mercredi 3 janvier 2018

1 Samuel 3/3-19 Comment Dieu parle-t-il ? Dimanche 14 janvier 2018



1 Samuel : 3/3-19

 Le jeune Samuel était au service de l'Eternel devant Eli. La parole de l'Eternel était rare à cette époque, les visions n'étaient pas fréquentes.
2 Un jour, Eli, dont la vue commençait à faiblir et qui ne pouvait plus bien voir, était couché à sa place habituelle. 3 La lampe de Dieu n'était pas encore éteinte et

Samuel était couché dans le temple de l'Eternel, où se trouvait l'arche de Dieu.
4 Alors l'Eternel appela Samuel. Il répondit: «Me voici», 5 courut vers Eli et dit: «Me voici, car tu m'as appelé.» Eli répondit: «Je n'ai pas appelé, retourne te coucher.» Et Samuel alla se coucher. 6 L'Eternel appela de nouveau Samuel. Samuel se leva, alla vers Eli et dit: «Me voici, car tu m'as appelé.» Eli répondit: «Je n'ai pas appelé, mon fils, retourne te coucher.» 7 Samuel ne connaissait pas encore l'Eternel, la parole de l'Eternel ne lui avait pas encore été révélée. 8 L'Eternel appela de nouveau Samuel, pour la troisième fois. Samuel se leva, alla vers Eli et dit: «Me voici, car tu m'as appelé.» Eli comprit alors que c'était l'Eternel qui appelait l'enfant, 9 et il dit à Samuel: «Va te coucher et, si l'on t'appelle, dis: 'Parle, Eternel, car ton serviteur écoute.'» Et Samuel alla se coucher à sa place.
10 L'Eternel vint se tenir près de lui et appela comme les autres fois: «Samuel, Samuel!» Samuel répondit: «Parle, car ton serviteur écoute.»
11 Alors l'Eternel dit à Samuel: «Je vais faire en Israël une chose telle que toute personne qui l'apprendra en restera abasourdie.
12 Ce jour-là j'accomplirai vis-à-vis d'Eli tout ce que j'ai prononcé contre sa famille; je le commencerai et je le finirai.
13 Je le lui ai déclaré, je veux punir sa famille pour toujours. En effet, il avait connaissance du crime par lequel ses fils se sont maudits et il ne leur a pas fait de reproches.
14 C'est pourquoi je jure à la famille d'Eli que jamais son crime ne sera expié, ni par des sacrifices ni par des offrandes.»
15 Samuel resta couché jusqu'au matin, puis il ouvrit les portes de la maison de l'Eternel. Il avait peur de raconter la vision à Eli, 16 mais Eli l'appela et dit: «Samuel, mon fils!» Il répondit: «Me voici!» 17 Eli dit: «Quelle est la parole que l'Eternel t'a adressée? Ne m'en cache rien. Que Dieu te traite avec la plus grande sévérité, si tu me caches quoi que ce soit de tout ce qu'il t'a dit!»
18 Samuel lui raconta tout, sans rien lui cacher, et Eli dit: «C'est l'Eternel, qu'il fasse ce qui lui semblera bon!» 19 Samuel grandissait. L'Eternel était avec lui et ne laissa aucune de ses paroles rester sans effet.

Pourquoi Dieu ne parle-t-il pas plus clairement ?  Pourquoi ne vient-il pas se présenter à la porte de notre chambre comme il le fit pour Samuel afin de nous dire distinctement ce qu’il attend de nous ? Pourquoi ne se tient-il pas en pleine nuit à la porte de  notre tente, comme il le fit pour Abraham,  pour  nous  révéler l’itinéraire à suivre pour quitter la demeure de notre père et obéir à ses  suggestions.  Certainement comme Samuel, ou comme Abraham nous obtempérerions  et Dieu  serait satisfait de nous comme il le fut pour ces deux héros dont on parle ?  Mais ce qui s’est passé pour eux ne se passe pas pour nous  de la même façon.  Quand nous croyons que Dieu nous pousse à faire quelque chose,   nous ne sommes jamais sûrs d’avoir vraiment entendu ce que Dieu désirait nous faire comprendre!.

