jeudi 17 juillet 2014

Matthieu 15:21-28 la femme cannanéenne dimanche 17 août 2014



Matthieu /15/21-28 La foi d'une Cananéenne

21 Jésus partit de là et se retira vers la région de Tyr et de Sidon. 22 Une Cananéenne venue de ce territoire se mit à crier : Aie compassion de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par un démon. 23 Il ne lui répondit pas un mot ; ses disciples vinrent lui demander : Renvoie-la, car elle crie derrière nous. 24 Il répondit : Je n'ai été envoyé qu'aux moutons perdus de la maison d'Israël. 25 Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : Seigneur, viens à mon secours ! 26 Il répondit : Ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. 27— C'est vrai, Seigneur, dit-elle ; d'ailleurs les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres... 28 Alors Jésus lui dit : O femme, grande est ta foi ; qu'il t'advienne ce que tu veux. Et dès ce moment même sa fille fut guérie.



Heureux celui ou celle qui sait que le Seigneur reste le maître des mystères de sa vie, car notre vie est pleine de mystères dont nous ne savons pas les origines et cela nous trouble. Quelles que soient les circonstances et quelles que soient ses origines le croyant sait qu’il y a indépendamment de lui des forces qui n’obéissent pas aux règles des hommes et qui donnent du sens à son existence. C’est Dieu qui se révèle ainsi. Cela relève de la foi, et cela devrait lui suffire. Mais ce n’est pas le cas.
Pour beaucoup, il apparaît comme un fait établi que Dieu aurait réglé les mystères de la vie selon des critères qui lui appartiennent, mais les hommes se croient suffisamment intelligents pour les découvrir et s’en emparer à son insu. A l‘opposé, d’autres vont jusqu’à penser que certains individus ou même certains peuples ont priorité sur les autres et détiennent dans leurs cultures les secrets de la vie. Comme cela semble apparemment être le cas du peuple juif.
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On est en droit de penser que Jésus en tant que juif partage cette opinion qui le rend réticent pour écouter les doléances de cette femme. Cela peut sans doute nous choquer, mais Jésus est un homme de son temps, issu de la culture de son temps et il réagit avec les réserves des hommes de son temps. Mais tout cela n’est ici qu’une entrée en matière dont l’issue nous rapprochera de la vérité.

Même s’il reconnaît qu’il est venu pour donner priorité aux brebis perdues d’Israël, il ne dit pas qui sont ces brebis perdues. S’agit-il des Israélites qui ne reconnaissent pas en lui le messager de Dieu ? S’agit-il des non juifs qui n’ont aucune connaissance de Dieu ? Dans ce cas il s’agit d’une grande multitude de gens ! Alors grand est le nombre des brebis perdues de la maison d’Israël, même les petits chiens cananéens qui mendient les miettes en font partie.


En fait de miettes, il ne me paraît pas que la foi puisse se mesurer. Ici il s’agit de miettes, ailleurs il s’agit de grains de moutarde, il n’y a pas de mesure pour codifier les degrés de la foi. La foi est avant tout une certitude et un savoir. Elle relève d’un état et non d’un dosage. Elle repose sur une vérité que nous ressentons au fond de nous-mêmes selon laquelle notre vie ne nous appartient pas. Elle appartient à une réalité qui nous nous vient d’ailleurs et qui s’intègre en nous pour faire partie de nous-mêmes. Ce n’est ni la sagesse des hommes, ni la science que l’on pourrait avoir des Ecritures qui fait que notre vie a du sens ou qu’elle n’en a pas, c’est une vérité qui vient d’au de là de nous-mêmes.

En dépit de cela, depuis toujours les hommes ont cru pouvoir arracher les secrets de la vie à qui les possède : Dame nature dont nous faisons partie ou Dieu quand on y croit. Les savants ont tenté toutes sortes d’aventures pour parvenir à cette fin. Ils sont descendus jusqu’aux aux racines des continents dans les gouffres marins, ils sont montés plus haut que les cieux pour rejoindre les étoiles, mais leur avidité de connaissance ne leur a rien révélé sur notre âme.

