lundi 10 juillet 2017

Matthieu 13-24-43 le bien ou le mal ? Dimanche 23 juillet 2017



Matthieu 13/24-44


La parabole de la mauvaise herbe


24 Il leur proposa cette autre parabole : Il en va du règne des cieux comme d'un homme qui avait semé de la bonne semence dans son champ. 25 Pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de la mauvaise herbe au milieu du blé et s'en alla. 26 Lorsque l'herbe eut poussé et produit du fruit, la mauvaise herbe parut aussi. 27 Les esclaves du maître de maison vinrent lui dire : Seigneur, n'as-tu pas semé de la bonne semence dans ton champ ? D'où vient donc qu'il y ait de la mauvaise herbe ? 28 Il leur répondit : C'est un ennemi qui a fait cela. Les esclaves lui dirent : Veux-tu que nous allions l'arracher ? 29 Non, dit-il, de peur qu'en arrachant la mauvaise herbe, vous ne déraciniez le blé en même temps. 30 Laissez croître ensemble l'un et l'autre jusqu'à la moisson ; au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d'abord la mauvaise herbe et liez-la en gerbes pour la brûler, puis recueillez le blé dans ma grange.


La parabole de la graine de moutarde


31 Il leur proposa cette autre parabole : Voici à quoi le règne des cieux est semblable : une graine de moutarde qu'un homme a prise et semée dans son champ. 32C'est la plus petite de toutes les semences ; mais, quand elle a poussé, elle est plus grande que les plantes potagères et elle devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. La parabole du levain 33 Il leur dit cette autre parabole : Voici à quoi le règne des cieux est semblable : du levain qu'une femme a pris et introduit dans trois séas de farine, jusqu'à ce que tout ait levé. L'enseignement par les paraboles 34 Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles ; il ne leur disait rien sans parabole, 35 afin que s'accomplisse ce qui avait été dit par l'entremise du prophète : Je prendrai la parole pour dire des paraboles, je proclamerai des choses cachées depuis la fondation du monde.


Jésus explique la parabole de la mauvaise herbe


36 Alors il laissa les foules et entra dans la maison. Ses disciples vinrent lui dire : Explique-nous la parabole de la mauvaise herbe dans le champ. 37 Il leur répondit : Celui qui sème la bonne semence, c'est le Fils de l'homme ; 38 le champ, c'est le monde, la bonne semence, ce sont les fils du Royaume ; la mauvaise herbe, ce sont les fils du Mauvais ; 39 l'ennemi qui l'a semée, c'est le diable ; la moisson, c'est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. 40 Ainsi, tout comme on arrache la mauvaise herbe pour la jeter au feu, de même en sera-t-il à la fin du monde. 41 Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal, 42 et ils les jetteront dans la fournaise ardente ; c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents. 43 Alors les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles entende !

La parabole du trésor caché

44 Voici à quoi le règne des cieux est semblable : un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a trouvé le cache et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il a pour acheter ce champ-là.


Comment ne pas se sentir frustré quand on voit tout ce mal autour de nous et qu’on se sent incapable d’agir pour améliorer les choses. A force de regarder le monde au travers des médias habituels, nous avons nettement l’impression que le mal gagne du terrain et qu’il occupe tout l’espace. Prudemment les sociétés modernes ayant observé le phénomène ont cherché à se prémunir contre ce danger qui va croissant Elles ont inventé un indicateur de tendance qui leur permet de repérer les lieux où les nuages annonciateurs d’un surcroît de mal et de violence s’amoncellent.

Cela s’appelle les « Droits de l’homme ». A côté de cet indicateurs, on a mis en place des organismes, officiels ou non, qui réagissent au danger et signalent à l’opinion public ceux qui contreviennent aux règles édictées. C’est Amnesty International et l’A.C.A.T., ce sont les O.N.G., c’est l’ONU. Ces organismes préviennent, tentent de guérir les maux et se précipitent au secourir les victimes. Ainsi l’homme moderne se croit à l’ abri des provocations du mal que les nations ou les dirigeants peuvent faire aux individus.