 Mais  pour nos deux personnage, ça ne s’est peut être pas passé exactement comme le récit nous l’a transmis.   Il se peut que ce fut  leur foi qui ait rendu leurs oreilles attentives  à autre choses qu’à des paroles clairement formulées, et que la volonté de Dieu se soit clairement fait entendre à eux autrement que par voix orale. Sommes-nous alors des gens de si peu de foi pour que nous ne soyons pas capables de saisir la volonté  de Dieu sans que celle-ci  ne se soit exprimée à haute et intelligible voix?

Ces questions préliminaires en appellent une autre : Pourquoi Dieu, quand il s’adresse à nous,  nous distinguerait-il parmi les autres pour accomplir la tâche qu’il nous réserve ? D’autres humains, ne seraient-ils pas plus compétents que nous pour le faire? Curieusement, Abraham dont nous venons de parler, ou Samuel, ou bien d’autres encore n’ont-ils pas cherché à  savoir ce qui avait motivé  le choix de Dieu  quand il s’est adressé à eux ; pourtant la question : « pourquoi moi ? » reste appropriée.

Jérémie cependant à osé interpeler Dieu à ce sujet. Avec pertinence, il a su dire  sa propre  incompétence. La seule raison qu’il crut percevoir de Dieu c’est que Dieu lui-même savait ce qu’il faisait et n’avait pas de comptes à lui rendre. Jérémie se soumit donc à l’arbitraire de Dieu et subit son sort  avec résignation  en affrontant les défis de l’histoire.

Quant à nous, si nous voulons  entendre ce que Dieu nous demande, il faut bien que nous répondions à cette question : pourquoi moi ? Ensuite il faudra vérifier que l’on a bien entendu la réponse de Dieu.

 C’est avec l’histoire de Samuel que nous tenterons de formuler des réponses.  Par une nuit particulièrement agitée où il essaye de mettre de l’ordre dans ses idées, le jeune Samuel va réaliser qu’il  doit jouer un rôle particulier  pour que la situation provoquée par les  fils d’Elie évolue. Il réalisera alors le souhait de sa mère qui l’avait placé au sanctuaire de Silo pour servir l’Eternel dès son enfance, mais il ne réalise pas encore qu’il en viendra à se substituer au prêtre Elie alors que lui, Samuel n’est  pas de famille sacerdotale.  A cette époque on adorait Dieu dans  différents sanctuaires  car le Temple de Jérusalem n’était pas encore construit.  Le prêtre Elie, qui n’est pas le prophète du même nom,   appartient  à la famille sacerdotale et  se trouve en charge du sanctuaire de Silo, le plus important à l’époque, puisqu’il  abrite la fameuse arche de l’Alliance.

Elie semble être un brave homme mais il est dépassé dans son autorité paternelle  et va se trouver frappé d’indignité à cause du  comportement inadmissible  de ses garnements de  fils qui bien que prêtres eux-mêmes, détournent à leur profit le produit  des sacrifices. Trop vieux pour avoir une influence quelconque sur ces chenapans  et atteint de cécité,  le vieux prêtre est impuissant pour agir. Bien que Samuel ne soit encore qu’un jeune homme,  chargé de l’entretien du sanctuaire comme pourrait l’être un sacristain, il  voit tout, il comprend tout, mais  il doit garder le silence. Personne ne serait assez naïf pour croire que les choses aussi mal engagées  allaient durer longtemps.