Astrologues, sorciers, enchanteurs, mages et gourous ont aussi essayé d’arracher ces mêmes secrets à la matière dont nous sommes faits, mais l’élixir de vie, l’eau de jouvence ou la pierre philosophale n’ont jamais été trouvés et ne le seront sans doute jamais car les secrets de notre existence ne sont pas à notre portée.

Pour y arriver, il faudrait franchir les portes de la mort et perdre alors notre consistance physique pour découvrir qu’au delà de la mort il y a peut être un savoir sur la vie qui nous concerne, mais cette étape franchie  tout retour vers un état antérieur nous serait interdit. Notre découverte ne nous serait alors d’aucune utilité. Face à toutes ces espérances déçues, une pauvre femme dont on ne connaît pas le nom nous donne la seule leçon qui nous permette d’avancer.
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Face au mystère de la vie, Dieu ne nous a pas laissés sans réponse. Face au questionnement universel des hommes, il y a une réponse que cette femme a trouvée en toute naïveté. Apparemment si cette femme a compris ce grand mystère qui est celui de la foi. Nous en serons, sans doute capables, nous aussi. Dieu nous a donné des miettes suffisantes pour apaiser notre faim de curiosité elles ne relèvent ni de la compétence des savants ni de celle des gourous. Ces miettes qui échappent à la sagesse des plus futés sont cependant à la portée de chacun.

Pour ce faire il nous faut suivre l’exemple de cette femme qui a déjà fait le point sur sa propre existence. Comme elle, nous n’avons sans doute pas plus d’importance que des petits chiens et nous espérons cependant que des miettes de la sagesse divine vont tomber jusqu’à nous. Cette sagesse qui va nourrir notre foi c’est l’espérance.

Cette femme espère. Elle ne sait sans doute pas quoi, mais elle est poussée par une force qui lui donne de l’audace. L’espérance est cette force qui nous habite et qui met en nous une soif de vie qui nous pousse à commettre des actes audacieux. Ces audaces dont nous sommes capables ne correspondent ni à une science ni à un savoir elles jaillissent du tréfonds de nous-mêmes et agissent comme un moteur de vie qui tire notre existence vers le haut. On pourrait les appeler en terme profane l’instinct de survie.
 
Cet appétit de la vie nous pousse à entreprendre des choses parfois irrationnelles ou insensées. Il ne porte pas toujours les fruits espérés, il échoue parfois lamentablement, mais il provoque en nous un dynamisme dont l’origine mystérieuse est en nous, mais ne vient pas de nous.
 
La femme cananéenne de ce récit a compris cela, elle n’a sans doute pas fait d’études avancées mais elle comprend que les pulsions de vie qui l’habitent viennent d’ailleurs que d’elle-même. Au contact de Jésus, ces pulsions de vie se sont mises en mouvement et elle comprend que c’est le Dieu dont Jésus parle qui en est à l’origine. Elle sait que c’est Dieu, qui en dépit des circonstances et des conventions sociales lui donne l’audace d’attirer l’attention de Jésus. Puisque Dieu provoque en elle cette espérance de vie, elle a alors raison d’insister.

Elle n’a pas eu besoin qu’on l’enseigne pour découvrir que l’espérance qui l’habite lui vient de ce Dieu qui a mis en elle un désir de vie. Il en va de même pour chacun de nous. Ce mystère ne nous appartient pas. On ne le trouvera ni en faisant des expériences élaborées ni en s’adonnant à des calculs compliqués, mais en constatant qu’il y a en nous une force de vie qui nous pousse à espérer.