Quand le mal a pour origine la nature et qu’il provoque les hommes dans leur santé, ceux-ci se retournent vers les hommes de science dont ils ont observé les progrès spectaculaires, mais les derniers événements les rendent très méfiants et on ne leur accorde plus beaucoup de crédit. On ne croit plus aux solutions que proposent les spécialistes pour venir à bout des fléaux naturels, ni même pour éradiquer les maladies que l’on dit encore incurables.

Malheur à l’homme qui se confie en l’homme avertissait Jérémie. Il ne faut pas être fin prophète pour observer que le mal sous forme de corruption s’insinue dans les sociétés les plus respectables et pollue ainsi nos refuges de sagesse et d’espoir. Nous découvrons que les critères d’appréciation du bien et du mal changent selon que l’on est d’un côté ou de l’autre d’une frontière. Curieusement, la morale des pays nantis se rit de celle des pays pauvres et veut leur donner des leçons, si bien que les pays riches continuent à s’enrichir malgré leur générosité apparente érigée au rang de doctrine, et les pays pauvres restent pauvres malgré les vertus de leurs habitants.

Ce simple survol de la situation de nos sociétés modernes nous amène à constater que le bien et le mal sont deux compagnons inséparables qui bien qu’ennemis semblent ne pas pouvoir se passer l’un de l’autre. La parabole qui sert de support à mon propos nous montre que les racines de l’ivraie sont étroitement emmêlées dans celles du froment. Jésus avait une vision réaliste du monde, mais cette vision ainsi décrite est plutôt démoralisante, puisqu’elle ne nous donne aucune solution. Si on veut éradiquer le mal on risque du même coup d’entraîner la disparition du bien et de faire un mal plus grand encore.

Faut-il alors baisser les bras, fuir ce monde et nous enfermer dans la piété et la prière comme certains le préconisent? Peut-on pieusement regarder le monde s’effondrer dans une tourmente effroyable que le cinéma d’avant garde nous décrit avec réalisme et attendre que ça se passe pour partager le salut éternel avec les élus? Non nous dit le Seigneur. Et il y a une bonne raison à cela. Nous sommes imprégnés nous aussi par le mal. S’il est solidement enraciné dans le monde, il est aussi solidement enraciné en nous. Un ennemi l’y a mis. Et Dieu ne peut pas nous laisser croire que nous pouvons nous attaquer à cet ennemi et le vaincre, puisqu’il est aussi en nous. Mais qui donc est-il?

Certains croient parfois que Dieu a fait la part des choses et qu’il a fini par s’accommoder de cet ennemi dont il se servirait pour provoquer les hommes et les ramener à la raison : « Il est un mal que le ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre: la peste puisqu’il faut l’appeler par son nom... ». Ainsi philosophait Jean de La Fontaine et avec lui beaucoup pensent que du bien peut sortir du mal. Certains sont enclins à croire que Dieu utiliserait le mal, comme le font les éducateurs qui se servent du martinet ou de la fessée. Pourtant l’Écriture se porte en faux contre tout cela. Le mal y est clairement décrit comme un ennemi de Dieu. Dieu ne pactise pas avec lui. Dieu ne mange pas avec le diable, même avec une grande cuillère, il en fait son adversaire personnel et ne confie à personne d’autre que lui-même le soin de le combattre.

Ce que l’on constate, dès la première page de la Bible, c’est que Dieu lui même semble en être victime. Il est conscient du fait que le mal ou le diable ou quel que soit son nom s’est emparé d’une partie du monde et des hommes. C’est pour remédier à cela que Dieu décide de passer avec les humains un contrat de collaboration et faire triompher la vie là où le mal propose la mort. Dieu n’attaque pas pour autant le mal de front et ne nous demande pas de le faire. Au contraire il demande à l’homme de se mettre au service de Dieu en faisant le bien. Dieu sait que le bien triomphera du mal, car le mal porte en lui sa propre défaite et le bien porte en lui sa propre victoire.

