




Le but de ce blog est de proposer une lecture pertinente, ou impertinente des textes proposés par la liste de lectures de l'Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) pour les méditer au culte du Dimanche. Nous proposerons de publier les sermons avec un décalage d'une semaine ou même deux, pour qu'ils puissent être travaillés par les lecteurs qui désirent s'en servir pour le culte du dimanche.
Genèse 14
Hébreux 5
N’est-il pas étrange ce roi mystérieux, qui semble sortir tout droit d’un conte de fée pour venir rendre hommage à Abraham ? Son histoire relèverait certainement d’une légende si elle ne révélait pas une vérité fondamentale sur Dieu ! Encore faut-il prendre le temps de la chercher. On ne sait ni qui est ce roi, ni d’où il vient, ni où il va. Trois versets suffisent à nous révéler tout ce que l’on doit savoir sur lui. C’est sans doute parce qu’on n’en a pas assez dit que l’on s’est souvent permis d’en rajouter. Pour ce qui nous concerne, nous nous en tiendrons à ce qui est écrit à son sujet dans ces quelques lignes.
Nous dirons cependant que c’est à l’épître aux Hébreux que l’on doit de l’avoir sorti de son mystère pour mieux l’y enfermer. Il serait selon ce texte une image prophétique du Christ. Roi sans lignée, souverain de la ville de Salem, la cité de la paix, grand prêtre d’une religion inconnue qui vénère le Dieu très Haut. Abraham qui reçoit de lui le pain et le vin lui rend un humble hommage et lui paye la dîme. Est-ce suffisant pour exciter votre curiosité ?
Trois lignes de texte ne permettent pas de se livrer à une exégèse trop fouillée. Elle nous permet de dire cependant que nulle part dans l’Ecriture il nous est dit quoi que ce soit sur ce Dieu très Haut. Nous ne sommes d’ailleurs pas très familiarités avec cette expression.. Le Dieu que vénère Abraham et qui nous est présenté par la tradition biblique s’est présenté au patriarche en d’autres termes. Il s’est présenté comme le Dieu de la promesse et par la suite se présentera comme, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Son culte pourrait être à l’origine celui d’une tribut nomade et sera reconnu ensuite comme le Dieu d’Israël dont on nous fera connaître le nom : Yahvé. Perçu comme le Dieu d’une famille il deviendra le Dieu de tout un peuple. Il se fera connaître ensuite comme le Dieu des nations pour devenir le Dieu unique. Mais en bien peu d’endroit, il est question d’un Dieu Très Haut, sans autre attribut que sa toute puissance.
Ces quelques remarques vont nous permettre de dire que la tradition qui concerne ce roi mystérieux est une tradition récente puisqu’elle confère à Dieu une compétence universelle. Les autres dieux ne semblent pas exister devant lui, car il n’y a pas d’autre dieu en dehors de lui, en tout cas aucun autre dieu n’est nommé en même temps que lui. C’est ici une conception tellement moderne que nous sommes surpris de la découvrir au cœur d’un texte qui se réfère à Dieu dans un conteste qui relève d’une tradition plus ancienne. Voilà pourquoi le personnage de Melchisédech nous paraît fascinant.
C’est donc en empruntant à ce court texte, les quelques détails dont nous disposons que nous allons essayer de définir les caractéristiques que lui confère sa divinité. Cette image nous interpelle parce que les théologiens et les penseurs d’aujourd’hui s’appliquent plus à nous transmettre d’un Dieu d’amour que d’un Dieu perdu dans les hauteurs du ciel. Le Dieu d’amour s’efface devant son Fils devenu homme, il se retire même de sa création pour laisser les hommes œuvrer sous l’inspiration de son Esprit. Curieusement, Jésus, le Fils de Dieu qui s’est fait homme pour nous apporter le salut en nous révélant la route à suivre est salué par l’épître aux Hébreux du titre de « sacrificateur selon l’ordre de Melchisédech ». Le mystère s’épaissit, il crée de la distance entre nous et le Christ, et nous avons peur de n’y comprendre plus rien.