Le miracle de la femme cananéenne ne réside pas tellement dans le fait que sa demande ait abouti, mais plutôt dans le fait qu’elle ait compris que l’audace qu’elle a eu d’importuner le maître pour quémander la vie, ne lui venait pas d’elle-même mais lui venait justement de celui qui donne la vie et qui la prend en charge, elle et sa fille.
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L’espérance est donc cette force que Dieu a mis en nous depuis nos origines et qui nous pousse à toutes les audaces. Jésus s’est donné pour tâche de nous aider à identifier cette force et de lui donner un nom. Il reconnaît en elle le Seigneur dont il est le Fils. Il nous prend en charge comme le ferait un Père, il nous enveloppe d’amour comme le ferait une mère. Il nous ouvre un avenir de vie sans fin comme le ferait notre Dieu. C’est grâce à l’Esprit que Jésus souffle sur nous que nous arrivons à cette connaissance.

Lui seul a su aller jusque au bout de l’espérance. Même dans la mort, son espérance a pris la dimension de l’éternité qui est la seule réalité qui contienne toutes les dimensions de Dieu, c'est-à-dire l’amour, l’espérance et la vie. Ainsi croire en Jésus Christ consiste à avoir l’audace suprême de savoir que la vie ne peut pas nous abandonner car elle vient d’ailleurs, elle appartient à Dieu et Dieu a décidé de nous la donner en totalité.
 

Images Codex Egbert

dimanche 6 juillet 2014

Psaume 91:1-9 La protection du Très Haut



Psaume 91 :1-9

Auprès du Seigneur, aucun mal ne peut te toucher
1 Celui qui se met à l'abri près du Dieu très-haut
se repose à l'ombre du Tout-Puissant.
2 Il dit au SEIGNEUR : « Tu es mon abri,
tu me protèges avec puissance,
tu es mon Dieu, j'ai confiance en toi. »
3 Oui, c'est Dieu qui te délivre des pièges du chasseur,
il te guérit de la peste qui tue.
4 Il te couvre de ses ailes,
et tu te réfugies près de lui,
comme un poussin sous les ailes de sa mère.
Oui, sa fidélité te protège comme un bouclier.
5 Alors tu n'auras peur de rien :
ni des dangers de la nuit,
ni des flèches lancées en plein jour,
6  ni de la peste qui avance dans l'obscurité,
ni du malheur qui frappe en pleine lumière.
7 Même si mille personnes tombent près de toi,
et si dix mille meurent à côté de toi,
rien ne t'arrivera !
8 Ouvre seulement les yeux,
et tu verras comment sont punis les gens mauvais.
9— Oui, SEIGNEUR, tu es pour moi un protecteur.


L’être humain a besoin de tendresse pour s’épanouir.  Il en prodigue à ses enfants les gestes  qui en sont porteurs car il sait qu’ils en ont besoin pour  construire leur vie.  Mais arrivés  à l’âge adulte il  cache ce besoin de tendresse comme par pudeur et il le dissimule sous une indifférence apparente.  Les hommes  ont  par ailleurs besoin d’exprimer  leur  puissance et ils la revendiquent parce que c’est en la manifestant qu’ils croient montrer aux autres qu’il sont devenus des adultes responsables et efficaces.  Depuis que le monde est monde les choses  sont ainsi.

Comment alors, allons-nous nous situer par rapport à ce psaume qui  nous  met en porte à faux par rapport à nous-mêmes car il nous dit exactement le contraire ? Il considère la puissance comme un attribut de Dieu. Celui qui s’en sert comme support à sa prière  affirme placer sa confiance en Dieu en toute chose. Il se place  en situation de dépendance par rapport à lui et manifeste son besoin de tendresse. Il revendique à chaque instant le privilège de se mettre en sécurité sous les ailes du tout puissant qui l’enveloppe de douceur et de protection comme le ferait une poule qui en écartant ses ailes  pousse ses poussins  sous son duvet tiède et protecteur.

Cette image bucolique  nous rappelle que nous sommes plongés dans un monde où tous les dangers nous guettent.  Comme la flèche, tirée de son carquois par une main habile, frappe silencieusement et mortellement sa victime, ainsi l’épidémie frappe aveuglément, sans crier gare,  ceux  qu’elle choisit pour  cible. La guerre provoque à chaque bataille son lot de morts et de blessés. Le danger est toujours là et la mort plane. Quelle force sera donc capable de nous protéger ? L’expérience nous montre  que la puissance de Dieu n’est apparemment pas la protection  suffisante contre  tous les dangers.

