jeudi 2 novembre 2017

Proverbes 8:12-20 et 32-36 La Sagesse - dimanche 12 novembre 2017




12 Moi, la sagesse, j'ai pour demeure l'esprit avisé, je sais trouver la connaissance de la réflexion.
13 La crainte du SEIGNEUR, c'est détester le mal ; la suffisance, l'orgueil, la voie mauvaise et la bouche perverse, je les déteste.
14 Le conseil et la raison m'appartiennent ; je suis l'intelligence, la force m'appartient.
15 C'est par moi que les rois règnent et que les princes légifèrent avec justice ;
16 c'est par moi que gouvernent les chefs, les nobles, tous les juges de la terre.
17 Moi, j'aime ceux qui m'aiment, et ceux qui me cherchent me trouvent.
18 Avec moi il y a richesse et gloire, biens durables et justice.
19 Mon fruit est meilleur que l'or, que l'or fin, et ce que je rapporte vaut plus que l'argent de choix.
20 Je marche sur le chemin de la justice, par les sentiers de l'équité,
32 Maintenant donc, mes fils, écoutez-moi ; heureux ceux qui gardent mes voies !
33 Ecoutez l'instruction, et devenez sages ; n'en faites pas peu de cas.
34 Heureux celui qui m'écoute, qui veille jour après jour à mon seuil, qui monte la garde près des montants de mes portes !
35 Car celui qui me trouve,  trouve la vie et obtient la faveur du SEIGNEUR.
36 Mais celui qui me manque se fait du tort à lui-même ; tous mes ennemis aiment la mort.
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Il est une discrète compagne de  Dieu qui vient à la rencontre  de ses amis quand ils  méditent sur  le sens des choses  et de leur vie, c’est la Sagesse. Elle s’est infiltrée dans quelques livres de la . Elle lui a même consacré tout un livre qui porte  son nom, le livre de la Sagesse qui figure dans les livres deutérocanoniques et  que les protestants n’ont pas retenu. On la trouve, comme ici dans le livre des Proverbes. L’Ecclésiaste, le Cantique des cantiques et le livre de Job sont également imprégnés de sa pensée.

D’une manière générale cependant, elle n’est pas la confidente des grands lecteurs de la Bible et ne rivalise pas avec les grands écrits des prophètes, même si ses propos s’y sont glissés subrepticement. On ne la trouve pas dans les Ecris du Nouveau Testament, et pourtant elle les a imprégnés. Très discrète, elle est venue habiter toute la Bible, mais beaucoup ignorent l’influence qu’elle a pu avoir sur les écrits bibliques au point qu’ils ont sans doute été surpris  quand j’ai osé dire qu’elle était la compagne de Dieu. Elle ne l’était pas comme une épouse, bien évidemment,  mais comme une expression de la pensée divine.

Selon les écrits qui lui sont consacrés,  Dieu conçut la création grâce à elle et il façonna l’esprit des humains pour qu’ils puissent pénétrer les pensées de Dieu et orienter leur vie. Dieu et l’homme étaient prévus pour  agir en harmonie avant même que le coup d’envoi fut donné à la création. Ainsi, grâce à la Sagesse qui présida à la naissance de l’homme, celui-ci pouvait œuvrer avec intelligence pour que sa vie prenne du sens  en compagnie de ses semblables et de toute la nature. Il nous appartient de mettre désormais en pratique ce que la Sagesse nous révèle de nous et qui nous vient de Dieu. C’est ainsi que nous puiserons à la source de la vie et que nous pourrons nous  parer du  titre de sage.

Tel fut le projet de Dieu,  il a été décrit comme celui  de Salomon le grand roi, même si le personnage historique ne correspond pas au personnage tel que la Sagesse le décrit. Tel est aussi le destin de tous ceux qui ont charge de gouverner les nations. Nous devons saluer ici l’esprit dans lequel agit la Sagesse car ses pensées ont une portée universelle. Elles ne sont pas seulement  propres au peuple d’Israël, mais  on les retrouve aussi d’une manière universelle dans la pensée des grands peuples  du Moyen Orient.

La sagesse   semble  avoir une portée universelle  et nous apparaît comme une qualité innée de l’homme. S’il la mettait en pratique avec intelligence, tout irait bien sur terre. Les peuples dirigés par des hommes qui se réclament d’elle devraient être heureux et la vie sur terre serait paradisiaque. Ce n’est donc pas par hasard si la Bible ouvre ses premiers chapitres sur une évocation du paradis où les hommes étaient destinés à vivre en harmonie de pensée avec Dieu dans une nature  où rien de leur serait hostile.