Nous utilisons nos propres critères de justice, pour organiser le monde, sans vraiment savoir si nous sommes vraiment capables de reconnaître ce qui est « bien » ou ce qui est mal, car le mal et le bien sont étroitement imbriqués l’un dans l’autre. Ce qui est bien sous un aspect peut devenir mauvais vu sous un autre angle. Le mal semble dépendant du bien de la même façon que l’ombre est dépendante de la lumière et en est la conséquence. Nous prenons donc conscience qu’il y a aussi du mal en nous et que notre foi en Dieu ne peut l’éradiquer.

Il est bon alors de se tourner vers l’Écriture et d’entendre Jésus nous dire de ne pas nous attaquer au mal, car c’est le travail de Dieu! Quant au bien, puisqu’il nous est impossible à coup sûr de faire le bon choix Il nous propose de nous y prendre autrement.

Dieu en se révélant aux hommes passe avec eux un contrat de vie. Dieu se révèle à nous comme celui qui fait vivre, même quand la mort semble avoir anéanti tout espoir. Il fait vivre même ce qui a perdu l’illusion d’exister. Ce contrat de vie que nous passons avec lui, est lié à la résurrection de Jésus. Il consiste à faire vivre ou à aider à vivre tout ce qui à vocation à vivre. Il consiste donc à faire des actes qui portent la vie en eux. Nous n’avons pas alors à nous poser la question de savoir si c’est bien ou si c’est mal. Jésus semble dire que tout ce qui provoque la vie est bon, même si celui pour lequel on agit nous paraît mauvais ou perdu, même si nos critères de morale le condamnent. Il nous est alors demandé d’imiter Dieu et d’être porteur de vie. C’est à partir de ce raisonnement simple que sont appelé à agir les aumôniers de prison, par exemple. Comment être présent auprès de ceux que le société réprouve si nous ne sommes pas persuadés que Dieu a pour eux des projets de vie. Nous ne trahirons jamais Dieu si par notre action, nous favorisons tout ce qui fait vivre.

Certes, la morale des hommes ou la morale sociale verra d’un mauvais œil un tel enseignement, car en donnant des gages de vie au méchant, nous semblons compromettre l’avenir de la société. Est-ce aussi sûr? Il est clair pourtant que Dieu nous demande d’agir de telle sorte que la vie se dégage de nos actions et que le mieux être des hommes doit être l’aboutissement de ce que nous faisons, quels que soient les hommes, même si ceux qui sont « sages » ou plus savants que nous ou mieux informés que nous ou mieux placés que nous pensent le contraire.

lundi 3 juillet 2017

Matthieu 13:1-23 Le semeur - dimanche 16 juillet 2017




Matthieu 13:1-23 dimanche 16 juillet 2017  le Semeur.
Reprise du 13 juillet 2014


Matthieu 13/1-23
Ce jour là, Jésus sortit de la maison et s’assit au bord de la mer. De si grandes foules s’assemblèrent auprès de lui qu’il monta s’asseoir dans une barque. Toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur parla longuement en paraboles, il leur disait :

Le semeur sortit pour semer. Comme il semait, quelques grains tombèrent le long du chemin ; les oiseaux vinrent et les mangèrent. D’autres tombèrent dans des endroits pierreux, où il n’y avait pas beaucoup de terre. Ils levèrent aussitôt parce qu’ils ne trouvèrent pas une terre profonde ; mais quand le soleil se leva ils furent  brûlés et séchèrent faute de racines. D’autres tombèrent parmi les épines, les épines montèrent et les étouffèrent. D’autres tombèrent dans de la bonne terre : ils formèrent du fruit, un grain cent,  un autre soixante, un autre trente. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

Les disciples s’approchèrent et lui dirent pourquoi  leur parles-tu en paraboles ? Jésus leur répondit : Parce qu’il vous a été donné de connaître le Royaume des cieux, et qu’a eux cela n’a pas été donné. Car on donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient pas et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent. Et pour eux s’accomplit cette prophétie d’Esaïe : Vous entendrez bien et vous ne comprendrez point, car le cœur ce  peuple est devenu insensible ; ils se sont bouché les oreilles et ont fermé les yeux, de peur de voir de leurs yeux et d’entendre de leurs oreilles, de comprendre de leurs cœurs  et de se convertir en sorte que je les guérisse .