Il nous faudra donc être plus malin que l’adversaire ! C’est alors que l’homme intelligent va chercher à mettre sa confiance en sa propre intelligence. Il  va mobiliser ses capacités à inventer. Jadis, un philosophe grec du nom de Diogène,
vivant à moitié nu, dans le dénuement le plus total et passant ses nuits dans un tonneau parcourait les rues d’Athènes, sous la risée de ses contemporains,  une lampe à la main à la recherche d’un homme qu’il ne réussissait pas à trouver. Nous avons toujours le même  problème aujourd’hui, nous cherchons nous aussi l’homme providentiel, celui qui apportera les bonnes  réponses. A la différence de Diogène nous savons quel homme nous cherchons. Nous cherchons un homme, un autre nous mêmes, mais plus compétent, qui à force d’intelligence, de science et d’énergie apportera les solutions et réussira à dominer tous les obstacles que le monde nous oppose.  Nous cherchons un  homme fort et puissant, capables  de supplanter toutes les divinités auxquelles nous ne croyons plus et de nous donner   foi en une vie heureuse et prospère  qui dépassera les limites de la vie actuelle sans passer par la mort.

On va donc  va faire  appel à des experts plus doués les uns que les autres. En dépit de leurs succès contre certains maux, ils ont recours à des forces qu’ils ne maîtrisent pas forcément et qu’ils croient cependant manipuler avec génie, bien que parfois elles se retournent contre eux.  Malgré leurs efforts, la violence entraine la violence et la mort devient chaque jour plus sournoise ! Inutile de dire qu’un tel  résultat est bien  décevant. Nous  le voyons de nos propres yeux dans les désastres  que subit notre planète    que ces humains providentiels  détruisent de jour en jour et qui continuent  à alimenter nos illusions. D’où nous viendra l’assurance de suivre le bon chemin pour lutter contre les maux qui nous oppressent ?

Ce psaume a été écrit pour répondre à cette question. Il fut traduit jadis par Clément Marot et les protestants persécutés le chantèrent pour se donner du courage. Il leur permettait de supporter  les exactions perpétrées contre eux et même ils le chantaient en allant au combat. Les Huguenots savaient bien  que  Dieu ne les sauverait pas comme  par magie mais ils recevaient de lui l’assurance que ni la défaite ni la mort n’étaient une fin en soi. Ils savaient que la main de Dieu leur était secourable et leur donnerait  la victoire sur la mort.  Il ne s’agissait pas pour eux de la peur de la mort physique, mais il s’agissait de garder vivante l’espérance en une autre vie  qui les maintiendrait en amitié avec Dieu quand bien même ils auraient rendu leur dernier souffle.  La confiance en la tendresse de Dieu maintenait vivante leur espérance et leur permettait de croire que la vie avec Dieu ne s’arrêterait pas à  la fin du combat mais que leur place dans l’éternité y était déjà réservée.

Les esprits forts d’aujourd’hui,  ont du mal à  accepter  cette manière de voir les choses. Ils  n’adhèrent plus à ces discours  qui font miroiter un monde meilleur au-delà de la vie.  Ils cherchent une réponse plus immédiate à leurs questions pour ce temps et non pour un autre temps.  Ils demandent qu’on leur parle d’un Dieu que l’on puisse comprendre et que l’on puisse entendre à défaut de pouvoir le voir.