Mais nous le savons, ça n’a pas marché comme prévu, la  Sagesse, dès le point de départ s’est trouvée voilée par l’orgueil de l’homme et son esprit de domination l’a détourné de l’harmonie avec Dieu.   L’homme a détourné à son avantage personnel les valeurs que la Sagesse le poussait à partager.  La notion de partage, qui est le bien le plus sacré que la sagesse nous ait donné a eu du mal à s’inscrire dans les fondements de notre nature, c’est pourquoi,  nous avons tendance à supprimer le partage de la dimension que la « sagesse divine » nous a donné. Si Adam et Eve  ont partagé ensemble le fruit du jardin,  ce n’est pas pour rester en harmonie avec Dieu mais pour le tromper.  C’est là une autre manière de voir le récit de la chute, qui consiste  à détourner de son but ce qui avait été prévu autrement par Dieu.  C’est exactement là que se trouve l’origine du péché qui peut être perçu comme un détournement de la sagesse.

Pour se justifier vis-à-vis d’eux-mêmes et usurper une partie de la sagesse,  les hommes ont inventé toutes sortes de raisons pour ne pas partager entre eux.  Une de ces raisons consiste à inventer de fausses raisons et à prêter à Dieu des pensées qu’il n’a pas.  On a prétendu   qu’il aurait fait les hommes tous différents des uns des autres ce qui  justifierait la possibilité que les  uns ont de dominer les autres.  Une telle contre vérité étant acquise, la sagesse ne peut plus jouer correctement son rôle et Dieu  serait inévitablement  amené à changer  de visage.

Par de nombreux exemples la Bible s’efforce alors de nous démontrer que les hommes doivent faire un effort sur eux-mêmes pour retrouver la voie de la sagesse, sans toujours y arriver. Elle ne leur est pas fermée, mais ne peut leur être accessible qu’avec l’aide de Dieu. Le paradis étant  désormais inaccessible du fait que l’homme en a chassé Dieu en perdant  la possibilité de cohabiter avec lui, c’est l’arrogance et la jalousie qui vont devenir  les principales conseillères de l’homme.

 C’est alors que la deuxième page de la Bible nous met en présence de deux hommes dans une situation où la sagesse n’a plus de prise. Caïn tue son frère.   Le récit   nous montre ainsi que sans  la sagesse, c’est la mort qui devient la principale compagne  de l’homme. Mort pour lui, mais aussi mort pour Dieu. Si Caïn tue son frère, ce n’est pas tellement pour s’en prendre à lui et assouvir sa jalousie, c’est pour défier Dieu à qui il prête une logique qui n’est pas la sienne et une sagesse qui ne correspond  plus au Dieu de la sagesse, mais à un Dieu conçu par l’homme à sa propre image.

Pour trouver de la cohérence à ses sentiments vis-à-vis de son frère,  Caïn se forge une image de Dieu à sa propre ressemblance. Il imagine un Dieu aussi injuste que lui conforme à ses propres aliénations.  Il serait injuste dans ses choix et  dans ses relations avec les humains. En détruisant son frère, Caïn  détruit  aussi le Dieu injuste qu’il a créé à sa propre image et qui lui préfère son frère. S’il se libère de ce faux Dieu, il ne restaure pas pour autant le « Dieu sage » qui est à l’origine de tout et dont il s’est détourné.   Pour l’atteindre, il faudra qu’il fasse un effort et qu’il chasse de lui-même tout ce qui le détourne de la sagesse afin de retrouver la vie qu’il a tenté de détruire. Il lui faut retrouver cet autre Dieu qui a créé le monde avec équité et qui  tente de faire de l’homme son partenaire et son vis-à-vis capable de dialoguer avec lui et de  créer avec lui. 

Pour en finir avec cette question de sagesse, c’est Dieu lui-même qui tentera de reprendre la main. Il lui faudra détruire lui-même cette fausse image de Dieu que les hommes ont conçue.  Il faudra alors que ce soit lui, qui en blasphémant contre cette fausse image de Dieu, attire la mort sur lui.. C’est Jésus qui assumera ce rôle. C’est alors que la sagesse reprendra ses droits et deviendra à nouveau accessible  à tous ceux qui reconnaitront en cette image restaurée de Dieu, l’image du vrai Dieu. Jésus redonne alors à l’homme la possibilité de redevenir « sage »


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