Mais heureux sont vos yeux parce qu’ils voient et vos oreilles parce qu’elles entendent. En vérité, je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous regardez et ne l’ont pas vu entendre ce que vous entendez et ne l’ont pas entendu.

Voyez donc ce que signifie la parabole du semeur. Lorsqu’un homme écoute la  parole du royaume et ne la comprend pas, le malin vient et enlève ce qui a été semé dans son cœur, c’est celui qui a reçu la semence le long du chemin. Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c’est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie, mais il n’a pas de racines en lui-même, il est l’homme d’un moment et dès que survient une tribulation ou une persécution, à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute. Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c’est celui qui entend la parole mais en qui les soucis du monde et la séduction des richesses étouffent la parole et la rendent  infructueuse. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit : un grain en donne cent, un autre soixante et un autre trente




On a tout dit sur cette parabole tant elle est connue et le prédicateur aura du  mal à intéresser quelqu'un à son sujet. On a dit que ce semeur était d'une générosité incomparable, prodiguant sa semence sur toute la terre, même la plus ingrate. On a dit aussi qu'il était incompétent et qu'aucun homme  de métier ne s’y prendrait  comme lui sans se ruiner. Mais avant tout n’’oublions pas que  ce semeur  n'est pas un homme, mais qu’il est Dieu. Derrière son attitude, il y a un enseignement que nous ne comprenons pas toujours, et peut être aujourd'hui moins que jadis, car nous sommes  devenus des étrangers par rapport aux travaux de la terre.

Mais ce ne sont pas les qualités ou les défauts de ce semeur qui m’intéressent, je m'arrêterai sur le fait que Jésus explique qu’il est normal que certains ne les comprennent pas, car pour les comprendre, il faut avoir saisi ce que signifiait le mystère du Royaume des cieux. Notre but est donc d’essayer de comprendre  ce que représente pour Jésus ce  mystérieux Royaume.

Le semeur moderne doit rester perplexe en face de  ce texte, car on  décrit ici un  semeur qui jette sa semence de partout, sans tenir compte de la nature des terrains, que ce soit chemins pierreux, bonne terre ou broussailles. Quand par hasard, sa semence se met à produire elle, manifeste une productivité fantaisiste. Certains épis donnent  100 pour 1, un autre 60 et un autre 30. Autrement dit le semeur sème n'importe comment et ça pousse n'importe comment ! Ce n'est donc ni dans la manière de semer, ni dans la qualité de la récolte que réside l'enseignement de cette parabole. Ce n'est pas non plus dans l'insouciance et le désordre, mais ce serait plutôt dans la générosité et la gratuité. Le semeur jette tout ce qu'il a et le répand sans discrimination, de partout, et il ne se préoccupe pas de la quantité de ce qu'il récolte. Ce qui l'intéresse c'est qu'il y ait une récolte, et peu importe, semble-t-il qu'il ramasse moins qu'il ait semé. Ainsi, les règles de rentabilité du Royaume des cieux n'ont rien à voir avec les nôtres. Cela nous permet de constater qu'il y a un profond décalage entre  Dieu et nous, entre le ciel et la terre.


Il est bien évident que la manière d'agir du semeur ne concerne pas le travail de la terre mais qu'il concerne plutôt le travail des âmes. Il n'empêche qu'il doit forcément y avoir un point commun entre ce que Jésus nous enseigne et ce que nous faisons. Nous sommes invités à imiter le semeur dans certains de nos comportements. Mais lesquels ?

 Sans doute devons-nous tenir compte du caractère désintéressé de nos motivations,  en sachant que ce qui devrait nous animer en premier chef ne devrait  pas être l’intérêt mais la générosité.  Economiquement ce principe  est parfaitement incompatible avec la vie d’aujourd’hui, pourtant, où que nous soyons, nous devons nous présenter comme les témoins de notre foi selon laquelle nous croyons que c'est Dieu qui gère le monde et non les hommes.