Le nom même de Melchisédech est revêtu d’une valeur symbolique. S’il est roi et prêtre au service du Dieu tout Puissant, son nom signifie « roi de Justice » et il règne sur Salem dont le nom signifie la paix. Ces deux notions de justice et de paix vont nous aider à définir les qualités de ce Dieu très haut que vénère cet étrange personnage à qui Abraham se soumet non seulement comme vassal, mais comme adorateur du Dieu pour lequel il exerce la prêtrise. Le Dieu d'Abraham et celui de Melchiédech est bien le même Dieu.
Abraham fut le premier homme selon la Bible à qui Dieu se soit révélé et il s’est révélé à lui en tant que pourvoyeur de vie. Dieu intervint d’abord auprès de lui pour qu’il vienne au secours de son neveu Lot en danger de mort dans la ville de Sodome, et Lot eut la vie sauve. Il se manifesta à Sarah, l’épouse d’Abraham comme celui qui était capable de la rendre féconde alors qu’elle était stérile et qu’elle n’était plus en âge d’avoir des enfants., et elle donna vie à Isaac.
Une grande partie de la relation entre Abraham et Dieu tourne autour du problème de la vie dont Isaac sera l’enjeu. Avec lui surgit la vie à partir d’un couple stérile. Si un jour, Dieu demanda à Abraham de lui sacrifier son fils, c’est pour lui signifier que nul ne peut s’arroger le droit de toucher à la vie d’un homme, même si apparemment, c’est Dieu qui le lui demande. Abraham fit à ses dépends la découverte de l’importance de la vie dans la relation avec Dieu. A tous ceux qui se réclament d’Abraham comme leur père dans la foi, Dieu s’offre à eux comme celui qui donne la vie en dépit de toutes les difficultés et de tous les interdits que les hommes peuvent se donner.
C’est avec Melchisédech qu’Abraham , et le lecteur avec lui, découvrent que Dieu est aussi porteur de justice et de paix. Telles sont les autres qualités qui déterminent la réalité de ce Dieu très haut. La paix que Dieu offre, n’est pas seulement l’absence de violence que les hommes exercent les uns contre les autres, ce qui ne serait déjà pas si mal, mais elle caractérise aussi l’harmonie dans le fonctionnement de tout ce qui se meut et respire. Le monde est en paix sous le regard de Dieu quand les choses se passent comme elles doivent le faire. Les prophètes insisteront sur cette notion de paix en décrivant la nature comme apaisée de tout ce qui pourrait en perturber le bon fonctionnement : « L e loup et l’agneau auront un même pâturage Le lion comme le bœuf mangera de la paille » Es 65 :25 « Inutile d’insister pour comprendre que la sauvegarde de la planète en matière d’écologie fait partie de cette paix dont Melchisédech est le témoin. Il n’en est pas seulement témoin, mais en tant que roi, il a du pouvoir sur elle.
La proximité entre Melchisédech et Jésus rapportée par l’épître aux Hébreux nous rappelle que nous sommes, nous aussi, concernés par le maintient de cette paix dans le monde. Melchisédech n’est pas seulement un roi de paix, son nom signifie qu’il est un roi juste. Cela veut dire qu’il sait se comporter de telle sorte que le monde est les hommes agissent en harmonie pour que la paix promise se réalise. Le juste c’est celui qui fait des actes tels que c’est la paix qui en résulte.
Melchisédech s’approcha d’Abraham dans un geste de communion. Il lui offrit le pain et le vin. On ne sait d’où est issue cette tradition, mais on sait quelle valeur lui a donné Jésus et quel sens il a donné à ce partage. L’offrande du pain signifie que celui qui le reçoit entre en communion avec celui qui l’offre et partage avec lui tout ce que signifie ce geste. Symboliquement cela signifie la nourriture que donne le pain. Le vin promet la joie à celui qui le boit. Voilà donc présentées ici la promesse d’une société où il fera bon vivre puisque justice et joie seront la part de tous. Tous ceux qui se réclament d’Abraham sont concernés par cette promesse. Elle concerne donc tous ceux qui se réclament de sa succession, juifs, musulmans et chrétiens, et même ceux qui reconnaissent son Dieu sans se rallier vraiment à une confession précise.
