samedi 14 juillet 2012

Jean 6: 24-35

Le Pain qui descend du ciel, Dimanche 5 août 2012          

  ( texte proposé également pour le dimanche           2 aout 2015  )                               

Jean 6/ 24-35

24Quand la foule vit que ni Jésus, ni ses disciples n'étaient là, les gens montèrent eux-mêmes dans ces barques et vinrent à Capharnaüm, à la recherche de Jésus. 25Ils le trouvèrent sur l'autre rive de la mer et lui dirent : Rabbi, quand es-tu arrivé ici ?
26Jésus leur répondit : Amen, amen, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. 27Œuvrez, non pas en vue de la nourriture qui se perd, mais en vue de la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, celle que le Fils de l'homme vous donnera ; car c'est lui que le Père — Dieu — a marqué de son sceau. 28Ils lui dirent : Que devons-nous faire pour accomplir les œuvres de Dieu ? 29Jésus leur répondit : L'œuvre de Dieu, c'est que vous mettiez votre foi en celui qu'il a lui-même envoyé.
30Ils lui dirent alors : Quel signe produis-tu donc, toi, pour que nous voyions et que nous te croyions ? Quelle œuvre fais-tu ? 31Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur donna à manger du pain venu du ciel. 32Jésus leur dit : Amen, amen, je vous le dis, ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, c'est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel ; 33car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel pour donner la vie au monde. 34Ils lui dirent : Seigneur, donne-nous toujours ce pain-là. 35Jésus leur dit : C'est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui met sa foi en moi n'aura jamais soif.

Il existe donc un pain qui fait vivre, non pas pour une durée de quelques heures, mais qui peut nous faire vivre éternellement. En entendant ainsi parler,  de ce pain particulier, il est normal que les disciples de Jésus lui demandent de leur donner de ce pain pour toujours, comme s’ils ne savaient pas que Jésus parlait d’une réalité spirituelle et non pas d’une réalité matérielle qui ne s’achète pas à la boulangerie comme on pourrait acheter un pain fait de froment.

Jésus donne volontairement dans l’ambiguïté et ses interlocuteurs savent bien les nuances qu’il met dans ses propos. Il suffit d’écouter avec attention la lecture de ce passage, comme vous l’avez sans doute  fait pour découvrir que le sens du texte ne réside pas dans la syntaxe, mais qu’il est dans l’agencement des mots entre eux.

 Le texte parle plus à notre sensibilité qu’à notre intelligence, c’est pourquoi notre esprit s’est laissé saisir par le mot pain, et que plusieurs fois répété,  il a été mêlé à la notion de ciel, il a aussi été mêlé à la personne de Jésus et il a été mêlé à la notion d’éternité, si bien que le pain nous est apparu à la fois comme une réalité céleste , comme une réalité spirituelle et comme une réalité matérielle. Il a été proposé comme nourriture pour l’immédiat et en même temps comme nourriture pour l’éternité.

Dans la plupart des civilisations, le pain est considéré comme la nourriture de base, en tout cas dans le vocabulaire courant. Tout le monde sait ce que signifie l’expression : « gagner son pain à la sueur de son front ». On sait aussi «  que le pain de l’exil est toujours amer » et l’homme vertueux «  est celui qui mange le pain qu’il a gagné ». La notion de pain est liée à la notion minimale de la possibilité de vie dans notre société. Celui qui ne gagne pas son pain est un marginal. S’il ne gagne pas de pain, s’il est affamé, s’il ne sait plus la valeur matérielle du pain comment alors le faire participer à la réalité du pain spirituel ? Comment parler de pain spirituel dans une société où l’on manque de pain matériel? Ce pain matériel n’est pas forcément lié au manque de farine, de sel et d’eau, il est   sans doute  lié à  bien d’autres choses qui leur manque pour vivre, tels que l’amour ou l’espérance. Le pain spirituel est peut être lié lui aussi à des manques dont la possession est nécessaire pour qu’on puisse dépasser la notion de  pain matériel et lui donner une signification spirituelle.

Depuis quelque temps, notre société  se focalise sur la situation de ceux qui manquent vraiment de pain matériel. Ils sont de plus en plus nombreux à se marginaliser dans une société qui malgré tout reste encore prospère.  On essaye   cependant de répondre aux manques de tous les SDF. On se mobilise sur tout le territoire de notre  pays. Évidemment, le succès de ce type d’aide dépend de notre générosité. Pourtant, nous savons bien que ce n’est pas de ce pain matériel  que les naufragés de notre société  ont  le plus besoin,  il s’agit de considération, d’attention à l’autre et d’empathie dont beaucoup sont privés. C’est à partir de ces  notions qui sont des variantes de l’amour que l’on peut construire l’espérance. L’amour et l’espérance  sont la farine et le sel nécessaires pour permettre de parler de pain spirituel.