C’est dans ce contexte que le récit fait résonner la voix de Dieu ! Comment ?  Le récit nous est présenté pour que le lecteur comprenne que Dieu se sert de Samuel pour que les choses évoluent et surtout pour qu’Elie comprenne que ça ne peut plus durer. Mais il nous faut être perspicace pour comprendre où se situe l’action de Dieu dans tout ça. Pas besoin d’être un grand clerc pour comprendre que Samuel soit troublé par cette situation.  L’enfant pense à tout cela et n’en dort pas. Sa piété et son intelligence sont continuellement en éveil. Le lecteur attentif comprend  que la voix de Dieu se confond ici avec la voix de la conscience de l’enfant.

Puisqu’Eli n’intervient pas dans une telle situation, il faut bien que quelqu’un aide le prêtre à comprendre ce qui va se passer, et Samuel  a bien saisi que s’il n’agit pas, personne ne le fera.  Tout ce qui est raconté ici tient compte de tous les éléments que nous venons de mentionner mais ils nous sont rapportés sur le ton du merveilleux, propre aux récits de l’époque. Tout ce qui se passe ici  est le fruit de la prière d’un enfant  qui accablé  par la situation, se  place devant Dieu. L’enfant inspiré fait le bilan de la situation  et prend devant Dieu la décision qui s’impose,  de dire les choses franchement à Eli.

Si on considère que cette approche du texte est une voie possible que Dieu donne à sa parole pour se faire entendre et la rendre crédible pour le lecteur contemporain, on fera la même analyse pour  le récit d’Abraham que nous avons évoqué au début de ce propos. Nous comprendrons  que le patriarche accablé par son souci personnel de savoir sa femme stérile,  en perde le sommeil et se soit  tourné vers Dieu pour lui dire son angoisse.

Ne suffirait-il pas d’un peu d’audace et d’esprit d’entreprise pour que les difficultés du moment prennent un autre aspect. Abraham  était bloqué dans une situation qui n’évoluait  pas.  La routine quotidienne ne débouchait sur rien,  les difficultés discutées dans le clan familial n’apportaient aucune solution. Le clan, sans héritier était condamné à la disparition. Abraham dans ses transes nocturnes méditait.

 Si Dieu donnait au couple l’audace de sortir du carcan familial et d’aller voir ailleurs, la vie reprendrait  ses droits, peut-être que  la semence du patriarche porterait du fruit dans le sein de sa femme ?  Abraham  opta pour l’audace et fit confiance à Dieu pour le guider.

Dieu donne aux hommes l’audace d’entreprendre. Est-ce  en agissant ainsi qu’ils entendent  la réponse de Dieu  qui leur  ouvre un autre avenir que celui qu’ils avaient construit jusqu’alors ? Est-ce ainsi que Dieu a parlé à Abraham ? Sans doute  ai-je forcé les textes pour les amener là où je voulais aller, mais cette explication ne rend-elle pas cohérente la manière dont Dieu parle en nous, en éclairant  notre méditation personnelle par sa présence en nous.

Les deux questions que nous nous posions au début de notre réflexion trouvent ici une réponse : Pourquoi moi ?

Dieu s’intéresse à chacun de nous et donne une réponse, pas toujours entendue à ceux qui la lui demandent. Quiconque affronte la vie avec audace reçoit de Dieu cette énergie dont tous ont besoin pour se mettre personnellement en cause  et décider de se mettre à son service. C’est alors que rempli d’audace, chacun comprend que sa vocation particulière est de se mettre au service de Dieu. Quelle que soit la forme qu’il donnera à ce service, Dieu lui donnera sa caution et Jérémie, vous vous en souvenez,  qui oppose l’argument de son jeune âge, le voit balayé conjointement par lui-même  et par Dieu parce que c’est un au faux argument de sa part pour ne pas se servir de l’audace qu’il puise en Dieu.

Pour la deuxième question qui consiste à se demander comment Dieu parle, il me semble que l’on trouvera une esquisse de  réponse dans l’approche du texte que nous avons fait de l’histoire de Samuel.   

lundi 1 janvier 2018

Esaïe 60:1-6 Participation de Dieu à la construction du monde de demain. Dimanche 7 janvier 2018



Esaïe Chapitre 60

1 Lève-toi, brille : ta lumière arrive, la gloire du SEIGNEUR se lève sur toi. 2 Certes, les ténèbres couvrent la terre et une obscurité épaisse recouvre les peuples ; mais sur toi le SEIGNEUR se lève, sur toi sa gloire apparaît. 3 Des nations marcheront à ta lumière et des rois à la clarté de ton aurore.