Nous devons vivre notre foi  là où nous sommes et peu importe si le lieu où nous sommes  est propice  à sa manifestation.   Le semeur de la parabole commence son activité  par le chemin, et il continue par les pierres, puis  par les épines et enfin par la  bonne terre où le rendement est très variable. Voici donc une parabole adressée à chacun de nous pour qu'il ne se décourage pas si sa foi n'est pas prise au sérieux. Cela s'applique également à l'Eglise  pour qu'elle ne cherche  pas tant à être efficace qu’à  être fidèle. Il ne faut pas oublier que les œuvres  de la foi ne sont pas forcément celles qui se voient. Une Eglise trop visible qui aurait la faveur des foules n’est pas forcément fidèle.  Qu'elle cherche donc à donner toute sa mesure à sa générosité en vue du Royaume et peu importe si cela ne produit que de maigres fruits ou pas de fruit du tout. Le but de l'opération n'est pas l'efficacité, mais la manifestation du Royaume. Mais savons-nous bien encore ce qu'est le Royaume?

Tout le monde serait bien évidemment d'accord pour dire que le Royaume  concerne Dieu mais que dire de plus ? Les sages de notre pays ont été interrogés sur cette question, bien involontairement, il va s'en dire, et ils n'ont pas su répondre. En parlant de "sages" je veux faire allusion à une histoire assez ancienne où des magistrats ont fait figure de sages. Il y a  déjà longtemps, certains pasteurs frondeurs s'étaient avisés de traîner devant les tribunaux les autorités nationales de notre Eglise qui avaient enfreint, selon eux, les règles du code du travail. Les magistrats, peu enclins à faire de la théologie ont pris les plaignants à leur propre piège. Ils se sont saisis de la déclaration de foi de l'Eglise Réformée qui existait encore et dans laquelle on peut lire que  « l'Eglise travaille au réveil des âmes... et qu'elle prépare les chemins du Seigneur jusqu'à ce que vienne par le triomphe de son chef, le Royaume de Dieu et sa justice ».  Ils ont conclut que "travailler à la venue du Royaume de Dieu" n'était pas un travail de la même nature que ce que l'on entend habituellement par cette expression, et ils les ont renvoyés  les plaignants à leurs chères  paroisses, ainsi avaient-ils échappé au piège qui consistait  à définir le Royaume de Dieu en termes  adaptés au monde extérieur à l’Église..


Pour beaucoup le Royaume de Dieu se confond avec la fin des temps et ils rejettent ainsi dans un avenir lointain la réponse aux urgences du moment. Il me semble que c'est parce que nous nous maintenons dans cette perspective que nos contemporains ne se sentent pas très concernés par notre message puisqu'il envisage une fin des temps qui se confond avec un futur lointain et problématique. Dans une telle vision des choses nous négligeons le court terme. Or c'est dans le court terme que se posent les urgences du moment. Les témoins de Jéhovah en supprimant le long terme et en déclarant que la fin du monde est toute proche, réduisent les distances du temps et répondent donc à leur manière aux urgences de notre époque, puisque pour eux le couvercle de la marmite va bientôt sauter. Leur réponse est sans doute mauvaise pensons-nous. Mais ils en ont une !  Le succès des sectes vient du fait qu'elles proposent une réponse dans le court terme. Qu'en est-il de nous ?

Si nous sommes maladroits pour donner des réponses, l'Evangile cependant en donne une, mais cela nécessite de notre part un comportement différent de celui des autres. Peut-être sommes-nous trop maladroits, trop égoïstes, pour savoir manifester la réponse de l'Evangile.  Il est clair pour lui, que le Royaume de Dieu  relève d’une autre sagesse que celle qui a cours dans la société d’aujourd’hui. Dieu est rendu présent par la spontanéité, la générosité, l’abnégation de ceux qui savent que c'est Jésus Christ qui les habite et qui motive leurs attitudes. C'est par eux que Jésus est présent dans ce monde et qu'il répond à  ses questions.