Or, comme nous sommes persuadés que l’espérance et l’amour sont les caractéristiques du christianisme, nous n’avons donc pas à chercher bien loin pour savoir ce qu’il faut faire pour que le monde où nous sommes reçoive ce pain, puisque nous en avons les ingrédients. Pourtant, tout se passe comme si un voile terne de pollution ou de scories était tombé sur nous et sur nos églises et avait rendu invisibles les structures mêmes de notre foi. C’est comme si notre espérance et notre amour n’étaient plus perceptibles par les hommes.

Maintenant que tout cela a été dit, nous ne sommes  pas plus avancés pour dire la suite ! Et quelle suite ?  Nous ne connaissons pas le  secret pour faire jaillir de nos lieux de prière l’espérance et l’amour qui y sont contenus. La seule chose que  nous pouvons constater, c’est que nous avons du mal à produire pour ce monde ce  pain fait d’amour et d’espérance. Pourtant, ce ne sont pas les hommes qui le fabriquent. Ce pain venu du ciel est gratuit et nous vient de Dieu. Ce sont là deux notions que  nous ne sommes pas habituées à utiliser vraiment : la gratuité, c’est la compagne indispensable de notre générosité. Elle s’adresse aux autres  sans qu’ils soient obligés d’en faire retour. Quant à Dieu, nous concevons très bien sa présence à l’intérieur de nos sanctuaires,  mais  nous  restons maladroits  pour en témoigner  à l’extérieur des lieux  de prière et quand nous le faisons, nous le faisons dans un langage conventionnel qui n’a pas grande portée. Il  représente une valeur  venue d’ailleurs dont les hommes ne savent pas faire usage.

Le monde matérialiste où nous sommes ne croit que dans un Dieu qu’il se fabrique  à partir de ses propres concepts. Notre société divinise ses aspirations profondes, elle divinise le progrès, la liberté, l’égalité, la démocratie, les droits de l’homme, et quand elle en trouve  la trace dans l’Écriture, elle fait semblant de les attribuer à Dieu. En fait, elle se divinise elle-même en cherchant dans l’Écriture ce qu’elle sait y trouver. Quant à se laisser bousculer et émerveiller par quelque chose qui ne serait pas issue du travail  des hommes ou du génie de sa pensée  et qui viendrait d’ailleurs,  c’est un défi particulièrement difficile   à  relever pour la plupart.

 Malgré notre incapacité  à inventer un avenir  qui pourrait se faire sans nous, l’expérience devrait cependant nous apprendre qu’en modifiant les données  et en injectant de l’espérance dans nos propos  et de l’amour dans nos actions les choses      deviendront différentes. C’est ce que Dieu nous invite à faire.

Ainsi donc, Dieu est capable de faire une nourriture spirituelle à partir d’  ingrédients que nous possédons déjà, l’espérance et l’amour. Il est capable de nous surprendre en faisant jaillir de nos églises, que l’on compare parfois à des coques vides,  une nourriture pour ce monde qui l’amènera à la connaissance de son Seigneur.

Quant aux églises dans lesquelles nous édifions notre foi il leur faudra mobiliser tous leurs fidèles pour qu'ils extériorisent  l’amour et l’espérance dont ils nourrissent leur foi pour construire ce monde nouveau que les hommes espèrent et que Dieu leur promet. Nous savons que c’est  en s’appuyant  sur des intuitions qui nous viennent d'ailleurs que cela se produira.

Si maintenant en, parlant de ce pain, vous pensez à la Sainte Cène, pour savoir où est la présence réelle de Dieu dans le pain, ou pour savoir quand ce pain cesse d’être matériel pour devenir spirituel, vous découvrirez bien vite, qu’il faut dépasser tout cela. Il faut le prendre comme il nous est donné, à la fois matériel et à la fois spirituel. C’est quand cette double réalité  se réalise qu’il devient vraiment nourrissant.

Si  on veut en savoir plus, la réponse ne peut nous venir que , de Dieu, pas des hommes ! Et s’il a plu à Dieu de ne pas nous donner de réponse, c’est qu’elle n’est pas essentielle. Une seule chose est essentielle, c’est que notre espérance soit fermement enracinée dans l’amour de celui qui, venu d’ailleurs vient vers nous pour nous amener à lui.

vendredi 6 juillet 2012

Jean 6:1-15



Jean 6/1-15  Un autre récit de la multiplication des pains Dimanche 29 juillet 2012

1Après cela, Jésus s'en alla sur l'autre rive de la mer de Galilée, la mer de Tibériade. 2Une grande foule le suivait, parce qu'elle voyait les signes qu'il produisait sur les malades. 3Jésus monta sur la montagne ; là, il s'assit avec ses disciples. 4Or la Pâque, la fête des Juifs, était proche.