4 Lève les yeux et regarde tout autour : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils arrivent de loin, tes filles sont portées sur la hanche .5 Lorsque tu le verras, tu seras radieuse, ton cœur bondira, il sera au large, quand l'abondance de la mer se tournera vers toi, quand les ressources des nations viendront vers toi. 6 Tu seras couverte d'une foule de chameaux, de dromadaires de Madiân et d'Epha ; ils viendront tous de Saba ; ils porteront de l'or et de l'encens et annonceront, comme  une bonne nouvelle, les louanges du SEIGNEUR.


Dans une vision pleine de promesses que nous voudrions savourer avec lui, le prophète Esaïe contemple la caravane qui s’approche. Elle apporte avec elle les projets de bonheur que le futur réserve à son peuple. Le bonheur qu’il espère pour ses concitoyens est en voie de réalisation, croit-il ! Ainsi aimerions-nous que la nouvelle année s’avance vers nous porteuse d’une espérance que tous nos projets d’avenir s’efforceront de réaliser.

Ce   jour nouveau qui se lève et qui s’approche de nous au pas lent des chameaux venus des pays de la prospérité, c’est le monde que Dieu nous promet. Il brille déjà d’une gloire qui n’appartient qu’à lui et qui illumine notre futur qui est déjà commencé. Le futur dans lequel nous entrons est déjà habité par Dieu. Il est déjà chargé de tout ce que Dieu y a déjà investi, c’est pourquoi, l’année qui commence sera bonne. Nous pouvons donc nous souhaiter une bonne année sans scrupule ni arrières pensées.

La vision d’Esaïe se précise en nous faisant contempler cette joyeuse caravane qui s’est mise en route. Chameaux et dromadaires apportent avec eux des richesses venues des pays les plus fabuleux . C’est un peuple heureux qui accompagne sa progression. Il exulte de joie, les enfants sont juchés sur les épaules de leurs pères. Toute cette jubilation donne une impression de bonheur.

N’abîmons pas trop vite notre plaisir en évoquant la réalité qui nous attend, car nul parmi nous ne croit vraiment à la réalisation du bonheur promis, en tout cas pas pour les années qui viennent. Chacun cède en ce début d’année à la coutume de porter des vœux à la réalisation desquels il ne croit pas. Nous allons formuler des souhaits de santé et de prospérité et de paix pour tous ceux que nous allons rencontrer, tout en sachant que des nuages menaçant s'amoncellent sur nos têtes. Nous savons aussi la dureté économique du moment,  et malgré la prospérité que les indices nous promettent , nous regardons en arrière vers un passé qui a été pour nous plus heureux que notre présent. Nous ne pouvons pas sortir de notre esprit que nous venons d’une époque que nous appelons les trente glorieuses où tout ce que nous redoutons aujourd’hui n’existait pas encore. Savourons cependant encore quelques instants la prophétie qui ouvre ses portes vers un bel avenir, car cet avenir est partagé par Dieu, et c’est lui qui nous le propose.

Il suffit parfois d’évoquer la réalité de Dieu pour que les visages se ferment, que les conversations cessent et que nos interlocuteurs regardent dans une autre direction, comme si dans notre société, il était indécent de parler de Dieu, ou pire, comme si plus personne n’attendait rien de lui. Les hommes ont perdu l’habitude de compter sur Dieu pour organiser le monde.

Bien que son nom figure encore sur les billets de banque américains, bien peu d’économistes se fondent sur lui pour imaginer une société juste et équitable. En effet ceux qui tiennent les rennes du monde où nous sommes se croient capables de faire des projets réalistes pour diriger notre planète, ils s’estiment suffisamment intelligents pour les mener à bien. L’homme post moderne n’a plus besoin de Dieu pour construire une société que ses techniques se proposent de mettre en place. 

