Etant lui-même parfait il ne devrait pas supporter notre imperfection qui mettrait en cause sa  perfection.

Il serait donc enclin à nous punir  à cause de  notre lenteur à pouvoir  analyser nos comportements et à chercher à  nous améliorer.

Il voudrait que nous nous repentions sans restriction des fautes commises, même si nous n’en avons pas conscience. Nous pensons  ainsi à chaque moment encourir son courroux qui  pourrait  nous amener  au jugement et à  la mort.



Bien que fragiles et conscients de nos faiblesses, nous cherchons cependant à gagner le droit d’exister devant Dieu.

La société religieuse du temps de Jésus était judicieusement organisée pour permettre aux hommes de retrouver dans cet univers  un chemin acceptable qui les ramènerait à Dieu.

Tout  y était réglé pour que  les humains s’accordent harmonieusement avec leur Dieu.

Grâce au ministère  des prêtres qui pratiquaient les sacrifices pour  réconcilier les hommes avec Dieu et grâce  aux célébrations rituelles  des fêtes qui qui s’égrenaient au cours des années  pour rester en harmonie avec toute la création, les choses pouvaient entrer dans l’ordre.



Malgré ce système  savamment policé,  mais terriblement contraignant Jésus s’est proposé de construire une autre société, plus acceptable  sans être vraiment différente de la précédente.

En supprimant  le rite des sacrifices  du temple, en oubliant une partie des exigences de la Loi, il a instauré une manière moins contraignante pour conserver l’harmonie avec  Dieu.

Mais   cela changeait-il les choses en profondeur ?

En fait c’est notre relation par rapport à Dieu que Jésus  se proposait de changer  radicalement et c’est le visage de Dieu lui-même qui en devenait  différent.



Jésus présentait Dieu sous un autre  jour que celui ce que nous avons l’habitude d’imaginer. 

C’est d’abord de nos peurs face à la vie que Jésus se chargeait de nous libérer.

Il  présentait dieu comme un Père et un libérateur.

C’est pourquoi Jésus s’acharnait à combattre contre toutes les craintes qui nous pourrissent la vie pour installer l’espérance tout au fond de notre âme.

C’est ainsi que l’esprit de Dieu pouvait prendre place en nous afin de nous donner assez d’énergie pour faire face à la vie. 



Tout cela n’était cependant  pas vraiment nouveau, Car c’était déjà contenu dans les Ecritures dont les prophètes  avaient rendu témoignage au cours des siècles.

Ce qui était nouveau, c’était les priorités que Jésus mettait dans nos rapports avec Dieu.

A la place de la soumission, c’était l’amour qu’il mettait en premier, comme  élément nécessaire dans la relation de vie entre Dieu et les hommes et entre les hommes entre eux.



C’est ainsi qu’à titre prophétique, un jour dans le parvis du temple il a  chassé les animaux destinés  aux sacrifices qui  dénaturaient  les vrais enjeux qui se jouaient dans le sanctuaire. 

Il donnait priorité absolue à la vie en commençant par celle des animaux.

Jésus insistait sur la notion d’amour, comme on vient de le dire,  pour  être perçu comme l’élément essentiel des attributs de Dieu.

Sa justice et  sa toute-puissance passaient après. C’est ainsi, pour qu’une femme coupable d’un péché passible de mort puisse vivre quand même,  il l’a accueillie de telle façon que ses adversaires qui voulaient la punir  en  ont oublié leurs instincts meurtriers en se sentant eux même impliqués par leur  propre attitude.



Si donc Dieu est pourvoyeur de vie, il ne  peut être associé à ce qui  pourrait mener à la mort, pas même à ce qui pourrait être perçu comme un juste jugement.  Nul alors ne pourra trouver en Dieu la justification à la haine qu’il éprouve pour les autres ni se justifier des violences  qu’il exerce contre ses semblables.

Il ne pourra  pas non plus contraindre Dieu à endosser la responsabilité des maladies, ni des catastrophes.  Si les hommes veulent en savoir plus sur l’origine des dangers qui les menacent, qu’ils laissent le saint Esprit visiter leur merveilleuse intelligence, peut-être alors verront-ils le monde autrement et du coup, ils verront Dieu autrement.



Ainsi, sous l’impulsion de Jésus, Dieu nous apparait-il  autrement  que de  la manière dont on le conçoit habituellement.

De ce constat va naître un énorme malentendu, car cette manière de voir les choses ne va pas plaire à tout le monde.

Ceux qui  se trouvent dans des positions privilégiées et qui pensent que Dieu les conforte dans leur  situation sont dans l’erreur.