5Jésus leva les yeux et vit qu'une grande foule venait à lui ; il dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains pour que ces gens aient à manger ? 6Il disait cela pour le mettre à l'épreuve, car il savait, lui, ce qu'il allait faire. 7Philippe lui répondit : Deux cents deniers de pains ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un peu. 8Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit : 9Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons ; mais qu'est-ce que cela pour tant de gens ? 10Jésus dit : Faites installer ces gens. — Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. — Ils s'installèrent donc, au nombre d'environ cinq mille hommes. 11Jésus prit les pains, rendit grâce et les distribua à ceux qui étaient là ; il fit de même pour les poissons, autant qu'ils en voulurent. 12Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples : Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne se perde. 13Ils les ramassèrent donc ; ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d'orge qui restaient à ceux qui avaient mangé.

14A la vue du signe qu'il avait produit, les gens disaient : C'est vraiment lui, le Prophète qui vient dans le monde.

15Jésus, sachant qu'ils allaient venir s'emparer de lui pour le faire roi, se retira de nouveau sur la montagne, seul.

Les religions celtes, mais bien d’autres qu’elles aussi  imaginent qu’à la fin des temps, tous les hommes seront invités à un baquet qui ne finira jamais. Ceux qui auront le privilège d’y participer partageront avec la divinité les mets les plus raffinés. Mais avant d’entrer dans la salle du banquet, il faudra pour chacun franchir avec succès les dures épreuves que la vie leur réserve avant d’avoir le droit de figurer au nombre des invités. 

Jésus aurait-il donné dans ce genre ? C’est ce que pourrait se demander un lecteur impertinent en lisant cette version de la multiplication des pains donnée par l’Evangéliste Jean. Cependant à la différence des religions  évoquées plus  haut, Jésus  ne conçoit pas l’existence terrestre  comme un parcours initiatique au banquet final. Pour lui, c’est Dieu qui vient à la rencontre des hommes pour  participer avec eux,  et de leur vivant,  à la longue marche de la vie. Il se propose de les assister pour qu’ils surmontent leurs angoisses et maîtrisent  les obstacles que la maladie, la faim  et les oppressions dressent devant leurs pas.

Il nous appartient à nous seuls  de découvrir ces moments où nous  reconnaissons  en Dieu notre compagnon de route.  Jésus nous promet aussi qu’au  terme de notre vie l’action libératrice de Dieu ne nous fera pas défaut. Il a raconté cette action de Dieu  dans plusieurs  paraboles  qu’il situe dans des banquets et même dans des banquets de noce signifiant la fin heureuse qui nous est  réservée.

Jésus a participé à de nombreux repas au cours desquels il n’a pas manqué de  donner un enseignement sur la fin des temps. Dans l’épisode de la multiplication des pains, il apporte un élément supplémentaire. Il établit un lien entre le repas ordinaire de tous les jours qui est une nécessité de la vie, avec le repas mythique de la fin des temps. Tout cela évidemment ne prend de sens que si on se souvient qu’au dernier soir de sa vie Jésus partagea le pain  et le vin qui  ont signifié pour ses apôtres un don de vie.

Contrairement au banquet final que les peuples celtes, partageaient avec le Dieu Odin qui les récompensait en buvant avec eux de la cervoise tiède dans le crane de leurs ennemis, Jésus n’attend pas la fin  de la vie des hommes pour leur signifier la réalité de leur salut. Il les nourrit alors qu’ils ne demandent rien et il leur apporte le salut sans  qu’ils ne s’en soient rendus dignes. Jésus transforme le mythe en réalité. Il rend le salut présent sans tenir compte des péchés et ceux qui participent à l’événement n’ont pas besoin d’attendre leur mort, pour savoir que Dieu les aime.

C’est là le premier enseignement qu’il faut tirer de cet épisode : Le salut n’est pas le résultat d’une longue pratique, il n’est pas la récompense d’une vie méritoire. Il est à l’évidence la conséquence de la présence de Jésus parmi les hommes. La présence de Jésus, à elle seule suffit, à nous assurer que Dieu a prévu l’éternité  pour que les hommes s’y accomplissent. Ainsi Dieu s’installe pour toujours dans notre vie.

Cet épisode de la multiplication des pains en est un signe tellement significatif qu’il sera rapporté 5 fois dans les Evangiles. Jésus en  confirmera  la portée un peu plus tard, lors du repas de Pâques qu’il partagera au soir de sa vie avec les siens. Ce repas final sera compris  comme le don total de sa vie à la cause des hommes.

Mais si tel est l’enseignement de Jésus, on ne peut s’empêcher de lui opposer tous les démentis que l’histoire des hommes nous a fait connaître. On a vu trop de peuples laminés par la disette et la famine. On a vu trop  d’humains mourir de faim ou de maladie sans qu’aucun miracle ne vienne les secourir malgré leurs prières incessantes. L’apparente surdité de Dieu  aux détresses humaines laisse Jésus mourir avec nos illusions.