Alors à quoi bon mêler à tout cela la notion de Dieu puisque le seul fait d’évoquer son nom entraîne des rivalités, des haines et des guerres. C’est au nom de Dieu que les sociétés passées ont construit un monde divisé, c’est au nom de la sagesse des hommes pense-t-on encore que se construira un avenir de prospérité. Mais y croit-on encore? Les plus utopistes parmi-nous pensent que l'on peut construire un autre monde ailleurs , sur des exo-planètes.
Et pourtant cet avenir prometteur ne se veut pas optimiste du tout. Si les penseurs ont  perdu leur foi en Dieu, ils n’ose pas dire encore qu’il a perdu leur foi en l’homme. Pourtant, nous savons bien que ce n’est pas Dieu qui a provoqué les désastres dont l’histoire le rend coupable, nous savons bien que les hommes eux-mêmes s’en sont servis d’alibi pour masquer leur esprit conquérant, tant il est vrai que l’homme n’a jamais trouvé de meilleure proie que ses semblables et que tous les prétextes lui paraissent suffisamment bons pour s’emparer des biens de son voisin. Chaque peuple a profité du nom de Dieu pour exprimer en son nom, des désirs qui faisaient des autres des adversaires tout trouvés pour les délester de leurs biens. Ils ont ainsi sollicité les textes bibliques pour qu’ils soutiennent les thèses les plus hostiles à leurs voisins, c’est ainsi que le récit de la tour de Babel rend Dieu responsable du désordre parmi les nations et que le forfait du troisième fils de Noé justifie la politique d’apartheid (1)

C’est un travers bien répandu dans la société des hommes que d’accuser Dieu d’être responsable de tous leurs maux. S’il n’en est pas directement responsable pense-t-on, il l’est quand même, par son refus d’intervention. Pourquoi laisse-t-il faire les drames que nous connaissons ? Il lui serait facile, par un simple miracle de remédier à tous les maux de notre société dont les hommes ne seraient pas directement responsables. La Bible ne nous fait-elle pas des promesses qui iraient dans ce sens ? Marie en effet quand elle apprend qu’elle sera la mère du Messie salue l’avènement d’un monde que Dieu prend en main, elle le voit entreprendre la construction d’un monde de justice : « Il a dispersé ceux qui avaient dans leur cœur des pensées orgueilleuses, Il a fait descendre les puissants de leur trône, il a élevé les humbles, rassasié de biens les affamés, renvoyé vides les riches… » (2) Qu’attend Dieu pour exécuter ses promesses ?

Il est facile d’intenter un procès à Dieu, car nous savons qu’il n’entrera pas en contestation avec les hommes. Si nous croyons qu’il joue un rôle dans la création du monde, dans l’évolution des espèces et dans le développement des sociétés, ce n’est pas pour en discuter avec les hommes. Pour lui la seule fonction  des humains sur cette terre consiste à discerner, pour chaque moment, quelle est la volonté de Dieu afin de rendre l’évolution de l'humanité plus harmonieuse. Mais au lieu de cela l’homme se croit assez intelligent pour organiser lui-même l’avenir. La seule chose qu’il demande à Dieu, est de réguler les dysfonctionnements du monde par des miracles qui permettraient aux choses d’aller mieux. Mais il sait qu’il ne le fera pas, c’est pourquoi il se refuse de croire en lui.

Oh homme ! aussi intelligent que tu sois, tu n’a toujours pas compris que Dieu a déposé en toi l’intelligence qui te rend capable de comprendre les mystères du cœur de Dieu ! Dieu s’est choisi l’homme comme seul interlocuteur valable parmi toutes les espèces innombrables de la terre. Il lui a donné cette intelligence du cœur qui lui permet de comprendre ce que Dieu attend de lui. Il a permis que l’histoire des hommes soit jalonnée par la présence de nombreux prophètes qui dans les diverses cultures répandues sur la terre ont guidé les humains sur les voies de la sagesse de Dieu. Ce sont les mots de prochain, d’amour et de partage qui ont scandé leurs messages indépendamment des religions dont ils étaient issus.