C’est ainsi que la terre évoluera conformément à sa destinée, elle deviendra un lieu où il fait bon vivre pour tous les êtres vivants. Les hommes partageront alors la royauté du monde avec celui qui les invite à y participer. Si on considère donc avec les théologiens modernes que Dieu se retire du monde, ce n’est pas pour le laisser seul à l‘abandon. Il offre aux hommes en se retirant la responsabilité d’assumer sa souveraineté sur les êtres et les choses. Il leur donne ainsi la faculté d’user de la justice pour que la paix du monde devienne une réalité.
Trois versets perdus dans l’immensité des textes ont suffi à nous faire comprendre comment Dieu nous associe à la gestion du monde en participant à sa souveraineté. L’auteur de l’épître aux Hébreux ne s’est donc pas trompé quand il a vu dans l’histoire de ce roi mystérieux les prémices de la vocation de Jésus lui-même. Les choses ont été dites alors en langage mythique, à nous de les traduire en langage concret.
Nous cherchons évidemment à réaliser ce sentiment dans notre vie personnelle par tous les moyens . Nous serions pleinement satisfaits si nous pouvions avoir une vie professionnelle épanouie avec une épouse ou un compagnon que l’on aime, entouré d’enfants beaux et intelligents dont les réussites scolaires et sportives nous feraient honneur. Ne serait-ce pas là la clé du bonheur ?
Beaucoup s’en contentent et ne vont pas chercher plus loin pour considérer qu’ils baignent dans un bonheur parfait, mais une telle approche est bien réductrice. Elle ne prend en compte que la réussite matérielle, si bien qu’une telle existence finit par apparaître comme repliée sur elle-même pour celui qui en veut davantage. Elle ne dépasse pas la monotonie du quotidien qui à force de se répéter de jour en jour finirait par engendrer la lassitude. Tout cela nous amène à constater qu’il manque vraiment quelque chose dans notre existence et qu’il nous faut chercher plus loin pour trouver la clé du bonheur !
La tête, bien évidemment est le siège de l’esprit. C’est lui qui commande tous les mouvements de notre corps. C’est lui qui suscite les sentiments de notre cœur, c’est lui qui provoque en nous les désirs, c’est lui qui ordonne à nos membres de réaliser ce que nous désirons faire, c’est lui qui maintient le contact avec Dieu et qui permet à Dieu d’avoir une emprise sur nous. Quand notre esprit se met en harmonie avec celui de Dieu, notre vie se transforme et le bonheur peut s’installer durablement en nous. L’espérance peut alors s’emparer de toute notre existence. Nous ne pouvons vraiment être heureux que si l’harmonie s’installe entre les désirs qui naissent dans notre esprit et la réalisation de ceux-ci dans notre existence. Or pour que cela se produise, il faut que Dieu lui-même vienne animer nos pensées, car lui seul sait ce qui est bon pour nous .
La place prise par l’esprit est considérable dans les évangiles, car c’est par lui qu’il nous est dit que Dieu agit en nous. Encore faut-il que nous nous rendions disponibles. Au cours des siècles les hommes ont cherché à s’approprier les chemins du ciel. Ils ont cherché par les sacrifices et les actions charitables à se concilier les faveurs de Dieu ! Ne le font-ils pas encore ? Ils ont cherché par leurs longues prières, par leur ascèse, par leurs jeûnes et leurs privations à pénétrer dans les lieux où Dieu pouvait habiter. A Pentecôte, c’est le ciel lui-même qui a été ébranlé et c’est Dieu lui-même qui est venu vers les hommes. C’est lui qui a pénétré leur demeure. Il a pénétré en eux par le feu de son esprit et les hommes ont été transformés de l’intérieur. Ainsi, ont-ils découverts que le chemin du ciel était celui par lequel Dieu venait vers les hommes et que la clé du bonheur était celle qui permettait à chaque individu d’ouvrir son esprit pour que Dieu y pénètre et se saisisse de sa vie.