Puisque notre recherche d’un pouvoir efficace n’aboutit pas, puisque nous ne pouvons pas acquérir la puissance que ce psaume attribue à Dieu, tournons-nous vers  la deuxième hypothèse qu’il propose : la tendresse. Nous l’avons vu, la tendresse est pour nous ce sentiment profondément ancré au cœur de nos désirs, niché  au  plus profond de notre être que nous cultivons en secret. La lecture de ce psaume nous dit également  que Dieu est  tendresse. C’est donc au plus profond de nous-mêmes que nous l’y rencontrerons dans un échange de tendresse avec lui. Au plus intime de nous-mêmes Dieu se mêle  à nos sentiments les plus forts. Il fait ainsi de l’amour le seul absolu qui  nous permette de mettre nos vies en harmonie avec sa volonté et de construire avec lui un avenir possible.

Dieu  deviendra alors audible pour nous.  Mais pour pouvoir percevoir sa voix,  il faudra commencer par nous taire, il faudra que nous oublions toutes les affirmations  humaines sur nos velléités de puissance et nos désirs de dominer l’avenir par nos seules forces. Il nous faudra faire  taire en nous tous ces propos qui flattent notre orgueil et notre vanité.  On pourra alors entendre Dieu et nous mettre en chemin avec lui.  Ce chemin croisera bien évidemment celui de Jésus en qui il a mis toute  sa sagesse. Avec tendresse il nous ouvre le chemin que l’amour de Dieu nous indique. Dieu  a fait de lui son Fils pour que nous devenions ses frères et que nous nous épanouissions dans sa  tendresse de  Père.

Désormais, les Paroles de Jésus, toutes pleines de la sagesse de Dieu donnent toute autorité à sa tendresse  qui devient le seul lien de vie qui nous unira désormais avec Dieu et avec nos semblables. C’est dans l’Evangile que les paroles de Jésus ont été rassemblées. On peut les lire et les méditer, et toujours on entendra cette même vérité, que nos cherchons depuis le début de ce propos, à savoir que c’est l’amour qui mène le monde à son terme car l’amour est cette faculté de dépassement qui supplante toutes les sagesses et toutes les sciences humaines puisqu’il est sagesse et science de Dieu.

mardi 1 juillet 2014

Matthieu 13: 24-43 Le Bien et le Mal dimanche 20 juillet 2014



Matthieu 13/24-43

La parabole de la mauvaise herbe
24 Il leur proposa cette autre parabole : Il en va du règne des cieux comme d'un homme qui avait semé de la bonne semence dans son champ. 25 Pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de la mauvaise herbe au milieu du blé et s'en alla. 26 Lorsque l'herbe eut poussé et produit du fruit, la mauvaise herbe parut aussi. 27 Les esclaves du maître de maison vinrent lui dire : Seigneur, n'as-tu pas semé de la bonne semence dans ton champ ? D'où vient donc qu'il y ait de la mauvaise herbe ? 28 Il leur répondit : C'est un ennemi qui a fait cela. Les esclaves lui dirent : Veux-tu que nous allions l'arracher ? 29 Non, dit-il, de peur qu'en arrachant la mauvaise herbe, vous ne déraciniez le blé en même temps. 30 Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson ; au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord la mauvaise herbe et liez-la en gerbes pour la brûler, puis recueillez le blé dans ma grange.
La parabole de la graine de moutarde
31 Il leur proposa cette autre parabole : Voici à quoi le règne des cieux est semblable : une graine de moutarde qu'un homme a prise et semée dans son champ. 32C'est la plus petite de toutes les semences ; mais, quand elle a poussé, elle est plus grande que les plantes potagères et elle devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. La parabole du levain 33 Il leur dit cette autre parabole : Voici à quoi le règne des cieux est semblable : du levain qu'une femme a pris et introduit dans trois mesures de farine, jusqu'à ce que tout ait levé. L'enseignement par les paraboles 34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles ; il ne leur disait rien sans parabole, 35 afin que s'accomplisse ce qui avait été dit par l'entremise du prophète : Je prendrai la parole pour dire des paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la fondation du monde.
Jésus explique la parabole de la mauvaise herbe
36 Alors il laissa les foules et entra dans la maison. Ses disciples vinrent lui dire : Explique-nous la parabole de la mauvaise herbe dans le champ. 37 Il leur répondit : Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de l'homme ; 38 le champ, c'est le monde, la bonne semence, ce sont les fils du Royaume ; la mauvaise herbe, ce sont les fils du Mauvais ; 39 l'ennemi qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. 40 Ainsi, tout comme on arrache la mauvaise herbe pour la jeter au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde. 41 Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal, 42 et ils les jetteront dans la fournaise ardente ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. 43 Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles entende
 