Il a même plu à Dieu de bousculer l’ordre des choses. Il s’est permis de venir en personne cheminer sur les chemins du monde. Il a choisi de partager les souffrances des hommes et d’assumer leur destin, il a choisi de se faire  connaître  dans les actions de Jésus pour se faire plus proche d’eux. C’est même sur les sentiers de la mort qu’il a cru bon de partager le sort de l’humanité. Pour ceux qui en veulent encore et qui ont besoin de paroles claires, il a inspiré les évangiles où toujours, les mêmes mots : de prochain, de vie, d’espérance, d’amour et de partage s’entremêlent en une immense harmonie.

Portées à dos de chameau ou portées par le souffle de l’esprit de Dieu les promesses d’un monde nouveau, édifié par la sagesse des hommes et éclairée par les promesses de Dieu se profile à l’horizon. Dieu invite alors les hommes à mettre un temps d’arrêt dans leurs projets humains pour se laisser habiter par la sagesse du cœur, cette sagesse qui nous emplit quand nous laissons Dieu parler en nous. Ils apprendront alors à assembler les mots d’amour, de responsabilité et d’espérance qui se mettront à rimer entre eux selon la volonté de Dieu.

Les vœux que nous formulerons, en ce début d’année trouveront leur exaucement s’ils prennent le relais de cette sagesse du cœur qui nous vient de Dieu car c’est elle qui est la clé du devenir du monde. C’est elle seule qui peut ouvrir la porte qui peut libérer les secrets de Dieu qui se déverseront alors sur notre société.

(1) Genèse 9/25
(2) Luc 1/51-53

mercredi 27 décembre 2017

Luc 2/22-40 Siméon qui es-tu? Dimanche 31 décembre 2017



Luc:
22 Et, quand les jours de leur purification furent accomplis selon la loi de Moïse, ils l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur — 23 suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle né le premier de sa mère sera consacré au Seigneur — 24 et pour offrir en sacrifice une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes, selon ce qui est dit dans la loi du Seigneur.
25 Or il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux ; il attendait la consolation d’Israël, et l’Esprit saint était sur lui. 26 Il avait été divinement averti, par l’Esprit saint, qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. 27 Il vint au temple, poussé par l’Esprit. Et, comme les parents apportaient l’enfant Jésus pour accomplir à son égard ce qui était en usage d’après la loi, 28 il le prit dans ses bras, bénit Dieu et dit :
29 Maintenant, Maître, tu laisses ton esclave
s’en aller en paix selon ta parole.
30 Car mes yeux ont vu ton salut,
31 celui que tu as préparé devant tous les peuples,
32 lumière pour la révélation aux nations
et gloire de ton peuple, Israël.
33 Son père et sa mère s’étonnaient de ce qu’on disait de lui. 34 Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : Celui-ci est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël, et comme un signe qui provoquera la contradiction 35— et, toi-même, une épée te transpercera — de sorte que soient révélés les raisonnements de beaucoup.

36 Il y avait aussi une prophétesse, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge. Après avoir vécu sept ans avec son mari depuis sa virginité, 37 elle était restée veuve ; âgée de quatre-vingt-quatre ans, elle ne s’éloignait pas du temple et prenait part au culte, nuit et jour, par des jeûnes et des prières. 38 Elle aussi survint à ce moment même ; elle louait Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem.
39 Lorsqu’ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville.
40  Or l’enfant grandissait et devenait fort ; il était rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.


