lundi 26 novembre 2012

Esaïe 60:1-11



Esaïe 60 :  1-11 Dieu construit un avenir heureux avec nous dimanche 8 janvier 2017

1 Lève-toi, brille : ta lumière arrive, la gloire du SEIGNEUR se lève sur toi.
2 Certes, les ténèbres couvrent la terre et une obscurité épaisse recouvre les peuples ; mais sur toi le SEIGNEUR se lève, sur toi sa gloire apparaît.


3 Des nations marcheront à ta lumière et des rois à la clarté de ton aurore.
Jérusalem attire tous les peuples du monde
4 Lève les yeux et regarde tout autour : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils arrivent de loin, tes filles sont portées sur la hanche.
5 Lorsque tu le verras, tu seras radieuse, ton cœur bondira, il sera au large, quand l'abondance de la mer se tournera vers toi, quand les ressources des nations viendront vers toi.
6 Tu seras couverte d'une foule de chameaux, de dromadaires de Madiân et d'Epha ; ils viendront tous de Saba ; ils porteront de l'or et de l'encens et annonceront, comme une bonne nouvelle, les louanges du SEIGNEUR.
7Les troupeaux de Qédar se rassembleront tous chez toi ; les béliers de Nebayoth seront pour ton office ; ils seront offerts en holocauste sur mon autel et seront agréés, et je ferai resplendir la maison de ma splendeur.
8 Qui sont ceux-là qui volent comme un nuage, comme des colombes vers les fenêtres de leur colombier ?
9 Car les îles mettent leur espérance en moi, et les bateaux de Tarsis sont en tête, pour ramener de loin tes fils, avec leur argent et leur or, à cause du nom du SEIGNEUR, ton Dieu, du Saint d'Israël, qui te donne de la splendeur.
10 Des étrangers rebâtiront tes murailles, leurs rois te serviront ; car si, dans mon irritation, je t'ai frappée, dans ma faveur j'ai compassion de toi.
11 Tes portes seront constamment ouvertes, elles ne seront fermées ni le jour ni la nuit, afin de laisser entrer chez toiles ressources des nations, leurs rois avec leur suite.


Il est permis d’espérer que le  monde évoluera  vers des jours meilleurs, les lendemains qui chantent sont inscrits dans l’avenir qui attend nos sociétés. Il nous appartient de le vouloir et de le réaliser.  Dieu s’engage à nous accompagner sur cette voie.

Il n’est donc  pas dit qu’une mauvaise nouvelle devrait être suivie par une autre mauvaise nouvelle ni qu’une  guerre   ferait suite à une autre guerre. Il n’est pas écrit non plus que la peste sera suivie du choléra. Arrêtons d’imaginer que le monde est géré par une fatalité qui voudrait que chaque jour nous réserve de nouveaux déboires et que les temps de bonheur ne sont que passagers et aléatoires.  Il y a des bonnes nouvelles annonçant prospérité et jours de liesse, la Bible en est pleine et le prophète Esaïe nous en réserve toute une collection.  Elles ne sont pas adressées à d’autres qu’à nous-mêmes, elles ne concernent pas les temps futurs. Elles nous sont destinées et elles éclairent notre temps.

Avec le prophète Esaïe, nous avons quelqu’un qui se lève pour nous dire que l’histoire ne s’écrit pas seulement avec une plume trempée dans l’encre de l’amertume et de la culpabilité. Nous ne sommes pas enfermés à toujours dans un cycle de violences et de malentendus qui réserverait le succès et la fortune à quelques privilégiés et qui donnerait aux masses laborieuses l’amertume des fausses  espérances.

Celui qui annonce un avenir heureux, est donc Esaïe. Ses prophéties ont été  retenues, bien longtemps après lui comme annonciatrices de la venue du Christ. On a lu à travers elles la volonté de Dieu de sauver tous les hommes ce qui en a fait  le prophète de l’espérance. Les quarante premiers chapitres du  livre qui lui est attribué nous le montre en présence de 4 souverains successifs auxquels il apprendra à lire les promesses de Dieu malgré  les événements  tragiques de leur règne et ils s’en sont plutôt bien portés.

 Ce n’est pas que la vie fut moins dramatique de son temps, mais il savait  dire comment faire évoluer l’histoire en s’appuyant  sur Dieu. Dieu ne transformait pas les situations tragiques d’une manière miraculeuse, mais c’était  le souverain qui était transformé  par sa confiance  en Dieu. Il était de ce  fait amené à faire les bons choix. Ce fut le roi Ézéchias, qui fut un grand roi qui a sans doute le mieux retenu son enseignement.

Plus tard, deux ou trois générations après, la Bible  nous rapporte qu’un   prophète du même nom qu' Esaïe  interviendra de la même façon au milieu du peuple vaincu jeté sur les routes de l’exil et de la déportation par le roi de Babylone qui  décida de la destruction de Jérusalem. Ses  écrits sont conservés dans le même livre d’Ésaïe et y sont consignés au chapitre 40 et suivants. Il fera à son tour  la même lecture des événements pour préserver la confiance de son peuple abattu et  lui donner le courage de préparer des jours meilleurs.

Plus tard encore quand la fin de la déportation devint une réalité, c‘est encore la même voix qui fera entendre les mêmes paroles d’espérance et qui transformera en énergie la consternation des déportés contemplant le  champ de ruines qu’ils étaient venus   relever.