En fait, rien n’a vraiment changé. Le monde reste désespérément mauvais. Pourtant cela  n’empêche pas  Jésus  de  nous affirmer que l’éternité de Dieu nous appartient. C’est à partir de cette certitude qu’il recrute des hommes et des femmes de bonne volonté pour qu’à son instigation ils se mettent à leur tour à transformer le monde et à le faire évoluer pour que les promesses du Christ annonçant un changement radical se réalisent.  Le but de Jésus est donc que nous organisions nous-mêmes, à l échelle de la planète le partage initié ce jour là.

l’Ecriture n’a jamais caché que l’humanité avait été mise à part par Dieu pour organiser le monde afin qu’il devienne un paradis. Ce paradis est présenté comme un projet formulé par Dieu  à l’origine et que le  péché des hommes s’évertue à faire échouer. La crise mondiale qui s’aggrave montre que les hommes continuent par leur égoïsme à détruire le projet divin. Les pays nantis réduisent en ces temps difficiles leur participation au développement. Ils contribuent ainsi à plonger les pays les plus pauvres dans une détresse qui grandit davantage alors qu’ils ne sont  responsables, ni de la crise financière, ni des émissions de gaz  à effet de serre qui demain les rendra encore plus vulnérables.  

 C’est  dans ce contexte  qu’il faut recevoir le récit de la multiplication des pains. Il nous ramène dans le droit fil du projet divin. Les participants à ce repas partagent tous, les maigres provisions mises à la disposition de Jésus. Transformées  par ses mains, elles  deviennent quantité suffisante pour chacun. Ils sont tous rassasiés. Personne  ne fait  bombance en tirant de son propre panier des suppléments de victuailles. Nous ne voyons pas  non plus, les gros bras faire usage de leur puissance physique  pour accaparer plus de nourriture que nécessaire et faire des provisions pour les négocier plus tard.  La nécessité que Jésus  leur impose de partager collectivement les modestes vivres qu’il leur offre montre clairement que  c’est ainsi que ça devrait se passer dans le monde. Quand ça se passe pas ainsi,  c’est que le péché qui  est à l’œuvre empêche la vie des peuples d’évoluer harmonieusement. 

Sans le péché  qui fausse tout, les hommes deviendraient  capables de remplir leur vocation d’hommes, c’est à dire qu’ils seraient  capables de gérer le  monde tel que Dieu l’avait prévu. Or Jésus ne cesse de dire que le péché a été détruit par Dieu. Il  laisse  donc miroiter la possibilité  que le monde pourrait évoluer autrement qu’il ne le fait.

Mais apparemment, ça ne marche pas et le monde où nous sommes semble courir inéluctablement vers sa perte. Ça ne marche pas parce que nous pensons que c’est à Dieu de changer le cœur des hommes et  de provoquer l’évolution du monde qu’il souhaite. C’est là que le bât nous blesse. Beaucoup de croyants qui ne supportent pas  l’accroissement des injustices, se réfugient dans l’attente d’une intervention de Dieu qui détruirait le monde des incrédules et donnerait aux fidèles l’éternité promise.
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Ils n’ont pas tort, mais  ils s’arrêtent à mi-chemin. Ils attendent au lieu d’agir. C’est bien souvent l’attitude  qui est celle de leurs églises. Elles ont prêché le salut, elles ont enseigné aux hommes la morale pour s’y maintenir. Mais elles aussi se sont arrêtées là en attendant que Dieu fasse le reste, elles ont figé l’histoire du salut dans l’événement de la conversion de chacun. Elles  réactualisent continuellement  cet événement dans les sacrements qu’elles pratiquent fidèlement, mais elles semblent ignorer  l’étape suivante. Elles la rejettent dans le camp de Dieu.  Pourtant Dieu compte sur elles  pour cette dernière étape.

Il s’agit maintenant du  salut du monde dont nous sommes chargés par vocation divine.  Les hommes qui  ont fait l’expérience du salut par la  foi sont maintenant appelés par  Dieu à gérer le monde  pour qu’il devienne ce monde nouveau symbolisé par la multiplication des pains.

Il y a donc deux étapes dans l’histoire du salut. Il y a le salut individuel qui est une chose acquise, c'est la première étape. La deuxième étape, celle du salut du monde, est confiée de toute éternité aux hommes qui doivent inlassablement donner des signes d’espérance et de vie là où le péché tend à répandre la mort.

Le miracle de la multiplication des pains est porteur en lui de cette double espérance : L’espérance du salut de chacun que Jésus prend en charge et l’espérance du monde pour laquelle Jésus renvoie la balle dans notre camp. Pour cela nous devons apprendre  à jouer  dans la société des hommes avec les règles que Dieu nous a données pour construire son Royaume.

jeudi 5 juillet 2012

Marc 6:30-34 - la multiplication des pains.







Marc 6 / 30-34 
 La Multiplication des  pains - dimanche 22 juillet 2018

  Ce sermon proposé  en 2012 a  été réécrit et réactualisé pour 2018


30Rassemblés auprès de Jésus, les apôtres lui racontèrent tout ce qu'ils avaient fait et tout ce qu'ils avaient enseigné. 31Il leur dit : Venez à l'écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu. Car beaucoup venaient et repartaient, et ils n'avaient pas même le temps de manger.