Le temps des prophètes était achevé depuis longtemps au temps des événements relatés,  mais rien n’est jamais terminé quand il s’agit  de la révélation de Dieu. Venus du fin fond des âges  deux vieillards, d’une fidélité irréprochable,  prophètes inconnus jusqu’alors, s’avancent sur la cène de l’histoire pour saluer un temps nouveau.  A peine entrevus, ils retourneront dans l’oubli mais les paroles de Siméon’’ seront retenues  ici, comme un préambule à l’Évangile dont la première page n’est pas encore écrite.
 L’essentiel du message de Jésus est donné d’emblée ici par ce vieillard qui parle en prophète : « Cet enfant est là pour la chute et le relèvement de beaucoup en Israël et comme un signe qui provoquera la contradiction ». En une formule lapidaire il résume tout l’Évangile qui n’a pas encore été prononcé. Désormais, aucun homme ne pourra tomber sans que son redressement ne soit une priorité pour Dieu. Notre vie s’ouvre donc sur la promesse que Dieu mettra tout en œuvre pour nous sortir d’affaire en cas de chute. Mais les hommes répondront-ils à sa mobilisation?
On oublie bien souvent cet épisode qui passe presque inaperçu dans la Bible. Mais c’est parce que l’événement est discret qu’il faut insister dessus. En général c’est par des interventions qui ne sont visibles que par ceux qui en sont dépositaires que Dieu révèle aux hommes le sens qu’il veut donner au cours de l’histoire. C’est aux hommes ensuite à le mettre en œuvre. Siméon attendait, comme tous les juifs que Dieu intervienne dans l’histoire de son peuple. Il lui suffit d’une seule phrase pour que tout l’avenir s’éclaire d’un sens nouveau : « Il est là pour la chute et le redressement de beaucoup« . Cette phrase prononcée, Siméon peut quitter le monde des vivants.
Quand nous nous interrogeons sur le sens de notre vie et que nous nous demandons à quoi nous servons réellement, il nous suffit de nous souvenir que le destin de Siméon n’était certainement pas écrit à l’avance d’une manière claire et précise, mais il lui a suffit, au soir de sa vie, de dire une seule phrase pour que son existence prenne du sens. Nous avons tous un rôle à jouer dans ce monde, ne serait-ce que celui de prononcer une seule parole, encore faudra-t-il la prononcer au bon moment.
Siméon semble avoir dit les choses au bon moment : « Il est pour la chute et le redressement de beaucoup! » Ainsi Dieu promet-t-il d’agir de telle sorte que ceux qui sont tombés puissent se redresser, et entrevoir une planche de salut ! C’est tout un programme. La mise en œuvre de cette promesse provoquera une telle contestation dans le monde, que Marie, qui ici, comme souvent dans l’Évangile, représente peut-être  l’Église en sera déchirée jusqu’au plus profond d’elle-même. Les hommes préféreront se diviser  entre eux au risque de défigurer l’Église plutôt que de se mettre au service de l’Évangile, c’est à dire au redressement des plus faibles.
Les mots que Siméon vient de prononcer et qui constituent le tout premier élément de la vocation de Jésus ne sont pas nouveaux. La tradition biblique avait enseigné depuis toujours que Dieu se rangeait du côté de ceux qui sont tombés et qu’il prend toujours le parti des faibles contre les forts. C’est par ce constat qu’a commencé l’histoire d’Israël: celle d’un petit peuple d’esclaves libérés par Moïse. Mais pour qu’une telle  promesse se réalise, il faudra toujours qu’il y ait quelqu’un pour accomplir le travail de  libération.
Siméon et bien d’autres prophètes avant lui savaient que la volonté de Dieu était que chacun se  mette au service des plus humbles, mais que cette volonté resterait sans suite si personne ne mettait la main à la pâte. Les hommes  ont toujours eu du mal à considérer que tout devait commencer par là. Pour la première fois dans l’histoire du monde, un vieillard pressent que l’enfant qu’on lui présente porte en lui la capacité de renverser le cours de l’histoire en faveur des déshérités, car c’est par là que commence la nouveauté.