Comment ne pas se sentir frustré quand on voit tout ce mal autour de nous et qu’on se sent incapable d’agir pour améliorer les choses. A force de regarder le monde au travers des médias habituels, nous avons nettement l’impression que le mal gagne du terrain et qu’il occupe tout l’espace. Prudemment les sociétés modernes ayant observé le phénomène ont cherché à se prémunir contre ce danger qui va croissant Elles ont inventé un indicateur de tendance qui leur permet de repérer les lieux où les nuages annonciateurs d’un surcroît de mal et de violence s’amoncellent.
Cela s’appelle les « Droits de l’homme ». A côté de cet indicateurs, on a mis en place des organismes, officiels ou non, qui réagissent au danger et signalent à l’opinion public ceux qui contreviennent aux règles édictées. C’est Amnesty International et l’A.C.A.T., ce sont les O.N.G., c’est l’ONU. Ces organismes préviennent, tentent de guérir les maux et se précipitent au secourir les victimes. Ainsi l’homme moderne se croit à l’ abri des provocations du mal que les nations ou les dirigeants peuvent faire aux individus.
Quand le mal a pour origine la nature et qu’il provoque les hommes dans leur santé, ceux-ci se retournent vers les hommes de science dont ils ont observé les progrès spectaculaires, mais les derniers événements les rendent très méfiants et on ne leur accorde plus beaucoup de crédit. On ne croit plus aux solutions que proposent les spécialistes pour venir à bout des fléaux naturels, ni même pour éradiquer les maladies que l’on dit encore incurables.