32Ils partirent donc dans le bateau pour aller à l'écart, dans un lieu désert. 33Beaucoup les virent s'en aller et les reconnurent ; de toutes les villes, à pied, on accourut et on les devança.

34Quand il descendit du bateau, il vit une grande foule ; il en fut ému, parce qu'ils étaient comme des moutons qui n'ont pas de berger ; et il se mit à leur enseigner quantité de choses.



35Comme l'heure était déjà tardive, ses disciples vinrent lui dire : Ce lieu est désert et l'heure est déjà tardive ; 36renvoie-les, pour qu'ils aillent s'acheter de quoi manger dans les hameaux et les villages des environs. 37Mais il leur répondit : Donnez-leur vous-mêmes à manger. Ils lui disent : Irons-nous acheter deux cents deniers de pains pour leur donner à manger ? 38Il leur demande : Combien de pains avez-vous ? Allez voir. Après s'être informés, ils répondent : Cinq, et deux poissons. 39Alors il leur ordonna de les installer tous en groupes sur l'herbe verte, 40et ils s'installèrent par rangées de cent et de cinquante. 41Il prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et prononça la bénédiction. Puis il rompit les pains et se mit à les donner à ses disciples, pour qu'ils les distribuent. Il partagea aussi les deux poissons entre tous. 42Tous mangèrent et furent rassasiés, 43et on emporta douze paniers de morceaux de pain et de poisson. 44Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.




Il est rare que l’on s’approche de Jésus tout ragaillardi, plein d’enthousiasme  et prêt à se mettre à son service sans discuter. Cela arrive, mais ce n’est pas le cas habituel. La plupart du temps nous  nous adressons à Jésus, quand  fatigués et inquiets, nous espérons de sa part, un peu d’écoute et de compassion. C’est le cas de ses disciples ce jour là qui rentrent de leur première expédition missionnaire. Ils sont à la fois excités et en attente de compassion de la part du maître.

Jésus semble abonder dans leur sens, c’est pourquoi il les emmène en bateau pour prendre un peu de distance par rapport à la tous ceux qui le  sollicitent. Inutile ! La foule plus rapide qu’eux les a rejoints. On se reposera plus tard, on mangera à un autre moment, Jésus leur sacrifie sa disponibilité pour se consacrer à plus démunis qu’eux, car l'autre, le prochain, le solliciteur a toujours priorité pour Jésus.

Ainsi en est-il de ceux qui ont choisi de mettre leurs  pas dans ceux de Jésus et de répondre à l’appel de Dieu. Ils sont sans doute fatigués, la mission a été rude mais Il leur faut aller de l’avant. Ils ont sans doute besoin  de nourriture matérielle, ils ont besoin de partager leur aventure et de dire leur chagrin à la suite de la mort de Jean Baptiste  que le souverain a lâchement fait exécuter, mais il y a autre chose à faire et Jésus les entraîne dans un nouveau projet.

Eux,  ils espéraient de la compassion pour eux  et c’est la foule qui y a droit. Ils s'estimaient privilégiés par rapport à Jésus, mais ce sont les autres qui ont droit à son attention.  Si Jésus s'intéresse la foule,  ce n’est pas pour s’attendrir sur son sort, et ce n’est pas non plus pour les  prendre  tous en charge individuellement. Il ne va pas non plus les mobiliser derrière lui pour en faire une armée de partisans qui s’opposeraient pacifiquement aux soldats  du tétrarque  et prépareraient une ère nouvelle  sur la terre de  Palestine. Le risque serait trop grand, la partie serait loin d’être gagnée, et surtout, ce  n’était pas l’ambition de Jésus.

Jésus s'intéresse à eux, parce qu'ils sont comme des brebis sans berger. Curieusement, Jésus ne se propose pas d’être leur berger. Au contraire il va les  préparer à retourner chez eux, pour  reprendre leur vie comme au paravent,  mais avec quelques choses qu’ils n’avaient pas en venant : L’espérance. Même  si dans un premier temps il semble jouer le rôle de berger, ce ne sera que provisoirement.  Il va  les aider  à affronter leur destin avec une force nouvelle qui est celle de l’esprit qu’il leur  communique par sa présence et par ses propos..

Ils doivent cesser de se comporter comme un troupeau à l’abandon.  Des brebis sans berger n’ont pas d’avenir, elles vont dans tous les  sens, ne savent pas où brouter et sont continuellement en danger d’être volées par les brigands oumangées par le loup. Avec ou sans berger les brebis restent des animaux dépendants.  Le berger leur permet de vivre. Mais Jésus va leur proposer mieux, même si c’est plus difficile.