 Il sait cependant que tout cela ne se fera pas sans mal, c’est pourquoi, il parle de contradiction. Les désirs de Dieu correspondent rarement aux souhaits des hommes.  Le rôle de Jésus a été de les mettre en accord au péril de sa vie. Siméon comprend avant les autres que ce sera difficile, que les hommes se déchireront entre eux à cause de la dimension sociale et humanitaire que va prendre l’action visible de Dieu dans le monde des humains. L’amour de Dieu relayé par l’action des hommes se manifestera en premier lieu par le souci des humbles. C’est la vocation que Dieu donne à celui qui pour le moment n’est qu’un bébé et que les nations salueront plus tard sous le titre de Fils de Dieu.
C’est sur lui que se porteront les premiers coups, parce qu’on l’a accusé de mépriser le bien fondé des gens  au pouvoir et   de discréditer  le culte et la tradition, au profit de l’amour du prochain. N’est-ce pas encore aujourd’hui un sujet de discorde entre ceux qui donnent priorité aux œuvres et ceux qui croient que priorité doit être donnée au culte, alors que les deux doivent se confondre en une même action. Quand Jésus lui-même sera tombé, c’est Dieu qui le redressera, car l’action de Dieu s’imposera désormais comme un défit à la mort. Mais cela ne s’imposera pas sans mal.
 Si Siméon continue sa prophétie en disant à Marie qu’elle sera  divisée jusqu’au plus profond de son âme,  c’est parce que les hommes eux-mêmes préféreront se diviser entre eux, diviser leur héritage spirituel, diviser le corps de l’Eglise plutôt que  de répondre à cette vocation de charité qui doit  régénérer le monde en faisant de tous les hommes nos prochains, même ceux qui ne pensent pas comme nous.
Ceux qui ont vocation d’être redressés, qui sont-ils? Vous les connaissez  mieux que moi, car ils sont nos prochains. Ce  sont ceux qui près de chez-nous ont besoin de nous. Mais pour se mettre à leur service, encore faut-il que nous ayons expérimenté en nous-mêmes cette transformation que Jésus peut entreprendre. Il s’agit de nos propres expériences quand nous aussi avons éprouvé le besoin  d’être secourus dans nos difficultés. Je pense à ceux qui se sentent en désaccord avec eux-mêmes et à ceux qui  sont tiraillés entre les exigences du moment et celles de leur foi.  Je pense à ceux qui ne savent pas trouver le sens de leur vie et qui ne sont pas satisfaits du cours que prennent les choses dans leur existence. Je pense aussi  à ceux qui se fourvoient   parce qu’ils font semblant de croire qu’une vie réussie est une vie couronnée d’honneurs et de privilèges, et qui considèrent que la réussite sociale est un cadeau du ciel si non de Dieu! A tous,  Jésus promet de les aider à jeter un autre regard sur leur vie qui les transformera et les rendra aptes au service des autres.
C’est pour tous ceux-là aussi que Jésus, reçoit vocation d’intervenir dans la vie. Il est capable de mettre du baume sur les parties douloureuses et il ouvre devant les pas de chacun une perspective d’espérance. En ce temps de Noël, prenez donc le temps de laisser Jésus naître dans vos âmes, ouvrez-lui votre cœur pour qu’il s’en empare. Cela prend du temps, cela demande parfois du renoncement. Cela demande que l’on se remette à prier, même si on ne sait plus le  faire. Mais c’est à ce prix là que l’Évangile manifeste sa capacité de changer le monde.
C’est alors que le mystère de la prière prendra  toute sa signification et son efficacité. Elle permet de s’ouvrir au Seigneur pour qu’il prenne en charge nos chutes. C’est alors, que sans que nous nous en rendions compte il commence à transformer notre vie et à nous ressusciter. Ainsi s’ouvre devant nous le programme d’une vie nouvelle habitée par Jésus et joyeusement ouverte aux autres et à Dieu.