Pour tout Chrétien conséquent Dieu se tient continuellement à ses côtés, quand il prie, quand il agit ou quand il dort. Le Royaume de Dieu devient une réalité pour nous, toutes les fois que nous prenons conscience que la présence de Dieu en nous, sollicite des attitudes  nouvelles qui sont en décalage par rapport à l’attitude que prendraient les autres dans des conditions semblables.

Il est donc nécessaire maintenant que nous nous interrogions sur notre propre spiritualité et notre  vie intérieure,  car le Royaume de Dieu est en nous. Il est l’expression de la présence de Dieu dans votre âme, autrement dit de votre intimité avec Dieu.  Certes ma question est indiscrète et n'appelle pas de réponse. Mais elle nous invite à un questionnement sur nous-mêmes.

Nous existons parce que le Christ vit et agit en nous, et nous devons nous en émerveiller chaque matin et en rendre grâce à Dieu chaque soir. Et  quand nous le ferons tous, ce sermon n'aura plus de raison d'être.




Illustrations : Le semeur de Van Gogh

samedi 1 juillet 2017

Romains 8/9-13 On ne démontre pas Dieu, on l'entend - dimanche 9 juillet 2017




Romains 8/ 

9 Quant à vous, vous n'êtes pas sous l'empire de la chair, mais sous celui de l'Esprit, s'il est vrai que l'Esprit de Dieu habite en vous. Et si quelqu'un n'a pas l'Esprit du Christ, il ne lui appartient pas.
10 Or si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l'Esprit est vie à cause de la justice.
11 Et si l'Esprit de celui qui a réveillé Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a réveillé le Christ d'entre les morts fera aussi vivre vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
12 Ainsi donc, mes frères, nous sommes bien débiteurs, mais non pas envers la chair — pas pour vivre selon la chair.
13 En effet, si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si par l'Esprit vous faites mourir les agissements du corps, vous vivrez.

Celui qui croit en Dieu, aussi bien que celui qui n’y croit pas cherche Dieu, car il est sous l’emprise de la chair et  il ne s’est pas encore placé sous l’influence de l’esprit de Dieu qui agit en lui de telle sorte que toute chose devient différente car Dieu ne se démontre pas, il s’entend. Le premier, celui qui cherche Dieu, le fait pour se prouver à lui-même, comme aux autres la réalité de Dieu.  Le deuxième, celui qui ne croit pas en Dieu, le  cherche quand même pour se prouver à lui-même et aux autres, que Dieu n’existe pas. Mais quel intérêt peut avoir un tel exercice ?


En fait l’homme se cherche lui-même et aimerait se situer dans l’univers où il se sent perdu. S’il arrive  par des arguments à se convaincre lui-même de l’une ou l’autre réalité, il se sortira grandit de cette exercice puisque par sa propre réflexion il aura réussit, soit à s’élever au niveau du divin au cas où il serait arrivé à se convaincre de l’existence de Dieu, soit dans le cas de la non existence de Dieu il aurait réussi à se convaincre qu’il n’y a rien au dessus de lui-même. 

Vanité que tout cela constate l’Ecclésiaste, de telles élucubrations ne résistent pas à l’emprise d’un vent contraire. Il n’empêche que ce double exercice auquel nous venons de nous livrer mobilise les hommes depuis que le monde existe et que les hommes se sont entretués au nom de principes qui n’émanent que de leurs élucubrations personnelles sans vraiment  qu’aucune preuve logique ne soit fournie.

Certes, ceux qui prétendent avoir trouvé Dieu le font au nom d’expériences indémontrables. Ils cherchent leurs preuves dans les forces de la nature qu’ils utilisent comme arguments incontournables et qui ont toutes été éliminées à mesure des progrès de la  science. Ils se sont aussi appuyés sur des affirmations philosophiques sur les quelles ils ont étayé leurs théories. La logique pensent-ils veut qu’il y ait  un inventeur  à cette prodigieuse machine qui est l’univers et qu’il y ait un mécanicien pour la faire fonctionner.  Il faut en même temps un concepteur fort habile pour inventer les merveilles qui font que  tout se meut avec harmonie sur cette terre !