Malheur à l’homme qui se confie en l’homme avertissait Jérémie. Il ne faut pas être fin prophète pour observer que le mal sous forme de corruption s’insinue dans les sociétés les plus respectables et pollue ainsi nos refuges de sagesse et d’espoir. Nous découvrons que les critères d’appréciation du bien et du mal changent selon que l’on est d’un côté ou de l’autre d’une frontière. Curieusement, la morale des pays nantis se rit de celle des pays pauvres et veut leur donner des leçons, si bien que les pays riches continuent à s’enrichir malgré leur générosité apparente érigée au rang de doctrine, et les pays pauvres restent pauvres malgré les vertus de leurs habitants.
Ce simple survol de la situation de nos sociétés modernes nous amène à constater que le bien et le mal sont deux compagnons inséparables qui bien qu’ennemis semblent ne pas pouvoir se passer l’un de l’autre. La parabole qui sert de support à mon propos nous montre que les racines de l’ivraie sont étroitement emmêlées dans celles du froment. Jésus avait une vision réaliste du monde, mais cette vision ainsi décrite est plutôt démoralisante, puisqu’elle ne nous donne aucune solution. Si on veut éradiquer le mal on risque du même coup d’entraîner la disparition du bien et de faire un mal plus grand encore.
Faut-il alors baisser les bras, fuir ce monde et nous enfermer dans la piété et la prière comme certains le préconisent? Peut-on pieusement regarder le monde s’effondrer dans une tourmente effroyable que le cinéma d’avant garde nous décrit avec réalisme et attendre que ça se passe pour partager le salut éternel avec les élus? Non nous dit le Seigneur. Et il y a une bonne raison à cela. Nous sommes imprégnés nous aussi par le mal. S’il est solidement enraciné dans le monde, il est aussi solidement enraciné en nous. Un ennemi l’y a mis. Et Dieu ne peut pas nous laisser croire que nous pouvons nous attaquer à cet ennemi et le vaincre, puisqu’il est aussi en nous. Mais qui donc est-il?
Certains croient parfois que Dieu a fait la part des choses et qu’il a fini par s’accommoder de cet ennemi dont il se servirait pour provoquer les hommes et les ramener à la raison : « Il est un mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre: la peste puisqu’il faut l’appeler par son nom... ». Ainsi philosophait Jean de La Fontaine et avec lui beaucoup pensent q
ue du bien peut sortir du mal. Certains sont enclins à croire que Dieu utiliserait le mal, comme le font les éducateurs qui se servent du martinet ou de la fessée. Pourtant l’Ecriture se porte en faux contre tout cela. Le mal y est clairement décrit comme un ennemi de Dieu. Dieu ne pactise pas avec lui. Dieu ne mange pas avec le diable, même avec une grande cuillère, il en fait son adversaire personnel et ne confie à personne d’autre que lui-même le soin de le combattre.
Ce que l’on constate, dès la première page de la Bible, c’est que Dieu lui même semble en être victime. Il est conscient du fait que le mal ou le diable ou quel que soit son nom s’est emparé d’une partie du monde et des hommes. C’est pour remédier à cela que Dieu décide de passer avec les humains un contrat de collaboration et faire triompher la vie là où le mal propose la mort. Dieu n’attaque pas pour autant le mal de front et ne nous demande pas de le faire. Au contraire il demande à l’homme de se mettre au service de Dieu en faisant le bien. Dieu sait que le bien triomphera du mal, car le mal porte en lui sa propre défaite et le bien porte en lui sa propre victoire
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Nous utilisons nos propres critères de justice, pour organiser le monde, sans vraiment savoir si nous sommes vraiment capables de reconnaître ce qui est « bien » ou ce qui est mal, car le mal et le bien sont étroitement imbriqués l’un dans l’autre. Ce qui est bien sous un aspect peut devenir mauvais vu sous un autre angle. Le mal semble dépendant du bien de la même façon que l’ombre est dépendante de la lumière et en est la conséquence. Nous prenons donc conscience qu’il y a aussi du mal en nous et que notre foi en Dieu ne peut l’éradiquer.
Il est bon alors de se tourner vers l’Ecriture et d’entendre Jésus nous dire de ne pas nous attaquer au mal, car c’est le travail de Dieu! Quant au bien, puisqu’il nous est impossible à coup sûr de faire le bon choix Il nous propose de nous y prendre autrement.
Dieu en se révélant aux hommes passe avec eux un contrat de vie. Dieu se révèle à nous comme celui qui fait vivre, même quand la mort semble avoir anéanti tout espoir. Il fait vivre même ce qui a perdu l’illusion d’exister. Ce contrat de vie que nous passons avec lui, est lié à la résurrection de Jésus. Il consiste à faire vivre ou à aider à vivre tout ce qui à vocation à vivre. Il consiste donc à faire des actes qui portent la vie en eux. Nous n’avons pas alors à nous poser la question de savoir si c’est bien ou si c’est mal. Jésus semble dire que tout ce qui provoque la vie est bon, même si celui pour lequel on agit nous paraît mauvais ou perdu, même si nos critères de morale le condamnent. Il nous est alors demandé d’imiter Dieu et d’être porteur de vie. C’est à partir de ce raisonnement simple que sont appelé à agir les aumôniers de prison, par exemple. Comment être présent auprès de ceux que le société réprouve si nous ne sommes pas persuadés que Dieu a pour eux des projets de vie. Nous ne trahirons jamais Dieu si par notre action, nous favorisons tout ce qui fait vivre.

Certes, la morale des hommes ou la morale sociale verra d’un mauvais œil un tel enseignement, car en donnant des gages de vie au méchant, nous semblons compromettre l’avenir de la société. Est-ce aussi sûr? Il est clair pourtant que Dieu nous demande d’agir de telle sorte que la vie se dégage de nos actions et que le mieux être des hommes doive être l’aboutissement de ce que nous faisons, quels que soient les hommes, même si ceux qui sont  « sages » ou plus savants que nous ou mieux informés que nous ou mieux placés que nous pensent le contraire.