Pour répondre à leur détresse, Jésus les enseigne. Celui qui enseigne n’est pas forcément celui qui prend en charge. On ne sait d’ailleurs pas ce qu’il leur dit, mais on peut le supposer. Il leur dit que s’ils suivent son enseignement, ils n’auront plus besoin de berger, l’enseignement  qu’il leur donne leur suffit pour qu’ils deviennent eux-mêmes leur propre berger.

Jésus les invite à cesser d’être des moutons imbéciles, qui attendent tout de celui qui veut bien les prendre en charge. Ils n’ont besoin ni de maître ni de gourou. Jésus leur indique la voie qui donne du sens à leur vie. En écoutant Jésus, ils sont remplis du désir de vivre. Ils reprennent goût à la vie, même si la vie qu’ils ont menée jusqu’à présent n’est pas très enviable. C’est aussi le but de l’Evangile pour tous ceux qui l’écoutent, c'est-à-dire nous.

Il leur dit que Dieu vient jusqu’à eux et cela leur donne envie de se mettre debout  et d’aller plus loin. Il provoque en eux le désir de vivre malgré leur détresse, c’est pourquoi il les nourrit miraculeusement. Ici Jésus leur donne un coup de pouce, pour les lancer sur le chemin d’une autre vie. Ce coup de pouce prend alors figure de miracle. Le miracle, bien souvent réside dans le fait que les hommes qui ne peuvent plus avancer se mettent  quand même à le faire. Le miracle ici, comme ailleurs sert à faire jaillir le désir de vie. C’est le coup d’envoi pour eux d’une nouvelle existence que Dieu partage avec eux. Dieu est celui qui provoque le désir et le désir rend inventif.

Nul ne sait de quoi a été fait ce miracle. Beaucoup de propos ont été tenus et de nombreuses  d’explications  ont été données à ce sujet. On a dit  que  le fait de vouloir nourrir cette grande foule avec quelques pains et quelques poissons a dénoué les consciences et que chacun s’est mis à partager avec les autres le casse croûte qu’il avait emporté.  Quoi qu’il en soit l’espoir de vivre une nouvelle vie s’est transformé en espérance de vie et chacun a été rassasié autant de pain que d’espérance. Ils ont découvert qu’avec rien, on pouvait faire beaucoup.  Ils n’avaient pas  à attendre passivement  qu’on leur donne, mais ils  découvraient  qu’ils avaient en eux la possibilité d’avancer avec rien en poche

De moutons apeurés sans berger qu’ils sont, il s’est mis à les transformer en humains responsables. C’est pourquoi Jésus sollicite encore ses disciples. Même s’ils  sont fatigués,  il doit encore les mettre à contribution pour provoquer un désir de vivre chez chacun des membres de cette foule. Il les remet donc au travail, car le miracle, réside aussi dans le fait  que les disciples soient  capables de se mettre au service des autres  malgré leur fatigue.

On a pris l’habitude de considérer que les disciples de Jésus étaient des râleurs qui comprennent toujours trop tard ce que Jésus attend d’eux et qui se font prier pour accomplir les désirs du maître. Nous leur ressemblons  sans doute.  Il n’empêche que malgré leur indisponibilité, c’est quand même par eux que s’accomplit le miracle. Pourtant Jésus ne leur demande pas de faire un effort au-delà de leurs forces. S’ils sont épuisés, Jésus leur a quand même laissé un peu de temps pour se reprendre.


Jésus en effet n’est pas un bourreau de travail pour les autres. Il connaît parfaitement leurs limites et il prend soin de les ménager malgré l’urgence du moment. Ainsi celui qui nous guide sur les sentiers d’une vie nouvelle connaît parfaitement les gens auxquels il s’adresse, il sait jusqu’où ils peuvent aller. Mais il sait aussi quel est le but à atteindre et il fait le nécessaire pour qu’il se réalise.

Inutile de lui dire qu’il y a urgence. Il le sait. Le soir tombe, la nuit approche. C’est la nuit de l’angoisse et de l’incertitude. Nuit de ce jour qui s’achève, nuit aussi dans leur vie intérieure faite d’angoisses et de questionnements. Il faut que tout soit dit et que tout soit compris avant que les ténèbres ne surprennent tout le monde. Il faut que chacun reparte, animé d’une puissance de vie nouvelle qui lui permettra de franchir les obstacles que l’obscurité lui réserve. Si Jésus  a mis en eux l’espérance d’une autre vie il ne leur a cependant pas donné une potion magique qui déjoue tous  les obstacles. Il leur a donné une autre vision des choses qui les remplit d’énergie, mais les difficultés de la vie subsistent

Les chemins de la vie où ils s’engagent les mèneront sans doute vers le Royaume, mais chacun devra s’y employer, parfois au-delà de ses forces, comme ce fut le cas pour les disciples fatigués, qui ont donné du sens au miracle par le dépassement qu’ils ont accompli sur eux mêmes

lundi 2 juillet 2012

Marc 6:7-13

 
Marc 6:7-13: Mission des douze dimanche 15 juillet 2012




7Ayant appelé les Douze, il se mit à les envoyer deux à deux, en leur donnant autorité sur les esprits impurs. 8Il leur enjoignit de ne rien prendre pour la route, sinon un bâton seulement ; ni pain, ni sac, ni monnaie de bronze à la ceinture, 9mais — disait-il — chaussez-vous de sandales et ne mettez pas deux tuniques. 10Il leur disait encore : Lorsque vous serez entrés dans une maison, demeurez-y jusqu'à ce que vous quittiez l'endroit. 11Et si quelque part les gens ne veulent pas vous accueillir ni vous écouter, en partant de là, secouez la poussière de vos pieds ; ce sera pour eux un témoignage.