Mais de tels arguments sont bien vite dénoncés par ceux qui prétendent le contraire et qui affirment que les malheurs qui accablent le monde, les inégalités entre les espèces et la mort elle-même sont à l’évidence la preuve de la non-existence de Dieu.


On pourrait épiloguer longuement  sur cette question si elle ne cachait pas une profonde angoisse  qui se niche au cœur de l’humanité.  La présence ou l’absence de Dieu ne servent qu’à alimenter des arguments qui  les rassurent, car l’homme a peur en face d’un univers qu’il ne maîtrise pas et que les découvertes apportées par sa propre science ne font que rendre de moins en moins accessibles. Il faut désormais compter en millions d’années lumières pour discerner  dans l’univers la présence d’êtres pensants susceptibles de nous ressembler. Pascal se disait effrayé par l’immensité des espaces infinis.  En fait  en cherchant une logique dans la présence ou l’absence de Dieu, c’est une clé universelle  que nous cherchons, elle qui nous ouvrirait à une meilleure compréhension du monde, mais nous semblons loin d’y arriver.

Malgré  la diversité des  opinions  et des croyances qui nous éloignent  d’une réponse  cohérente concernant le sens  de l’univers,  c’est peut être le Dalaï Lama qui nous ouvre une porte. Dans une interview récente publiée dans la presse religieuse il laisse entendre  que des hommes tels Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela (1)  entraineraient l’humanité  vers une solution qui donnerait du sens à notre existence. En s’engageant résolument sur le chemin de la non violence ils offrent  à notre réflexion une ouverture vers une voie possible.

S’il n’y avait plus de rivalité entre les hommes, le monde ne serait-il pas plus compréhensible ?  En s’écartant  de la problématique de la recherche  du savoir sur l’existence de Dieu, les trois penseurs cités  ne rejoignent-ils pas l’enseignement de Jésus sur Dieu ? En cherchant à ouvrir ses contemporains à la compréhension de Dieu ne disait-il pas que Dieu est amour,  c'est-à-dire  que la vérité sur Dieu selon Jésus nous amène d’abord à un changement de comportement vis-à-vis des hommes, c’est alors qu’ils comprendront Dieu et qu’ils saisiront quel rôle il joue dans l’univers.  Si à force de le chercher  et si nous espérons le trouver c’est en essayant  d’appliquer l’altruisme dans toutes nos relations avec autrui que la connaissance de Dieu se fera en nous.


Nous n’arrivons pas à la connaissance de Dieu en cherchant sa manifestation dans  toutes sortes de prodiges et nous ne nions pas la réalité de Dieu en contestant sa  présence dans  les merveilles de la nature. Nous ne démontrerons pas sa non- existence en  niant  les effets de sa présence dans les mouvements de la nature. Dieu n’agit en aucune manière pour se faire connaître des hommes, mais il vient à leur rencontre dans cet espace  réservé à chacun d’eux dans  le secret  et  l’intimité de leur cœur.  Il s’agit pour nous d’aller à la rencontre de ces voies intérieures qui nous habitent et que Dieu utilise pour nous parler.

C’est ainsi que l’esprit de Dieu agit en nous et vient lui-même à la rencontre de notre propre esprit à condition que nous fassions l’effort de l’écouter.  Selon l’enseignement de Jésus l’esprit de Dieu parle en nous par les intuitions d’amour que nous ressentons au fond de nous et qui nous poussent à agir de telle sorte que tous les hommes se portent mieux. C’est en écoutant la voix de son esprit qui parle en nous que Dieu se fait présent en nous et que nous aurons  la certitude de son existence. Dieu ne se démontre pas, il s’entend. Nous aurons la certitude de sa présence quand nous aurons compris son injonction à aller vers les autre, pour construire un monde plus juste et plus fraternel.

(1)  Le monde des religions, N° 84 page 69