C’est ainsi que Jésus écartera de  lui un jeune homme plein de bonne volonté qui n’avait pas compris que ses richesses n’étaient pas un don que Dieu lui avait réservé et que s’il voulait rester en accord avec lui, il devait se faire justice à lui-même  et partager ses richesses avec plus défavorisés que lui.



Quand on s’attaque aux privilégiés et que l’on pense que Dieu ne trouve pas sa place dans leur camp, on s’attire forcément des inimitiés.

Plus ils seront puissants, plus ils feront du mal à ceux qui  les contestent.

Tel fut le sort de Jésus et lucidement Jésus a laissé entendre que ce serait aussi le sort de ceux qui partageront ses idées sur Dieu.

S’élèveront alors des dissensions et la paix espérée prendra des formes de guerre. 



Dans une telle perspective et malgré les divisions qu’il suscite dans les rangs de ses adversaires, mais aussi dans les rangs de ses amis, voire même de sa future Eglise, Jésus entrevoyait déjà ce moment où sa conception  de Dieu serait de plus en plus partagée par les humains, où les croyants, malgré les obstacles susciteraient des adhésions à des projets de partage et où le monde, gagné à la sagesse de Jésus se transformerait. Tel est le Royaume dont il parlait, telle est l’espérance dont il accompagnait ses propos, telle est la perspective d’avenir dans laquelle il nous engage à entrer.











C’est ainsi qu’à titre prophétique, un jour dans le parvis du temple il a  chassé les animaux destinés  aux sacrifices qui  dénaturaient  les vrais enjeux qui se jouaient dans le sanctuaire.  Il donnait priorité absolue à la vie en commençant par celle des animaux. Jésus insistait sur la notion d’amour, comme on vient de le dire,  pour  être perçu comme l’élément essentiel des attributs de Dieu. Sa justice et  sa toute-puissance passaient après. C’est ainsi, pour qu’une femme coupable d’un péché passible de mort puisse vivre quand même,  qu’il l’a accueillie de telle façon que ses adversaires qui voulaient la punir  en  ont oublié leurs instincts meurtriers en se sentant eux même impliqués par leur  propre attitude.



Si donc Dieu est pourvoyeur de vie, il ne  peut être associé à ce qui  pourrait mener à la mort, pas même à ce qui pourrait être perçu comme un juste jugement.  Nul alors ne pourra trouver en Dieu la justification à la haine qu’il éprouve pour les autres ni se justifier des violences  qu’il exerce contre ses semblables. Il ne pourra  pas non plus contraindre Dieu à endosser la responsabilité des maladies, ni des catastrophes.  Si les hommes veulent en savoir plus sur l’origine des dangers qui les menacent, qu’ils laissent le saint Esprit visiter leur merveilleuse intelligence, peut-être alors verront-ils le monde autrement et du coup, ils verront Dieu autrement.



Ainsi, sous l’impulsion de Jésus, Dieu nous apparait-il  autrement  que de  la manière dont on le conçoit habituellement. De ce constat va naître un énorme malentendu, car cette manière de voir les choses ne va pas plaire à tout le monde. Ceux qui  se trouvent dans des positions privilégiées et qui pensent que Dieu les conforte dans leur  situation sont dans l’erreur. C’est ainsi que Jésus écartera de  lui un jeune homme plein de bonne volonté qui n’avait pas compris que ses richesses n’étaient pas un don que Dieu lui avait réservé et que s’il voulait rester en accord avec lui, il devait se faire justice à lui-même  et partager ses richesses avec plus défavorisés que lui.



Quand on s’attaque aux privilégiés et que l’on dit que Dieu ne trouve pas sa place dans leur camp, on s’attire forcément des inimitiés. Plus ils seront puissants, plus ils feront du mal à ceux qui  les contestent. Tel fut le sort de Jésus et lucidement Jésus a laissé entendre que ce sera aussi le sort de ceux qui partageront ses idées sur Dieu. S’élèveront alors des dissensions et la paix espérée prendra des formes de guerre.  Il n’y aura plus de place dans le monde pour ceux qui préconisent une autre manière de voir Dieu que celle qui consiste à diviser le monde en mettant d’un côté les bien méritants, les bien nés, les bien convertis et en mettant de l’autre ceux qui ne sont pas de cette catégorie.



Dans une telle perspective et malgré les divisions qu’il suscite dans les rangs de ses adversaires, mais aussi dans les rangs de ses amis, voire même de sa future Eglise, Jésus entrevoyait déjà ce moment où sa conception  de Dieu serait de plus en plus partagée par les humains, où les croyants, malgré les obstacles susciteraient des adhésions à des projets de partage et où le monde, gagné à la sagesse de Jésus se transformerait. Tel est le Royaume dont il parlait, telle est l’espérance dont il accompagnait ses propos, telle est la perspective d’avenir dans laquelle il nous engage à entrer.