Jean 17/11-26
Seule la foi en Jésus Christ peut nous permettre de comprendre que l’espérance peut jaillir au cœur d’un échec total. Seul Jésus peut dire un échec en termes positifs et dire l’espérance au cœur des drames. Mais est-il toujours possible de voir la main de Dieu agir quand tout s’effondre autour de nous? Qui saura faire avec sagesse le bilan positif d’une vie anéantie? Tout cela nous pose vraiment question, cependant notre existence n’aurait aucun sens si Dieu ne venait accompagner par sa présence les drames de notre vie. Mais comment voir cette présence quand nous sommes aveuglés par ce qui devient incompréhensible à notre raison? Pourquoi Dieu semble-t-il absent quand nous souffrons le plus ? A travers l’expérience de Jésus nous espérons trouver une réponse, car nous savons que Dieu agit même si le malin nous cache sa présence.
Dans ces paroles de la prière sacerdotale, que l’Evangéliste Jean place dans la bouche de Jésus, nous avons la réponse de Dieu à tous les drames vécus par les hommes. Jésus se trouve dans une situation d’échec total et la mort en est la seule issue. Plus rien ne devrait avoir de sens pour lui. Ses amis qui sont encore autour de lui ne comprennent rien à sa situation et chacun à son tour va l’abandonner à la nuit du désespoir. Il va mourir d’une mort qu’il a choisie mais que personne ne comprend, et cela ne fait qu’accroître le sentiment d’abandon qu’il ressent. Le traître est déjà en train de faire son œuvre. Ce décor d’angoisse que je viens de décrire a été planté par les autres Evangiles, mais il reste en toile de fond dans cette ultime prière que Jésus prononce pour nous.
Dans ce décor de cauchemar, jaillit la plus forte protestation d’espérance que peut proférer un humain. L’Evangéliste nous montre que Dieu peut être présent dans les drames de la vie, même si ce n’est pas cette présence que nous souhaitons. Nous comprenons qu’il peut donner du sens à l’aventure humaine, même quand elle n'en a plus. Nous pouvons alors actualiser tous nos échecs dans ce récit et entendre Jésus dire pour chacun de nous: « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi... ». Mais si nous comprenons que Dieu est présent et donne du sens à ce qui n’en a pas, nous ne comprenons pas pourquoi il reste impuissant à modifier le cours des choses et à faire simple alors que tout nous paraît si compliqué.
Jésus se situe dans ce monde ci, celui où nous sommes, mais il se tient à la frontière d’un autre monde que nous ne connaissons pas encore mais où se situe la vérité de Dieu. Le monde où nous sommes avec ses drames et ses échecs fait écran et nous empêche de voir une autre réalité qui est tout aussi réelle que celle du monde où nous sommes. Jésus nous permet d'entrevoir cette nouveauté et crée de la sérénité là où nous ne voyons que tristesse et souffrance.
Il ne puise pas sa sérénité dans une sagesse spéciale qu’il serait le seul à connaître. Il la puise dans sa compréhension des Ecritures où il trouve un motif d'espérance. Il intègre complètement cette espérance et nous la rend possible. A son contact elle devrait devenir nôtre. Il l’intègre tellement qu’il finit par s’identifier à Dieu au point d’être confondu avec lui. C'est par l'espérance qu'il puise dans l'Ecriture qu'il se fait si proche de Dieu qu'il se confond avec lui. Jésus ne devient pas alors fils de Dieu par une naissance miraculeuse qui l'aurait mis à part, mais il le devient parce qu'il se fait porteur de l'espérance qu'il puise dans les Ecritures au point qu'il se trouve absorbé dans la divinité de Dieu. Etant de même nature que Jésus, nous avons accès au même sort que lui. Il nous devance seulement sur le chemin de la connaissance du salut. Tous nos désespoirs et tous nos échecs trouvent alors leur aboutissement en Dieu. Jésus s’avance sur le chemin de la connaissance de Dieu aussi démunis que nous le sommes, mais il nous encourage à le suivre et à l’imiter. C'est ainsi qu'en partageant son espérance nous devenons comme lui, un enfant de Dieu. Le chemin qu'il propose est celui que peut suivre tout individu, s’il est guidé correctement. Jésus nous donne l’exemple et se propose d’être notre guide, tel Virgile dans la divine comédie guidant les pas de Dante ou tel l'ange guidant les pas de Jean dans l'Apocalypse.