12Ils partirent et proclamèrent qu'il fallait changer radicalement. 13Ils chassaient beaucoup de démons, faisaient des applications d'huile à beaucoup de malades et les guérissaient.



Même si  les douze ne partent  pas sur les chemins de randonnée de Palestine pour  un projet de vacances écologiques, le contexte y ressemble cependant. Ils sont équipés au minimum et projettent un hébergement chez l’habitant qui pourvoira à leur confort, non pas pour une nuit à l’étape, mais pour toute la durée de leur séjour.  Charge à leurs hôtes de reconnaître en eux  les porteurs de la parole de Dieu  en échange de qui ils pourront être exorcisés et soignés.  En termes d’aujourd’hui le projet  semble bien irréel car en cas de refus d’hébergement, c’est la nuit à la belle étoile. Pour corser la chose, Jésus leur a interdit  le kit de survie, et les tablettes de vitamines. Bien entendu, le contexte est bien différent de celui d’aujourd’hui, il ne s’agit ni de vacances, ni de pèlerinage écologique. Ils sont missionnaires, ils portent un message de Dieu et à ce titre là, Jésus fait le pari qu’ils seront reconnus  et reçus comme tels.

C'est dans cette simplicité que les auteurs des évangiles ont imaginé la première mission du vivant même de Jésus. Pendant des siècles, ceux qui ont eu à coeur de diffuser la "bonne nouvelle de l’Évangile" les on imités. C'est sur leurs traces qu'ont marché Pierre Valdo, le fondateur des Vaudois, les Cathares avant lui et aussi John Wesley, le fondateur du Méthodisme et au dix neuvième siècle et début du vingtième siècle les colporteurs bibliques.

Ils étaient tous en pleine utopie, mais leur message a porté. si on suit le développement chronologique  de l’évangile, dans l’épisode précédent Jésus a failli se faire lyncher, et c’est en prévision des difficultés qui les attendent que Jésus leur recommande de prendre un bâton, pour  la marche bien entendu, car la route sera longue et le soleil brûlant.  Ils croiseront  sans doutes des chiens agressifs et peut être des détrousseurs de voyageurs. Malgré tout Jésus est confiant et leur promet le gite et le couvert à l’étape.

C’est bien ce dernier point qui nous pose question, car nulle part dans le monde il n’y a d’hébergement sans contrepartie,  ils n’ont pas d’argent avec eux, alors avec quoi payer, car les gens qui vont les héberger ne sont pas riches ? Quant à imaginer que les servantes du lieu vont se disputer le privilège de prendre soin de leur tunique poussiéreuse et de leurs pieds endoloris, il ne faut pas rêver !  Certes, ils ont pour mission de chasser les démons, guérir les malades. Encore faut-il qu’il y ait des malades et des possédés  dans les lieux où ils s’arrêteront.

En fait, si on en croit Jésus, le monde où il  les envoie est un monde idyllique où l’accueil du visiteur  est rarement  mis en cause,  le principe de l’hospitalité ne se discute pas, le respect de l’étranger est un principe sacré. Dans l’Evangile un tel monde s’appelle le Royaume.  Il est prévu pour la fin des temps. Mais pour Jésus il semble déjà être une réalité.

Pourtant si on fait attention au texte, on remarque que Jésus n’est pas dupe. C’est vers des gens   qui sont plus victimes  qu’épanouis  qu’il les envoie, ils sont malades, possédés par les démons et les esprits impurs.   Jésus envoie  ses amis vers un monde difficile et les y prépare, mais il les place déjà dans le contexte du Royaume à venir. C’est le dilemme dans lequel les églises s’efforcent encore aujourd’hui d’accomplir leur mission : la réalité quotidienne d’une part  et le Royaume d’autre part.

Bien entendu, quand on parle ici de démons et d’esprits impurs, il ne s’agit pas de gens qui seraient aux prises avec des manifestations diaboliques. Il faut plutôt penser à des gens soumis aux vicissitudes du moment  et à toutes les détresses qu’apportent la malnutrition, la pauvreté et le manque d’hygiène. Si on transpose leurs difficultés dans le monde d’aujourd’hui, on parlera  de fins de mois difficiles, de la hantise de perdre son emploi, des factures qui arrivent  au mauvais moment, du lave linge qui tombe en panne sans parler des difficultés d’élever des adolescents qui n’en font qu’à leur tête.