C’est dans ce contexte que nous venons de décrire  que la prophétie que nous avons lue tout à l’heure a pris forme. Non seulement le découragement  avait saisi les exilés à leur retour, mais les querelles internes  avaient rendu les choses encore plus difficiles. Il a fallu la foi, le génie et la confiance du prophète  pour mobiliser ce peuple qui se croyait trompé par ceux qui les avaient entraînés sur les routes du retour.

Ceux qui portaient la responsabilité de cette aventure étaient connus de tous. Deux d’entre eux  ont donné leur nom à deux livres de la  Bible,  Esdras et Néhémie. Les prophètes Aggée et Zacharie racontent aussi cette aventure, mais c’est encore sous la plume d ’Esaïe que nous trouvons les plus fortes  paroles d’espérance. Ce prophète, à la voix forte et puissante, est resté anonyme et ses écrits nous sont parvenus dans les derniers chapitres du prophète Esaïe avec une force telle qu’elle nous inspire encore  aujourd’hui. Il  nous donne envie de   prendre en main  notre destin pour  ne pas subir les évènements qui nous démobilisent.

Par la voix du prophète, la caravane qui les avait ramenés avec leurs maigres bagages  s’est  transformée en une opulente cohorte prometteuse d’abondance et de prospérité pour ce temps nouveau qui commençait.

Le prophète les aurait-il manipulés ? Les aurait-il  poussés à lâcher la proie pour l’ombre ?  Non. Il n’y avait pas de tromperie dans ce discours. Le prophète leur apprenait à lire dans les événements qui se produisaient un avenir  que chacun pouvait imaginer en fonction de l’énergie qu’il se proposait de déployer. C’est Dieu qui venait stimuler  l’énergie  dans leurs membres fatigués et cette énergie était d’autant plus efficace que l’espérance avait pris le relais de la déception.

Le prophète témoignait simplement de la foi inébranlable qu'il avait en ce Dieu qui malgré son découragement invitait ce peuple à  écrire une nouvelle page de son  histoire. Il ne promettait aucun miracle, car le miracle était en eux-mêmes. Il  était dans la capacité que Dieu leur donnait de croire en eux-mêmes. Cette promesse que nous entendons aujourd’hui, adressés à des gens désorientés par les événements qu’ils vivaient  il y a deux mille cinq cents ans, est valable pour nous aussi. Notre histoire n’est pas la même, les événements que nous traversons sont différents, mais la capacité que nous avons de croire  en nous-mêmes  est intacte. C’est Dieu qui nous l’inspire  parce qu’il nous a créés ainsi, capables  de  voir notre avenir s’inscrire dans une autre réalité que celle qui paraît évidente aux yeux de ceux qui ne croient pas.

Sans doute le lecteur à l’esprit critique s’attachera à ce qu’il y a d’irréaliste dans ce passage. Jamais Israël n’a connu la prospérité suggérée par ce convoi continu de caravanes  apportant dans la ville sainte toutes ces richesses, mais la vérité est au-delà de l’image qui est suggérée ici.

L’image suggère ici la confiance en l’avenir, elle parle de joie elle parle d’une réalité qui sera possible si chacun se mobilise au service de la construction de l’avenir. Le prophète invite chaque membre du peuple à se lever comme un seul homme pour rejoindre la caravane, car la bénédiction ne peut venir sur eux sans leur participation. Nous comprenons ici que Dieu ne donne pas ses faveurs à un peuple inactif qui se contenterait de ne rien faire et d’attendre en maugréant. Au contraire, les choses ne pourront se faire que si chacun devient actif sur la route que Dieu lui trace.

Quand, sous l’impulsion de Dieu un peuple se lève et se met en marche, tout devient possible, l’avenir s’ouvre et l’espérance renait. Certes, la nuit est encore épaisse  et voile  la lumière qui cherche à poindre. En nous parlant  de la lumière qui cherche encore sa voie au travers des ténèbres, le prophète suggère que la création est à nouveau en train de se faire  toutes les fois que des hommes se lèvent, et se mettent en route sous l’impulsion de leur Dieu.

Pour tous ceux qui espèrent en Dieu, un jour nouveau est toujours en train de se préparer, et c’est en compagnie de Dieu que cela se produit. Ce jour nouveau nul ne le connaît encore, car l’avenir n’est pas prédéterminé, il n’est pas déjà tracé à l’avance. L’avenir se réalise dans un double mouvement.

 Le premier consiste à chercher à écouter Dieu avec confiance car il nous aide à voir la lumière quand tout est encore opaque autour de nous. Cette lumière se fait  d’autant plus brillante que c’est Dieu qui nous l’envoie et qu’elle éclaire ainsi notre foi.

Le deuxième mouvement  consiste à se mettre à l’œuvre  en usant des outils que la foi met à notre disposition. La foi charge notre regard de charité pour les autres, d’égalité dans l’adversité et de fraternité pour tous. La foi ne consiste pas à attendre que les événements se fassent malgré nous, car les événements attendent que ce soient nous nous agissions pour qu’ils se fassent.

En fait, les bénédictions promises se réaliseront si nous nous attachons à prendre Dieu au sérieux,  Jésus dans son évangile a redit cela à sa manière en nous recommandant d’aimer Dieu de tout notre cœur et nos prochains comme nous-mêmes. Jésus ne citait pas le prophète, il rappelait seulement les éléments essentiels de la loi de Moïse, et pourtant il faisait aussi écho à ces anciennes prophéties qui promettaient  une ère de bénédiction pour ceux qui avaient à cœur de  manifester leur foi en Dieu en collaborant avec lui. Toute l’Écriture, de la Loi de Moïse aux Écrits des prophètes, nous rappelle que l’avenir ne se construira d’une manière heureuse  qu’en collaboration étroite avec notre Dieu.



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