samedi 7 novembre 2015

Luc 21:25-36: Veillez et priez dimanche 29 novembre 2015




La venue du Fils de l'homme
25Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles, et, sur la terre, une angoisse des nations qui ne sauront que faire au bruit de la mer et des flots ; 26les humains rendront l'âme de terreur dans l'attente de ce qui surviendra pour la terre habitée, car les puissances des cieux seront ébranlées. 27Alors on verra le Fils de l'homme venant sur une nuée avec beaucoup de puissance et de gloire. 28Quand cela commencera d'arriver, redressez-vous et levez la tête, parce que votre rédemption approche. 

L'approche du règne de Dieu
29Il leur dit encore une parabole : Voyez le figuier et tous les arbres. 30Dès qu'ils bourgeonnent, vous savez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l'été est proche. 31De même, vous aussi, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le règne de Dieu est proche. 32Amen, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout cela n'arrive. 33Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. 

La nécessité de veiller
34Prenez garde à vous-mêmes, de peur que votre cœur ne s'alourdisse dans les excès, les ivresses et les inquiétudes de la vie, et que ce jour n'arrive sur vous à l'improviste, 35comme un filet, car il viendra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. 36Restez donc éveillés et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d'échapper à tout ce qui va arriver et de vous tenir debout devant le Fils de l'homme.

L’être humain est une bien faible créature en dépit de ce qu’il croit.  Il est dépourvu de moyens de défense naturelles contre ses agresseurs. Il n’a ni ongles, ni griffes ni dents redoutables pour  se protéger de ceux qui l’attaquent. Il n’a ni poils ni plumes ni fourrure pour se prémunir contre les agressions du froid, de  la chaleur et de la pluie. En dépit des performances olympiques de ses champions,  il n’est pas un coureur assez rapide pour échapper à ses prédateurs. Il ne sait pas voler pour échapper à ses poursuivants, et ce n’est pas en nageant qu’il peut attraper des proies et s’en nourrir.

Seul dans un monde hostile, l’homme a cependant  réussi à conquérir  la planète. Il  s’est imposé à tout ce qui faisait obstacle à sa prodigieuse évolution, grâce à son intelligence et à l’habileté de ses mains. Il a laissé la trace de ses exploits dans des écrits, qui ont été lus de générations en générations  et qui ont renforcé pour ses descendants la certitude que l’homme est invincible. Hiéroglyphes, cunéiformes ou autres ont raconté ses alliances avec les dieux et ont assurés à   ses descendants qu’il avait une histoire commune avec eux . De tout temps il a cherché à s’approprier les faveurs de puissances extérieures à lui et il les a  divinisées. Les mythes les plus anciens racontent ses tentatives de devenir encore plus performant  grâce à la complicité des puissances célestes.

Mais il ne peut pas tout.  Il n’a pas réussi, malgré ses tentatives nombreuses, à séduire les puissances hostiles  qui habitent les mers et déclenchent les ouragans,  ni à éradiquer les maladies  qui détruisent des populations entières. Il y a des forces de la nature qu’il ne comprend pas et il accuse la colère des dieux de s’en prendre à lui. Même quand sa pensée à évolué au point d’abandonner le polythéisme lié aux forces de la nature pour adorer le Dieu unique créateur de tout chose,  il croit encore que les mouvements hostiles de  la nature qui lui sont hostiles ont quelque chose à voir avec  ce Dieu.

Toute une théologie biblique a été construite sur ce mythe et le peuple d’Israël  a continué à croire pendant longtemps que les catastrophes qu’il subissait étaient liées à la colère de Dieu qui lui reprochait  son infidélité. C’est ainsi qu’on a raconté le déluge.  C’est ainsi  aussi que l’on a expliqué la prise de Samarie en  723 et la chute de Jérusalem en 586. C’est  ainsi qu’on a expliqué le retour de l’exil parce que la colère de Dieu se apaisée.

Mais une théologie trop simpliste ne satisfait plus les penseurs. Trop d’événements inexplicables se produisent en dépit des actions bienveillantes de  Dieu. Les penseurs  bibliques pour approfondir les choses  se sont écartés des chemins de la facilité. Ils ont cherché à donner une image de Dieu plus appropriée à la situation. Dieu lui-même n’allait-il pas se fatiguer de toutes ses intentions qu’on lui prêtait.  Les Ecritures n’avaient-elles pas parlé d’un Messie qui devait venir? Les temps  vécus, devenus inexplicables allaient-ils s’achever par l’établissement d’un Royaume prospère,  et  la venue d’un  Roi céleste ? C'est ce qu'on  espérait au tournant du premier siècle. En attendant les légions romaines qui occupaient le pays imposaient une loi implacable et contraire au monothéisme que pratiquaient fidèlement les Hébreux.  Qui avait armé le bras romain pour dominer la terre ?