Le chemin que suivent les apôtres est bien évidemment aussi le nôtre. Il  traverse les difficultés que nous venons d’énoncer, mais en même temps, il nous fixe comme objectif la réalité du Royaume, ce monde nouveau où nous serons guéris de toutes nos angoisses. Mais pour cela,  l’Évangile doit cesser d’être une promesse pour plus tard il doit devenir  une réalité dont on verra  les signes  dès aujourd’hui dans les gestes d’altruisme  des hommes.

Nous sommes donc amenés à vivre dans une double réalité : celle du monde présent avec  ses injustices et sa rigueur. Et le monde de demain où pointe déjà comme une réalité promise. Le monde ancien est appelé à se modifier par l’action des hommes et des femmes de bonne volonté  qui traduisent par leurs actions les signes d’espérances que Dieu leur suggère.

Même si ce changement  ne se produit qu’imperceptiblement, malgré tout, c’est dans ce sens qu’il nous est demandé d’agir. Nous avons reçu de Dieu cette dose d’espérance  qui nous permet de voir  à travers les rigueurs de la vie quotidienne  une autre réalité qui s’inscrit  au plus profond de nos vies. 

Il est évident que Jésus demande à ses apôtres d’inscrire leur mission dans un monde qui n’existe pas encore, mais dont ils doivent annoncer les promesses. S’il leur demande de faire comme si le gîte et le couvert les attendait à la fin de l’étape, c’est qu’il y croit aussi. Il  sait que la chose sera parfois possible, car la parole qu’ils portent est une parole de Dieu et  leurs hôtes éventuels sont aussi capables qu’eux  de reconnaître la parole de Dieu qu’ils portent. Si les apôtres sont capables de porter la parole de Dieu, Jésus sais aussi que des hommes  sont déjà  capables de la discerner dans leurs propos.

Le cœur humain semble être  conçu de telle sorte qu’il est réceptif à la parole de Dieu. C’est ainsi que Dieu conçoit l’évolution du monde, mais cela ne marche pas à tous les coups, c’est pour quoi Jésus  leur dit de ne pas s’entêter en cas d’échec. Ils doivent aller plus loin, mais cela signifie pour eux, pas de gîte, pas de couvert et la sensation désagréable de l’échec.  Cette  sensation Jésus l’a déjà ressentie  avant eux quand au paragraphe précédent de ce même évangile on nous a raconté l’échec de son discours à Nazareth.

Quoi qu’il en soit, la réalité du monde  est destinée par Dieu à évoluer et à se perfectionner en vue du Royaume. Depuis l’origine des Ecritures il est dit que Dieu s’ingénie à bousculer les structures du monde pour l’amener à une réalité nouvelle  qui le modifiera de fond en comble. Aujourd’hui encore, comme depuis toujours, le monde n’obéit qu’à une seule règle : celle du pouvoir du plus fort. "La raison du plus fort est  toujours la meilleure" dit le dicton et c’est  cette raison qui gère le monde jusqu’à ce que Dieu s’en mêle. Or il s’en mêle déjà.

Ainsi le brin d’herbe est mangé par le lapin qui est à son tour mangé par le renard, qui lui-même devient victime d’un prédateur plus fort que lui. C’est là une règle immuable. Pourtant, un jour, une poignée d’esclaves, en se révoltant contre leur oppresseur  a compris que c’était Dieu qui avait inspirés leur  libérateur Moïse. C’est alors que  tout a changé. Dieu a été perçu comme celui qui casse la règle édictée plus haut et qui  oriente le monde en fonction de nouvelles règles centrées autour de l’altruisme. C'est ainsi qu'il nous faut percevoir Dieu comme créateur.

Dieu nous invite  à le reconnaître dans  tous les actes libérateurs que les hommes commettent en son nom. C’est ainsi que le monde est en train de changer et que l’humanité est en train d’accomplir  la destiné que Dieu  lui promet. Pour y arriver, il faut que les hommes soient capables de discerner le projet de Dieu pour le monde  dans les actes de leurs semblables. Les apôtres vont tester  cette réalité en  entreprenant cette expédition deux par deux sur les routes de Galilée. Malgré les échecs prévus, ils ont eu du succès, c’est ce que dit la suite. A nous de les imiter dans les conditions particulières que nous vivons dans notre société.

Viendra alors le jour où Dieu sera reconnu comme le vainqueur de l’oppresseur suprême : la mort. Déjà par la foi nous en discernons les effets  que nous voyons dans  la  douloureuse et injuste mort que fut celle de Jésus. Toute action libératrice que nous menons,  rend témoignage du fait que le combat mené par Dieu contre le mal n’est pas forcément visible, et c’est dans la mort de Jésus  qu’il devient réalité.

(texte modifié le  2 juin 2015)