Rien ne se fait sans peine et sans effort. Tout a commencé à l’origine du monde. Pour comprendre cela il va falloir que nous fassions un long retour en arrière jusqu’aux temps de la création comme Jésus nous y invite quand il dit : « Tu m’as aimé dès avant la fondation du monde » Il nous ramène à l’origine de toute chose, quand après que le monde ait surgi hors du néant Dieu s’est intéressé à lui. Jésus a compris, le premier avant tous, qu’avant même que le monde soit, Dieu qui était déjà amour, se préparait à animer de cet amour les êtres pensants qui allaient devenir ses vis à vis et qu'il commençait déjà à aimer. Autrement dit, avant même que ne retentisse dans l’univers qui n’existait pas encore, le fracas du big bang qu’aucune oreille n’avait pu entendre puisqu’il n’y en avait pas une seule, avant même que ce moment mythique ne se produise, existait déjà une pulsion d'amour qui allait animer ce qui n'était pas encore créé.
Mais cela ne voulait pas dire que l’évolution du monde ne se ferait pas sans souffrance. Il n’était pas dit que malgré l’amour que Dieu allait prodiguer aux hommes, ceux-ci échapperaient aux difficultés de l’existence qu’ils allaient mener. Il n’était pas dit non plus que les hommes par leur péché allaient en rajouter. Jésus a fait de la notion d'amour le code de lecture indispensable pour lire les Ecritures. C'est avec cette intuition, que Jésus a décrypté les Ecritures pour nous. Il a compris que cet amour était présent à chaque étape de la révélation. Ce n'était pas seulement une idée sublime, capable de nous faire rêver, il a découvert que l’amour pouvait se matérialiser. Toute sa personne a rendu compte de cette réalité et il est devenu dans sa personne l'expression de l'amour tel que Dieu l’avait conçu.
On aurait pu penser que s'étant approché de Dieu jusqu'à ce point, il allait entrer tout vivant dans le mystère de Dieu. Il n’en fut rien. Il aurait pu être comme ces grands sages de l’Inde qui à force d’ascèse et d’abstinence arrivent à s’identifier au divin si bien que leur apparence physique tend à s’estomper jusqu’à disparaître. On aurait pu croire que Jésus allait vivre la même initiation et que sa vie allait se terminer en étant absorbé par le divin. . Mais il en a été autrement. Pour entraîner tous les hommes à sa suite il a consenti à aller jusqu' aux portes du néant pour que le néant s’ ouvre sur l’Eternité pour tous ceux qui le suivraient. Tout cela ne pouvait s’achever dans une pirouette où on aurait vu Jésus disparaître dans le divin. Il fallait que son action concerne aussi la matière. L’affrontement avec la mort devenait inévitable. Il fallait que le divin s’empare du néant et de la mort. La fin de Jésus telle que nous la connaissons devenait désormais inévitable.
C’est donc porteur des promesses déjà contenues dans tout ce qui a préludé à la création que Jésus a vu venir la mort vers lui et qu’elle est devenue vie et éternité. La victoire sur la mort signifie donc qu’il n’y a désormais aucun lieu d’exclusion, aucune situation d’échec irrémédiable où Dieu ne puisse apporter une note d’espérance. Tout cela en termes clairs signifie que depuis toujours Dieu s’efforce d’intégrer tous les drames humains, qu’il n’est indifférent à aucun échec. Jésus a montré que par sa mort le désespoir n’a aucune place dans les projets de Dieu pour les hommes. Bien entendu, le malin s’acharne à brouiller les cartes et à mettre en nous la perturbation, mais il ne peut anéantir l’espace d’éternité que Dieu a inscrit en chacun de nous.