C’est rempli de ces réflexions que Luc l’écrivain de l’Évangile reprenait les propos de Jésus pour nous les transmettre, d’autant plus  que depuis les événements qui avaient marqué la mort de Jésus l’abomination de la désolation s’était abattue sur la Ville Sainte qui avait été détruite ainsi que son temple.  La question  devenait  cuisante pour tous : qui pouvait bien se cacher derrière une telle force  qui semblait  laisser croire que Dieu était vaincu dans son propre camp ? La question reste pertinente  aujourd’hui, et la comparaison avec l’actualité est toujours possible.
Dans ce contexte nous reprenons les propos de Jésus. Son discours semble  donner raison  aux thèses  catastrophiques selon lesquelles un fatalisme règne sur le monde qui entraînera sa destruction et la venue d’un Royaume  de paix, mais nous trouvons que ce temps d’attente est bien long. Faut-il voir les choses autrement ?

L’idée de la colère de Dieu est abandonnée par Jésus. Il le laisse en dehors du coup. En effet,  on comprendrait mal l’idée que Dieu  consente à tant de souffrances pour  provoquer une fin du monde  qui n’arrive toujours pas, car après  l’épisode évoqué ici, l’histoire du monde va continuer et je ne donne pas la liste des horreurs  qui se sont déroulées sur notre planète depuis 2 000 ans et dans lesquelles l’Église n’a pas toujours joué un joli rôle.

S’appuyant sur  les événements présents  et passés,  évoquant un avenir proche ou lointain, Jésus n’hésite pas à répondre aux inquiétudes des hommes et même à les amplifier. Il en rajoute même une couche  envisageant même que la planète n’y résistera pas.  Trop, c’est trop.  En fait  Jésus veut nous entraîner ailleurs, sur une autre voie car sa pensée ne relève pas de cette logique.

Curieusement, il ne fait aucune allusion à Dieu, Je l’ai déjà dit, qui ne semble pas directement impliqué dans cette affaire. Face à  ces moments difficiles qu’il évoque, face à la réalité terrifiante que vivent les peuples menacés, Jésus nous recommande seulement  de veiller et prier. Mais prier, nous le faisons bien et ça ne semble pas marcher. Mais prions-nous comme il le souhaite ? Il n’empêche  que c’est dans cette action  qu’il faut concentrer notre intelligence et exercer notre  sagesse.

Par ces  deux  recommandations   il fait appel à l’esprit inventif de l’homme,  celui de veiller. Il fait aussi appel à sa foi, prier. Il nous rappelle ainsi que la prière n’a pas pour objet l’attente  passive d’une  délivrance  de la part de Dieu, mais elle est une supplique qui lui est faite pour que son esprit nous visite  et que sous son action, nous mettions en œuvre notre intelligence.

C’est Dieu qui par sa sagesse éclaire notre pensée et nous aide ainsi à inventer des solutions car il n’y a pas de solutions toutes faites pour résoudre  des problèmes qui ne sont pas encore posés. Dieu fait confiance aux humains pour qu’ils inventent eux-mêmes les bonnes solutions. C’est ainsi par sa réponse à nos  prières que Dieu nous rend inventifs. Ainsi en nous poussant à une action réfléchie,  Dieu agit-il sans se substituer  à nous.


Éclairés par l’Évangile  qui est au cœur de notre foi, nous pouvons déjouer les mauvais plans du malin. En utilisant le mot de malin je n’envisage pas l’action d’un être étranger et hostile à Dieu, mais j’envisage l’action des mauvais penchants des hommes, tels l’égoïsme ou l’esprit de domination qui  les poussent à accabler les autres. Dans ce type de situation j’espère en Dieu pour qu’il nous aide à devenir  de bons veilleurs  et  pour stimuler  ceux qui agissent dans ce monde à être des hommes de foi.

Notre monde est habité par des hommes dont l’orgueil  les laisse croire qu’ils sont seuls capables de conduire les peuples au nom d’un Dieu qu’ils se fabriquent et qui n’est autre que le reflet de leurs prétentions. Ils croient même pouvoir se passer de lui et le supplanter en développant les théories du transhumanisme. Or  vous avez remarqué  que Jésus écarte l’action de Dieu dans tout cela, car pour lui, Dieu, s'il  a des projetsur l’avenir du monde il ne  s’y reconnait aucun rôle si non de se  contenter d’inspirer ceux qui le lui demandent,  pour construire l’avenir. Il  n'abandonne pas les hommes, mais collabore avec eux pour inventer un avenir heureux pour l’humanité. 



Illustrations: Tintin :l'étoile mystérieuse

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